Une vérité changeante, Gianrico Carofiglio

Une vérité changeante
Gianrico Carofiglio
Editions Slatkine & Cie

Quatrième de couverture

Bari vaut bien un meurtre

Un homme au passé trouble est retrouvé mort, tué d’un coup de couteau à la gorge.
Une vieille voisine est absolument certaine d’avoir vu un jeune au comportement suspect s’enfuir du bâtiment où le crime a eu lieu. La vieille femme a noté le numéro de la plaque d’immatriculation et a remarqué que le garçon avait jeté quelque chose dans la poubelle.
À ce stade, l’affaire semble close.
Mais Pietro Fenoglio n’est pas totalement convaincu, il sent que quelque chose d’étrange plane autour de ce meurtre.
Sa persévérance permettra-t-elle de faire éclater la vérité ?

Mon avis

Fraddosio Sabino est retrouvé égorgé dans son appartement. C’est sa femme de ménage qui a découvert son corps. La scène de crime montre que la victime connaissait son assassin. Le maréchal Pietro Feneglio est chargé de l’enquête. Alors qu’il vient d’autoriser l’enlèvement du corps, il apprend que la voisine du dessous est certaine d’avoir croisé le meurtrier. La vieille dame a même noté sa plaque d’immatriculation ; elle a aussi remarqué qu’il avait jeté un paquet dans une benne.

Quelques heures après le crime, l’affaire semble résolue. C’est justement ce qui perturbe Pietro Feneglio. Rien ne semble relier le suspect à Fraddosio Sabino. Ce dernier avait des antécédents judiciaires qui permettent de dresser son portrait sulfureux et répulsif. Sans pouvoir en expliquer la raison, le carabinier n’est pas convaincu par la conclusion du dossier. « Le risque, quand on a une bonne hypothèse des faits, c’est que celle-ci nous plaise trop. Alors, on recherche exclusivement ce qui la confirme, sans voir ce qui pourrait la démentir. » (p. 126) Pietro Feneglio est déterminé à trouver les points faibles de ses suppositions, à ne pas choisir la voie de la facilité, mais celle de la justice. Il est attentif aux détails, à l’écoute de son cerveau et de son intuition.

Gianrico Carofiglio est « procureur, conseiller du Comité anti-mafia au Parlement italien et il a été Sénateur de 2008 à 2013 ». L’intrigue est inspirée de son expérience professionnelle. « Les dates, noms et lieux indiqués dans ce roman sont le fruit de l’imagination. Les faits se sont réellement produits, ailleurs. » (p. 153) Une vérité changeante les situe le 22 novembre 1989. Aussi, l’enquête s’appuie essentiellement sur l’enquête de terrain, la technologie n’est encore pas assez développée pour piéger les criminels. Ce roman rappelle l’importance des investigations psychologiques pour contrer les apparences.

J’avais découvert le maréchal dans L’été froid et j’avais aimé son humanité. Une fois encore, il montre qu’il est un homme d’honneur et respectueux des autres, qu’ils soient truands ou non. Il ne cherche pas à enfoncer les délinquants, ni à les excuser. S’il le peut, il réalise ses arrestations en douceur et cherche à réduire les dommages collatéraux au sein des familles. Il donne des conseils de défense aux mis en examen, lorsqu’il estime que leur rédemption est possible. C’est un policier attachant, même si j’ai eu la sensation que ses qualités humaines étaient plus développées dans son roman précédent, ce qui s’explique certainement par l’écart de 300 pages entre les deux livres. Nous passons moins de temps avec lui, aussi le récit est plus resserré autour de l’enquête. C’est la raison pour laquelle, même si j’ai aimé Une vérité changeante, j’ai une grande préférence pour L’été froid qui m’avait fascinée.

Je remercie sincèrement Elisa des Éditions Slatkine & Cie pour ce service presse.

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L’été froid

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