Le chant des revenants, Jesmyn Ward

 

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Le chant des revenants

Jesmyn Ward

Éditions Belfond

 

Quatrième de couverture

 

Seule femme à avoir reçu deux fois le National Book Award, Jesmyn Ward nous livre un roman puissant, hanté, d’une déchirante beauté, un road trip à travers un Sud dévasté, un chant à trois voix pour raconter l’Amérique noire, en butte au racisme le plus primaire, aux injustices, à la misère, mais aussi l’amour inconditionnel, la tendresse et la force puisée dans les racines.

 

Jojo n’a que treize ans mais c’est déjà l’homme de la maison. Son grand-père lui a tout appris : nourrir les animaux de la ferme, s’occuper de sa grand-mère malade, écouter les histoires, veiller sur sa petite sœur Kayla.

 

De son autre famille, Jojo ne sait pas grand-chose. Ces blancs n’ont jamais accepté que leur fils fasse des enfants à une noire. Quant à son père, Michael, Jojo le connaît peu, d’autant qu’il purge une peine au pénitencier d’État.

 

Et puis il y a Leonie, sa mère. Qui n’avait que dix-sept ans quand elle est tombée enceinte de lui. Qui aimerait être une meilleure mère mais qui cherche l’apaisement dans le crack, peut-être pour retrouver son frère, tué alors qu’il n’était qu’adolescent.

 

Leonie qui vient d’apprendre que Michael va sortir de prison et qui décide d’embarquer les enfants en voiture pour un voyage plein de dangers, de fantômes mais aussi de promesses…

 

L’auteure

 

Jesmyn Ward est née en 1977 à DeLisle, dans l’État du Mississippi. Issue d’une famille nombreuse, elle est la première à bénéficier d’une bourse pour l’université. Son premier roman, Ligne de fracture (Belfond, 2014 ; 10/18, 2019), a été salué par la critique. Mais c’est avec Bois Sauvage (Belfond, 2012 ; 10/18, 2019) qu’elle va connaître une renommée internationale, en remportant le National Book Award. Son mémoire, Les Moissons funèbres (éditions Globe, 2016 ; 10/18, 2019), s’est vu récompensé du MacArthur Genius Grant. Avec Le Chant des revenants, sélectionné parmi les dix meilleurs romans de l’année 2017 par le New York Times, Jesmyn Ward devient la première femme deux fois lauréate du National Book Award. Jesmyn Ward vit dans le Mississippi, avec son époux et leurs deux enfants.

 

Mon avis

 

Jojo a treize ans. Il vit chez ses grands-parents maternels, avec sa petite sœur Kayla et sa mère, Léonie. Son père est en prison. Le petit garçon appelle sa mère par son prénom puisque son comportement ne lui donne pas droit au titre de « maman ». Elle aimerait être une meilleure mère, mais elle oublie. Entre son amour pour son homme, les drogues, l’alcool et les fantômes du passé, elle « omet » de s’occuper de ses enfants. Heureusement, que Papi et Mamie sont là.

 

Jojo et Kayla ne connaissent pas leurs grands-parents paternels. Ils n’ont jamais accepté que leur fils, Michael, ait épousé Léonie. Dans cette famille de racistes, il est impensable qu’un blanc soit avec une noire.

 

Lorsqu’un appel téléphonique annonce la libération de Michael, Léonie décide d’aller le chercher. Elle fait le voyage avec ses petits et son amie Misty. Ce trajet est le révélateur des défaillances maternelles, de l’amour entre le frère et la sœur, de la place des grands-parents maternels, etc. C’est aussi un portrait de l’injustice et des violences faites aux Noirs, en Amérique, motivées par un racisme des plus primaires et des plus révoltants.

 

Dans ce livre, trois voix s’élèvent : celle de Jojo, celle de Léonie et celle de Richie. Ce dernier est un garçon décédé, qui a besoin de comprendre les circonstances de sa mort.

 

Ce roman est déchirant mais il est aussi empreint de poésie. Je l’ai lu en noir et blanc et par moments, des éclaircies de couleur venaient éclairer le texte.

 

J’ai été très émue par Jojo et Kayla. Ils m’ont bouleversée. Le garçon prend, très à cœur, son rôle de grand frère. Cet amour inconditionnel pour sa petite sœur m’a chamboulée. La petite le ressent et elle porte une confiance sans bornes à celui qui est son pilier. Le repère de Jojo, c’est son grand-père. Cet homme ne parle pas beaucoup, mais donne beaucoup dans ses silences. Plusieurs drames ont marqué sa vie. Les passages concernant ces trois personnages comportent énormément de tendresse, malgré la souffrance.

 

J’ai abhorré certains gestes de Léonie, j’ai eu envie de crier ma révolte, et pourtant, je ne l’ai pas détestée. C’est surprenant, car je suis assez prompte à exécrer les mères qui ne se comportent pas en tant que telles. Je suis assez tranchée sur la violence. Et pourtant, j’ai ressenti sa souffrance et son mal-être. Mais que j’ai haï certains de ses actes et de ses manquements !

 

Richie… je ne parlerai pas beaucoup de lui, pour ne pas spolier. Cette partie spirituelle m’a fait penser à un titre que j’ai lu, il y a une quinzaine d’années, et qui fait partie de mes livres préférés. Il s’agit de La nostalgie de l’ange d’Alice Sebbold. J’ai aimé retrouver certaines des sensations éprouvées à la lecture de ce roman.

 

Conclusion

 

Le chant des revenants est un magnifique roman noir. Il est puissant et prend et aux tripes. D’une noirceur poignante, j’ai écouté son chant et j’ai été bouleversée.

 

Je remercie sincèrement Netgalley et les Éditions Belfond pour ce service presse.

 

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