Le Grand festin des Collabos, Christophe Rouet

Le Grand festin des Collabos

Christophe Rouet

Editions de Borée

Collection Histoire et documents

Quatrième de couverture

On a voulu faire du mot « collaboration » un bloc, un collectif qui serait né de l’attractivité pour le nazisme, c’est mal connaitre le sujet que d’accepter cette vision à la fois fausse et réductrice qui mettrait sur le même plan, des industriels, des artistes de cinéma, des fanatiques idéologiques, des journalistes, des soldats… Plus grave encore, elle refuserait de faire apparaître de très fortes oppositions intellectuelles d’hommes venus de tous les horizons politiques. Pour comprendre (ou tenter de se replacer dans un contexte en rapport avec l’époque), l’auteur nous propose un texte émaillé de nombreuses références politiques, littéraires, culturelles… Et nous offre aussi une galerie de portraits, noms souvent évoqués et détestés, mais sur lesquels il reste beaucoup à apprendre : Pétain et Laval, bien sûr, Doriot, Fernandez, Déat, Brasillach, Rebatet, Drieu La Rochelle, Darnnd, Luchaire, Céline, Le Vigan, Paquis, De Brinon, Mauras Saint-Loup, Bonnard, Arletti…

Mon avis

La Collaboration est une page de notre Histoire qui fait mal. L’auteur se souvient des repas de famille, dans les années 1970, pendant lesquels les discussions dérapaient dès qu’elles concernaient la période de la Seconde Guerre mondiale. Certains membres de sa famille étaient virulents envers le maréchal Pétain, quand d’autres défendaient le « Vainqueur de Verdun ». A la Libération, le pays a voulu croire à une France de Résistants. Dans Le Grand festin des Collabos, l’auteur s’est attaché à montrer que les faits n’étaient pas binaires. La Collaboration, c’étaient aussi les compromissions pour survivre. A travers une galerie de portraits, nous découvrons que pour certains, le choix de la milice ou de la Résistance tenait du hasard et non de la conviction.

Christophe Rouet a souhaité contextualiser les décisions, les choix et les actes de ceux dont les noms font frémir. Son propos est appuyé par des documents d’époque : des textes, des affiches, des photos, etc. Pour certaines personnalités qui provoquent la détestation, le choix était idéologique, mais l’auteur donne un éclairage. Cependant, pour d’autres, j’ai ressenti un malaise, car elles semblaient ambivalentes : nous comprenons qu’elles se sont laissé porter par les évènements et nous éprouvons des difficultés à positionner nos sentiments. Il m’a été difficile d’accepter de ne pas les juger avec ce que nous savons de la Collaboration. J’ai compris qu’il m’était difficile d’être objective sur ce sujet. Aucun membre de ma famille n’est décédé, pendant la guerre, pourtant, je réalise que je ne sais pas prendre de distance, quand les faits sont bruts alors que les romans me permettent de mieux d’entendre l’histoire de chacun.

Le Grand festin des Collabos est un ouvrage très complet, qui force à la réflexion et oblige à ne pas considérer l’Occupation avec une vision manichéenne. J’ai, beaucoup, apprécié que des archives soient insérées, que Christophe Rouet les explique et qu’il propose une analyse de ces pièces.

Je remercie sincèrement Virginie des Editions de Borée pour ce service presse.

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