La Vigne et la rose, Alain Paraillous

La Vigne et la rose

Alain Paraillous

Éditions De Borée

Quatrième de couverture

Années 1830, François Palaizeau, fils doué mais illégitime, se voit chassé des terres familiales par son bon à rien de frère. Engagé comme homme à tout faire par un avocat vivant dans un village voisin, ce dernier, prenant conscience de son érudition, lui permet de faire partie des premiers instituteurs, nouvellement imposés par la loi Guizot aux communes de plus de 500 habitants. Alors que tout semble lui sourire, son frère ressurgit et avec lui, son lot d’ennuis.

Mon avis

François Palaizeau vit heureux, à Hauriet, dans la ferme familiale. Érudit, il a reçu une instruction par l’abbé Brias, il aime le travail des vignes et est amoureux de Camille, la fille d’un riche propriétaire. Cependant, lors de l’hiver 1830, il apprend une terrible nouvelle. Peu avant de mourir, sa mère révèle, à la famille, que François est le fruit d’amours clandestines et qu’il n’est pas le fils légitime de celui qui l’a élevé. Cette information anéantit tous ses projets. Alors qu’il était héritier à parts égales avec son frère, ce dernier lui fait comprendre qu’il est préférable qu’il parte. L’abbé indique alors, à son protégé, l’adresse d’un ami avocat qui chercherait un jardinier. Avec un baluchon pour seul bagage, François part tenter sa chance à Nerac. Une amitié se noue entre Me Samazeuih et François. 

Alors que la France réalise que l’illettrisme, en particulier dans les campagnes, est un véritable drame, François Guizot, ministre de l’Instruction Publique, fait voter une loi, le 28 juin 1833, qui « impose à tout village de plus de cinq cents habitants de se doter d’une école » (p. 74). Le sous-préfet de Lot-et-Garonne, le Baron Haussmann charge l’avocat « d’organiser un comité d’Instruction Publique destiné à établir le règlement et les programmes » (p. 76). Fort de l’enseignement reçu dans son enfance, François devient instituteur. Il est nommé dans le village de Saint-Clair.

Il s’épanouit dans cette fonction, cependant le travail de la terre lui manque. L’auteur décrit les débuts de l’école publique : les méthodes d’apprentissage, le matériel, le droit de regard du curé sur les enseignements, les inspections, etc. François est bien intégré auprès des habitants, mais il se sent épié. A la suite d’un drame, le passé le rattrape…

J’ai adoré le personnage de François. En raison du secret de sa mère (que je n’ai pas dévoilé entièrement), ses rêves sont détruits, ses amours rompus, mais il se relève. Il est un des premiers instituteurs et il assume sa fonction, avec passion, même quand certains élèves semblent le malmener. Épris de la terre, il se rend utile auprès des cultivateurs. Lorsqu’il est éclaboussé par un terrible évènement, il ne rompt pas et conserve son caractère doux et généreux. C’est un homme très attachant, aussi, j’ai souhaité que ses désirs secrets se réalisent.

J’ai été passionnée par la description du contexte historique, au sujet de l’école. Alain Paraillous dépeint le contexte des nouvelles lois, leurs applications, les programmes scolaires, le matériel, le mobilier, etc. Dans beaucoup de classes, seuls des bancs étaient installés et les élèves écrivaient sur leurs genoux. Leurs parents n’avaient pas les moyens financiers de fournir du matériel, d’autant plus qu’ils devaient payer l’instituteur. Les faits se déroulent cinquante ans, avant les lois Jules Ferry, peu après la Révolution et la Terreur, qui a laissé des stigmates au sein de l’Eglise. Aussi, la mise en place ne s’est pas toujours faite dans des conditions idéales et les débuts de l’école communale ont été difficiles.

De plus, La Vigne et la rose comporte une part de suspense, lorsque le passé resurgit. François se retrouve au centre d’une affaire policière et judiciaire, qui ajoute du piment à l’histoire. 

Rosa, rosa, rosam, rosae, rosae, Rosa. Rosae, rosae, rosae, rosarum, rosis, rosis. J’ai adoré La Vigne et la rose. L’auteur a été professeur de lettres classiques et j’ai ressenti son goût pour la transmission. Le récit est ancré dans un contexte historique charnière pour l’instruction et rappelle que c’est elle qui offre la liberté. Enfin, les secrets autour du passé et ses conséquences ajoutent un suspense captivant.

Je remercie sincèrement Virginie des Éditions de Borée pour ce service presse.

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Anouchka des Landes

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