La Cité des nuages et des oiseaux, Anthony Doerr

La Cité des nuages et des oiseaux

Anthony Doerr

Editions Albin Michel

Collection Terres d’Amérique

Traduction de Marina Boraso

Quatrième de couverture

Un manuscrit ancien traverse le temps, unissant le passé, le présent et l’avenir de l’humanité. 

Avez-vous jamais lu un livre capable de vous transporter dans d’autres mondes et à d’autres époques, si fascinant que la seule chose qui compte est de continuer à en tourner les pages ? 

Le roman d’Anthony Doerr nous entraîne de la Constantinople du XVe siècle jusqu’à un futur lointain où l’humanité joue sa survie à bord d’un étrange vaisseau spatial en passant par l’Amérique des années 1950 à nos jours. Tous ses personnages ont vu leur destin bouleversé par La Cité des nuages et des oiseaux, un mystérieux texte de la Grèce antique qui célèbre le pouvoir de de l’écrit et de l’imaginaire. 

Et si seule la littérature pouvait nous sauver ?

Mon avis

Ce roman entremêle les époques et les destins.

Konstance, une jeune fille, est née à bord de l’Argos, un vaisseau interstellaire en forme de disque. A l’intérieur, vivent quatre-vingt-six personnes. Seules vingt-trois personnes se souviennent de la Terre, les autres ne l’ont pas connue. Comme Konstance, leur vie a commencé dans le vaisseau. Tous leurs besoins sont comblés par Sybil, une intelligence artificielle. Grâce à celle-ci, ils peuvent s’alimenter, ils ne sont jamais malades et ils ont l’espoir. Sybil conserve la mémoire de l’humanité. Elle « contient le savoir collectif de notre espèce […] Elle sauve de l’effacement et de la destruction le patrimoine de l’humanité tout entière. » (p. 135) Konstance représente le futur.

Anna vit à Constantinople, au XVe siècle. Elle est orpheline. Au couvent, elle partage sa cellule avec sa sœur, Maria. A l’atelier dans lequel elle est forcée de travailler, elle est surnommée Peine Perdue, car elle ne retient pas les points de couture qu’elle apprend. En effet, la tête de la petite fille est remplie de questions. Quand elle a huit ans, elle entend, par une fenêtre, des mots scandés en grec. Ils racontent l’histoire d’Ulysse. Elle découvre, alors, le pouvoir des livres. A trois cents kilomètres, à la même époque, habite un garçon, prénommé Omeir, condamné à l’exil, en raison d’une malformation à la bouche, qui évoque un bec-de-lièvre. Anna et Omeir sont l’image du passé.

En 2020, dans l’Idaho, deux personnages évoluent à un étage de distance, dans une bibliothèque. Le premier est Zeno, un vieil homme. Dans les années 1950, les bibliothécaires lui ont fait percevoir un autre monde que le sien. Ces connaissances l’ont réconforté, pendant la guerre de Corée, alors qu’il était prisonnier. Pendant sa captivité, il a appris le grec. Le deuxième, Seymour, est entré dans l’édifice avec une bombe. Atteint d’un trouble qui semble être l’autisme, il n’a jamais pardonné la mort de celui qu’il avait baptisé Ami-Fidèle. Les livres lui avaient enseigné que l’objet de sa fascination était une chouette cendrée. L’animal est mort par la faute des hommes. Zeno et Seymour sont la trace du présent.

Quel est le lien entre ces personnages ? Nous passons de l’un à l’autre, sans parvenir à les relier. Cependant, nous percevons que leur histoire est rattachée au Codex Diogène. En effet, des passages de celui-ci coupent le récit et le rythment. Seuls vingt-quatre feuillets ont été sauvés et une partie du texte a été effacée par les moisissures. Il est intitulé La Cité des nuages et des oiseaux et est, probablement, daté de la fin du premier siècle après J.C. Il est attribué à l’auteur grec Antoine Diogène. Il relate le voyage d’un berger vers une utopique cité céleste, parsemé d’aventures et de transformations. Dans le prologue, Diogène affirmait qu’il avait découvert cette histoire dans une tombe de la cité antique de Tyr.

Malgré ce fil conducteur, nous ne parvenons pas à distinguer les passerelles entre les époques, ni celles entre les personnages. Nous sommes entraînés dans une ronde, dont nous ne maîtrisons pas les pas, le tempo et la durée. Pourtant, nous nous laissons porter, comprenant qu’Anthony Doerr nous révélera les détails, lorsque nous serons prêts à les entendre. Il nous rappelle que le voyage est aussi important que la destination et nous savourons les étapes de ce périple mystérieux, de ces odyssées multiples.

Ce roman est une ode à la littérature, au pouvoir de la lecture, à l’espoir et à l’humanité. Il m’a captivée et je l’ai aimé follement, pourtant, je ne parviens pas à en expliquer les raisons : c’est un voyage intérieur, qui est aussi universel. Il est comme une expérience personnelle et collective à la fois. C’est un poème sur les Hommes, dans leur diversité, avec leurs différences, leurs ambivalences, leurs possibilités de rédemption, etc. C’est aussi un merveilleux hommage aux livres qui sauvent et qui sont la mémoire de l’humanité.

Je remercie sincèrement Agathe des Éditions Albin Michel pour cette magnifique épopée.

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