Une toute petite minute, Laurence Peyrin

Une toute petite minute

Laurence Peyrin

Editions Calmann-Lévy

Quatrième de couverture

Il a suffi d’une toute petite minute, et la vie de Madeline a basculé.

C’était une nuit de 1995, elle avait 17 ans et fêtait la nouvelle année. Que s’est-il passé dans cette salle de bains où elle s’était enfermée avec sa meilleure amie ? Vingt ans après, Madeline sort de prison. Personne n’a jamais su la vérité sur le drame de cette fameuse nuit. Elle a effectué sa peine jusqu’au dernier jour.

Comment reprendre le cours de cette vie interrompue ?
Parler à des gens qui ne savent pas de quoi on est coupable ?
Renouer avec une petite soeur qu’on n’a pas vue devenir adulte ?
Vivre et y trouver un sens ?

Mad va chercher le bon chemin, pas après pas, dans les dunes des Hamptons, dans les jardins des belles maisons qui l’embauchent, dans les précieux gestes d’entraide. Et grâce à sa mère, au-delà de ses mystères, grâce aussi à Ezra, le cuisinier qui ressemble à un pirate, peut-être Madeline acceptera-t-elle un jour  qu’on puisse l’aimer quand même…

Sans doute le roman le plus fin et le plus bouleversant de Laurence Peyrin.

Mon avis

1995 allait s’éteindre et 1996 allait naître. Une toute petite minute a suffi pour qu’Estrella ne voie jamais la nouvelle année et que Madeline la vive derrière des barreaux. L’une est décédée, l’autre est emprisonnée pour meurtre. Elles avaient dix-sept ans et étaient meilleures amies. Elles étaient enfermées dans une salle de bains et Madeline n’a jamais dit ce qui s’était passé. Une vie arrêtée, l’autre détruite. Madeline est emmenée en détention, mais la véritable cellule est celle qu’elle porte à l’intérieur d’elle-même. Elle effectue la totalité de sa condamnation, car aucune peine ne peut rivaliser avec celle qu’elle ressent. Détenue modèle, elle ne demande, pourtant, aucune remise.

Une partie du roman est consacrée à la vie carcérale. Une toute petite minute a suffi pour changer la vie de plusieurs personnes et Madeline se sait coupable. La maman d’Estrella n’a plus sa fille, les parents de Madeline perdent tout et Dylan, l’adolescent chez qui le drame s’est produit, se présente, tous les mois, au parloir. Le récit alterne entre la vie en prison et l‘avant ; avant cette toute petite minute qui a bouleversé plusieurs vies. Les années d’incarcération se déroulent sous nos yeux, nous observons l’évolution de Madeline, nous la voyons devenir Mad, mais un élément est immuable : le sentiment de culpabilité qui l’habite. Nous nous attachons à elle, c’est une femme douce et nous ne comprenons pas ce qui a pu la faire basculer, cette nuit-là. Elle ne minimise pas sa responsabilité et elle ne donne aucune explication. Nous avons envie de l’aimer ; même si rien ne permet de prendre une vie, nous souhaitons qu’elle ait eu une raison, pour ne pas salir l’image que nous avons d’elle. Mais elle est mutique.

Dans la deuxième partie, Madeline renoue avec la liberté physique, mais son âme est toujours en prison. Elle tente de se réapproprier sa vie, mais ne s’en sent pas le droit, elle ne se considère pas comme légitime au bonheur. Vingt ans se sont écoulés, le monde a changé, le sien aussi. Elle se sent coupable de ce qu’elle a imposé à ses proches. Elle a trente-huit ans et n’a vécu aucune des expériences que l’on vit à vingt ans. Elle se fait petite, cherche sa place sans vraiment s’en sentir digne, le chemin de la rédemption est long et il est torturé par le remords. Pourtant, nous aimons cette femme, nous souhaitons qu’elle s’apaise, qu’elle saisisse le bonheur quand il s’invite. D’ailleurs, elle s’ouvre quand une vieille dame lui donne une astuce contre le mal des transports ou lorsqu’un cuisinier, aux allures de pirate, prend soin d’elle.

Mais que s’est-il passé cette nuit du 31 décembre 1995 ? La réponse est apportée dans les dernières lignes. Sa lecture fait défiler tout le livre dans notre tête, nous offrant de revivre toutes nos émotions. D’autres s’ajoutent et nous restons pantois devant cette fin magistrale. J’ai adoré Une toute petite minute.

Je remercie sincèrement Doriane des Éditions Calmann-Lévy pour ce service presse.

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