Toujours vivantes ! Nicolas Leclerc

Toujours vivantes !
Nicolas Leclerc
Editions Seuil

Quatrième de couverture

À VINGT ANS, ON N’EST PAS CENSÉ TRAVERSER L’ENFER…


Aïssatou et Sékou, à peine vingt ans, n’ont qu’un seul rêve : rejoindre l’Angleterre. Depuis la Guinée, ils ont parcouru l’Afrique, la Méditerranée et bien des dangers pour échapper à leur misère.
Arrivés en France et suite au braquage d’un bar-tabac qui a mal tourné, les voilà contraints de prendre en otage un cardiologue niçois et sa femme pour traverser la France, les gendarmes à leurs trousses.
Sauf qu’Hélène et François, sous le vernis du couple bourgeois modèle, cachent de profondes fêlures qui pourraient faire basculer leur cavale.
Né en 1981 à Pontarlier, Nicolas Leclerc a quitté les montagnes du haut doubs pour étudier l’audiovisuel et le cinéma. Il travaille aujourd’hui pour la télévision. Après Le Manteau de neige, premier roman très remarqué, puis La Bête en cage, il s’éloigne cette fois du Jura pour se lancer dans un road trip à travers la France, efficace et terriblement actuel.

Mon avis

Après un braquage d’un bar-tabac qui se termine en tirs échangés, Aïssatou et Sékou s’introduisent dans une riche demeure. Ils prennent ses habitants en otage : un cardiologue, François, et son épouse, Hèlene, à qui ils ordonnent de les emmener en Angleterre. Sékou est gravement blessé, aussi, le médecin est forcé de le soigner. Deux couples en cavale, l’un est sous la menace d’une arme, l’autre cherche à fuir la gendarmerie. Alors que les kilomètres défilent et que les chemins de vie se dévoilent, l’équation de départ se transforme.

En effet, le récit effectue des retours en arrière. Âgés d’à peine vingt ans, Sékou et Aïssatou ont déjà connu plusieurs enfers. La jeune fille a été mariée de force et a subi les mutilations et l’esclavage. Sa rencontre avec Sékou l’a sauvée. L’espoir d’un meilleur destin les a conduits à fuir. Amoureux, ils ont quitté la Guinée, pour rejoindre l’Europe. Pendant leur exil, ils ont aussi vécu l’horreur. Au fil des confidences, notre perception évolue. Nous comprenons que les malfaiteurs sont des victimes.

Le mariage d’Hélène et François révèle ses parts sombres. Dans le pays des Droits de l’Homme, sous des apparences de vie heureuse, des femmes ne sont pas libres. Notre empathie se déplace, ainsi que notre haine. Celui que nous abhorrons n’est pas celui qui tient les armes. Il conduit la voiture, possède la richesse et la respectabilité. Il est un pervers narcissique.

Toujours vivantes ! marie le genre du suspense à un roman noir, empli d’émotion. Ce livre est chargé d’humanité : celle que Nicolas Leclerc interpelle en nous. Il dirige notre cœur vers ceux qui souffrent, nous implorons la rédemption pour leurs actes et espérons que leur destinée dévie vers la paix et la liberté.

J’ai été meurtrie par le périple cauchemardesque de Sékou et d’Aïssatou. L’auteur explique les raisons qui les ont poussés à quitter leur pays, les conditions inhumaines et les terribles épreuves auxquelles ils ont été confrontés durant leur exil et celles qu’ils ont affrontées à leur arrivée. Pourtant, leur amour l’un pour l’autre n’a jamais faibli. J’ai, également, été touchée par Hélène, qui subit sans se révolter, puisqu’elle n’est pas entendue. Le rapt lui procure une prise de conscience. Elle fait des choix inattendus qui modifient les issues prévisibles. La frontière entre le bien et le mal n’est plus celle que nous connaissons.

Les femmes de ce roman m’ont particulièrement émue. La condition féminine, partout dans le monde, est au cœur de l’intrigue. Dans l’habitacle automobile, la réalité remplace les apparences, les failles se découvrent, des actes s’expliquent, des mains se rejoignent et la sororité s’exprime. Mais la loi reprend ses droits, la police est aux trousses des kidnappeurs. Le suspense est haletant et nous découvrons que nous espérons une issue contraire à la morale, mais plus juste.

J’ai adoré Toujours vivantes !

Je remercie sincèrement les Éditions Seuil et Babelio pour cette masse critique privilégiée.

Du même auteur

La bête en cage

Le manteau de neige

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