Un été d’orage, Corinne Javelaud

Un été d’orage
Corinne Javelaud
Editions de Borée
Collection Terre de Poche

Quatrième de couverture

Paris, mars 1942. Dans la capitale occupée, Eulalie Fontanel tente de survivre. En acceptant de devenir danseuse aux Folies Bergères pour nourrir sa fille Beata, elle a l’impression de trahir son mari qui a été envoyé au front. La jeune femme se sent prisonnière de ce Paris occupé où elle côtoie les lieux les plus huppés et les bureaux clandestins qui organisent le marché noir.

Le pire, c’est d’avoir attiré l’attention de Lubin Von Baden, un mystérieux officier de l’armée allemande qui la poursuit de ses assiduités. Alors, pour son bien et celui de sa fille, elle décide de fuir et se réfugie chez des cousins en Charente. Mais cela ne suffit pas à éloigner l’officier allemand qui s’est transformé en dangereux prédateur.

Des décennies plus tard, Beata tente de découvrir les secrets de cette époque troublée ou sa mère tentait d’échapper aux orages de la guerre…

Mon avis

Paris. Le 3 mars 1942, la maison d’Eulalie Fontanelle est détruite dans un bombardement. Elle se précipite chez la nourrice de sa fille. Cette dernière la rassure : Beata va bien ; elle lui propose alors de s’installer chez elle. Malgré le partage des frais, il leur est difficile de survivre. Aussi, la jeune maman est contrainte d’accepter l’offre des Folies Bergères. Elle a la sensation de trahir son mari, de qui elle est sans nouvelles, depuis la mobilisation. Cependant, le métier de danseuse lui permet d’accéder à des privilèges que sa morale réfute, mais indispensables pour nourrir sa fille, car le rationnement s’est durci. Même si elle supporte très mal cette situation, elle est mère avant tout et prête à toutes les compromissions pour son enfant. Hélas, sa beauté attire la convoitise d’un officier allemand. Elle est piégée. Lorsque l’étau se resserre, elle décide de partir en zone libre, avec Beata, chez des cousins. Lubin Von Baden la traque et refuse de la laisser s’échapper. La première partie raconte son histoire. La deuxième décrit les démarches de Beata pour reconstituer le passé, des décennies plus tard.

Eulalie a été attirée dans une toile qui s’est refermée sur elle. Ses décisions étaient motivées par la faim et par la sécurité de son enfant. Elle a été entraînée dans un milieu sulfureux, a goûté au luxe, mais s’est retrouvée prisonnière. Tiraillée entre sa conscience et la nécessité de survivre, elle a effectué des choix qu’elle réprouvait. Elle montre que la menace de la mort conduit à des actes condamnables et qu’une mère est prête à tous les sacrifices et à des accommodements immoraux, dès que la vie de sa progéniture est en danger. Quand Eulalie a tenté de s’extirper de cette condition insupportable, elle a affronté un autre déchirement et une autre peur : la fuite était, elle aussi, périlleuse.

Quand, des décennies plus tard, Beata a affronté ce que ses yeux d’enfant n’avaient pas perçu, cela a été un choc pour elle. Le chemin de l’acceptation et de la compréhension a été long et douloureux. Il lui a été difficile de rassembler les éléments, de les relier et de les entendre. Certains faits qu’elle est parvenue à déterrer sont, absolument, dramatiques. J’ai été émue par son chagrin, constitué d’un mélange de ses souvenirs d’enfant et des révélations sur les évènements, dont certains sont le fruit de hasards terribles. Ses recherches sont une déclaration d’amour et de pardon à sa mère. Cela a été une libération pour elle d’apprendre que les trahisons se différencient par leur raison d’être.

Ce roman est le récit d’un parcours tragique d’une femme, prête à tout, pour sa fille et le poids des actes maternels sur la construction de cette dernière. C’est un roman qui m’a énormément touchée. J’ai, aussi, été emportée par le suspense au sujet des conséquences des choix d’Eulalie et par celui autour des secrets découverts par Beata. J’ai adoré Un été d’orage.

Je remercie sincèrement Virginie des Éditions de Borée pour ce service presse.

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