Les Héritières de La Salamandre, Françoise Bourdon

Les Héritières de La Salamandre

Françoise Bourdon

Editions Presses de la Cité

Collection Terres de France

Quatrième de couverture

1965. Comme un rendez-vous avec le destin… En regardant un reportage, Esther Leavers, pianiste de renom vivant en Grande-Bretagne, découvre l’étonnante renaissance du village de La Roque-sur-Pernes, au lendemain de la guerre. C’est surtout le témoignage d’une santonnière, Alexandra Mayer, qui la captive. Celle-ci porte le nom de jeune fille de sa mère, originaire elle aussi d’une région d’Europe qui n’est plus, le Banat. Or, Esther, divorcée, n’a plus que son frère Nathan et les souvenirs épars d’une histoire familiale pleine d’ombres.
L’existence d’Alexandra est pour elle une révélation. Elle doit, elle veut faire sa connaissance. Esther part pour la Provence. Bonheur des lieux, de sa rencontre avec Alexandra… Au fil de leurs souvenirs renaît une incroyable odyssée, le passé tumultueux de leurs ancêtres bâti par des pionnières d’exception, les femmes de La Salamandre…

Une saga passionnante, une page méconnue de l’Histoire portée par de grandes héroïnes.

Mon avis

1965. Esther est une pianiste de renom, qui vit en Grande-Bretagne. Récemment, elle a fait l’acquisition d’un téléviseur. Un jour, elle regarde, distraitement, un reportage sur un village français, que des réfugiés banatais ont fait renaître. Sa mère était originaire « du Banat, une région au sud-est de l’Europe, partagée entre trois pays, la Roumanie, la Serbie et la Hongrie. » (p. 15) Elle est émue par le témoignage d’une santonnière. Sa surprise est grande quand elle découvre que cette dernière porte le nom de jeune fille de la mère d’Esther. Elle décide de la rencontrer et de renouer avec ses racines. En Provence, un changement profond s’opère dans la vie de la musicienne.

Les deux femmes parcourent deux siècles de l’histoire de leur famille. En 1767, Frédéric Mayer vit avec sa grand-mère et son frère, dans le pays messin, dévasté par la famine. Tous trois décident de partir au Banat. En effet, sa Majesté Marie-Thérèse d’Autriche propose des conditions avantageuses aux exilés : acres de terres, matériel agricole, chevaux, etc. Ils effectuent ce périple avec d’autres familles tentées, elles aussi, par un nouveau départ. Sur leur route, les pionniers recueillent Loretta. Guérisseuse, cette dernière fuit un terrible danger. Ainsi, commence la dynastie des Mayer.

Les Héritières de la Salamandre conte le destin de plusieurs générations, de 1767 à 1965. Alexandra et Esther comprennent que leurs ancêtres ont forgé leur existence et que, même si elles sont issues de la même famille, elles n’ont pas vécu la même adolescence. Elles ont grandi pendant la Seconde Guerre mondiale, dans des pays différents. Les choix de leurs parents ont déterminé leurs destinées, leurs blessures ne sont pas les mêmes, ainsi que leur connaissance de l’histoire familiale. Esther comprend qu’Alexandra et son frère portent les stigmates du passé et qu’ils ont besoin de temps pour se livrer. Quant à elle, elle apprend à écouter ses envies.

J’ai été passionnée par le parcours, semé d’embûches, des exilés et leur installation sur leurs nouvelles terres. L’arbre généalogique déploie ses branches et nous constatons que, dans chaque fratrie, les membres ont pris des décisions différentes et que celles-ci ont impacté la destinée de leurs descendants. En se dévoilant, le passé lointain permet au passé récent de s’exprimer. 

J’ai été captivée par l’évolution des femmes au fil des siècles, car ce sont elles qui portent l’intrigue, alors que les hommes avaient le pouvoir. Certains personnages féminins ont eu la chance d’avoir des époux bienveillants, quand d’autres subissaient le joug marital ou patriarcal. Pourtant, ce sont bien les vies des femmes qui ont écrit l’histoire de cette famille. Selon les époques, les épreuves n’étaient pas les mêmes, ni leur manière de les affronter, mais elles sont fascinantes. J’ai aimé que les personnalités des protagonistes soient affirmées. Alors que certains sont absolument détestables, d’autres sont adorables et les derniers changent d’attitude en fonction des évènements. Aussi, j’ai dévoré ce roman, avec avidité, car je ne pouvais pas anticiper les réactions de chacun, ni deviner les faits marquants qu’ils avaient à affronter ou à savourer. Comme dans la vie réelle, leur existence est parsemée de bonheurs et de peines.

J’ai adoré cette saga qui retrace deux siècles de la vie de colons pionniers, qui ont tout quitté avec l’espoir de bâtir leur propre destin.

Je remercie sincèrement Marie-Jeanne et Clarisse des Éditions Presses de la Cité pour ce service presse.

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