Aux Souffles de l’autan, Alain Paraillous

Aux Souffles de l’autan
Alain Paraillous
Editions de Borée

Collection Terres d’écriture

Quatrième de couverture

Fin des années 1950 : Bastien et René, amis inséparables depuis le jour commun de leur naissance, profitent avec insouciance de leurs 19 ans. Bastien partage son temps entre les vignes familiales et Pierrette, sa jeune fiancée. Plus tard, il le sait, il reprendra les terres de ses aïeux. René, plus timide, se montre davantage intéressé par la chasse que par les filles. Au coeur de leur village du Lot-et-Garonne, la vie s’écoule entre travail de la terre, liens familiaux forts et amitié sincère.

Mais un jour la nouvelle tombe : Bastien et René sont mobilisés pour l’Algérie afin d’y effectuer leur service militaire. Là-bas, René connaît ses premiers émois auprès d’Eliane, la fille des colons qui les héberge, tandis que Bastien s’éprend de la jeune soeur d’un harki, se retrouvant tiraillé entre deux amours incompatibles. Confrontés à la réalité de la guerre, leurs certitudes s’envolent et des questionnements apparaissent quant à leurs aspirations.

Qu’adviendra-t-il de leur amitié dans ce conflit ?

Mon avis

Bastien et René sont nés, le 27 mars 1939, à quelques heures d’intervalle. Ils se sont connus à l’école communale et sont inséparables depuis l’enfance. A l’aube de leurs dix-neuf ans, Bastien espère que les troubles qui se déroulent en Algérie vont cesser avant qu’il ne soit appelé à effectuer son service militaire. Il n’a pas envie de quitter la vigne familiale, ni la jolie Pierrette, qui fait battre son cœur. Malheureusement, son ordre de mobilisation ne laisse aucune place au doute : il est envoyé en Algérie. La mauvaise nouvelle est atténuée par le fait qu’il part avec René, destinataire du même courrier. Avant de traverser la mer, les deux amis vont faire leurs classes à Brive.

Leur arrivée en Algérie est ensanglantée par un attentat, alors qu’ils traversent Oran. Heureusement, leur mission s’effectue dans l’arrière-pays. Ils sont chargés de veiller sur les colons : sur leur personne et sur leurs biens. Bastien et René ont la chance d’être affectés ensemble à la protection des Schneiter, une famille alsacienne, avec qui ils nouent une relation forte. Ils se sentent bien et font des projets d’avenir. Hélas, la réalité des conflits les rattrape et cette félicité se termine de manière tragique.

Aux souffles de l’autan raconte la guerre d’Algérie, sous l’angle des soldats français. Ce roman décrit la perception des soldats, enlisés dans un combat, qui ne semblait pas les concerner : ils espéraient la fin, quelle que soit l’issue. Il explique les divergences qui opposaient les appelés : certains soutenaient la présence française quand d’autres approuvaient la volonté d’indépendance du pays. Nombreux étaient ceux qui s’interrogeaient sur la raison de leur présence sur les terres algériennes et souhaitaient simplement rentrer chez eux. Mais au cœur de la grande Muette, on ne s’exprime pas, on obéit aux ordres, en espérant ne pas mourir avant la quille. Alain Paraillous explique aussi la division de la population algérienne. Il rappelle le rôle des harkis auprès de l’armée française.

Aux souffles de l’autan est, également, un roman d’amour. Lorsque l’on côtoie la mort, on grandit plus vite. Il arrive aussi que l’on se brûle les ailes, poussé par l’envie de vivre des expériences, qui ont des conséquences. Il est, alors, temps de prendre ses responsabilités. Alors que Bastien se demande si Pierrette va l’attendre, il comprend que la vraie question n’est pas celle-là.

J’ai adoré ce roman qui rappelle que lors des guerres, ce ne sont pas les décideurs, qui souffrent, mais ceux qui sont sur le terrain : les civils et les soldats. Hélas, les évènements actuels nous montrent que les Hommes ne tirent pas les leçons du passé. J’ai été très touchée par Bastien, René, Pierrette : ce sont des jeunes qui ne demandent qu’à construire leur avenir et qui, hélas, subissent les conséquences de faits qui les dépassent. Ce roman est empli d’humanité et de rencontres.

Je remercie sincèrement Virginie des Éditions de Borée pour ce service presse.

Du même auteur

La Vallée des Joncières

Anouchka des Landes

La Vigne et la rose

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s