La bête en cage, Nicolas Leclerc

La bête en cage

Nicolas Leclerc

Editions Seuil

Quatrième de couverture

Changer de vie… à quel prix ?

Samuel, éleveur laitier du Jura, accumule les dettes. Sa seule échappatoire : s’associer avec son oncle et son cousin qui font passer de la drogue de la Suisse à la France pour le compte d’un réseau de trafiquants kosovars.

Mais le soir d’une importante livraison, rien ne se passe comme prévu : le cousin n’arrivera jamais jusqu’à la ferme de Samuel. Lancés à sa recherche dans la montagne enneigée, l’agriculteur et son oncle le découvrent mort au volant de sa voiture précipitée dans un ravin. Et le chargement de drogue s’est volatilisé…

La paisible vallée engourdie par le froid polaire va bientôt s’embraser.

Né en 1981 à Pontarlier, Nicolas Leclerc travaille pour la télévision. Après Le Manteau de Neige, il revient avec un polar très noir et redoutablement efficace.

Mon avis

Pour sauvegarder sa ferme, Samuel a emprunté de l’argent à son oncle, Claude, un notable, chef d’entreprise et conseiller municipal. Les modalités de remboursement vont à l’encontre de ses convictions, mais il n’a pas le choix : il doit participer au trafic familial qui consiste à convoyer de grosses quantités de cocaïne, entre la Suisse et la France.

Le soir d’une grosse livraison, son cousin ne se présente pas chez lui, comme convenu. Lorsque son oncle et lui découvrent la voiture au fond d’un ravin, Simon est mort et la marchandise a disparu. Pour Claude, s’ajoute au chagrin d’avoir perdu son fils, la peur des répercussions : la drogue appartient à un puissant réseau kosovar. 105 kilos de cocaïne envolés représentent plusieurs millions d’euros.

Chloé, quant à elle, est toxicomane. Elle cumule les missions d’intérim, pour payer ses doses. Elle ne conserve aucun emploi et tente de survivre, en volant des objets, qu’elle revend sur des sites d’annonces. Après son dernier larcin, elle reçoit des photos la montrant, avec sa dernière prise : des tricycles d’enfants. Victime de chantage, elle comprend que malgré les risques, l’offre est alléchante : écouler de grosses quantités de drogue, en gardant une grosse commission pour elle. A-t-elle les épaules pour réaliser un aussi gros coup ? Pour cela, il faut les bons contacts et agir en toute discrétion.

Qui a tué Simon ? Où est la cocaïne ?

Construit comme un film, le scénario est implacable, les faits s’enchaînent, avec des retours en arrière : les heures sont indiquées, en début de chapitre, et elles sont d’une grande importance. Nous suivons plusieurs personnages qui souffrent de difficultés financières. L’envie de sortir des fins de mois difficiles les mène dans un engrenage dangereux. Jusqu’où sont-ils prêts à aller pour changer de vie ? Hélas, ils n’ont pas conscience qu’ils pénètrent un milieu dangereux, dont ils ne possèdent pas les codes. Cependant, j’ai trouvé que certains novices maîtrisaient un peu trop bien la situation pour que cela soit complètement crédible. Je suis passée outre, car le suspense m’a tenue en haleine, jusqu’à ce que je pense que cela allait trop loin. Je m’explique : pendant les 2/3 du livre, j’ai aimé que les rebondissements s’enchaînent, qu’un élément redistribue les rôles, mais il est arrivé un moment où j’ai trouvé que c’était trop, que ça diluait l’effet de surprise et l’intérêt, puisqu’il y avait une escalade. Et alors que j’avais le même engouement que pour le premier livre de Nicolas Leclerc, Le manteau de neige, mon enthousiasme a perdu en intensité.

En ce qui concerne les personnages, j’ai, particulièrement, apprécié les « gentils », ceux qui sont embarqués dans cette sordide affaire, parce qu’ils pensent que c’est la seule porte de sortie des soucis financiers. Ils sont au pied du mur et ils ont la sensation que c’est leur seul espoir. Samuel est celui qui m’a le plus touchée. Son histoire m’a attristée et émue, car elle montre qu’il est un homme bon. Sans un terrible accident de la vie, il n’aurait pas été délinquant. Jusqu’à la fin, il montre une générosité de cœur.

Conclusion

J’ai beaucoup aimé Une bête en cage, même si je regrette que mon intérêt se soit émoussé, sur la fin, en raison de l’accumulation des scènes de violence qui m’ont donné une sensation de « trop ». J’ai eu un sentiment de frustration : j’ai tellement adoré une grande partie du livre, que j’aurais aimé que mon plaisir soit linéaire.

Je remercie sincèrement BePolar et les Éditions Seuil pour ce service presse.

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Le manteau de neige

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