Les Liaisons périlleuses, Frédérique-Sophie Braize

Les Liaisons périlleuses
Frédérique-Sophie Braize
Editions Presses de la Cité
Collection Terres de France

Quatrième de couverture

1838. Tout sépare Quitterie d’Arcy, comtesse française établie à Genève, de Pernette Croz, fille d’auberge à Chamonix. Pendant que l’aristocrate s’étourdit dans les bals pour se soustraire au temps qui passe, la servante porte sur ses épaules des secrets plus lourds que des montagnes. Or leur sort est lié par des nœuds serrés.
Quand elles se rencontrent à la Mer de Glace débute entre elles un jeu intriguant avec de vigoureux guides dont la réputation n’est plus à faire.
Quitterie nourrit un projet fou : être la première femme alpiniste. Malgré les railleries, les obstacles, cette pionnière veut gravir le Mont-Blanc avec le soutien du séduisant Gabin, le seul guide à croire en elle.

Des Alpes sauvages aux salons du Paris romantique, ce roman tout en sensualité – fondé sur des faits réels – raconte une histoire de passions, celles qui submergent une vie pour la transformer à jamais.

Mon avis

Quitterie d’Arcy est née en 1794, dans une famille noble. Sa mère est décédée et elle est élevée avec ses trois frères. A onze ans, elle est envoyée en pension. A quinze ans, elle fait son entrée dans le monde.

Pernette Croz est née en 1778. Elle est issue d’une famille nombreuse et pauvre. A onze ans, elle arrête l’école pour aller travailler dans une auberge de Chamonix. A quinze ans, elle est embauchée dans un grand hôtel et est forcée de donner sa paie à sa famille.

Tout sépare les deux femmes, pourtant, quand elles se rencontrent pour la première fois, un fil invisible semble les relier. Nous sommes en 1838 et la Comtesse nourrit le désir fou d’être la première femme alpiniste à gravir le mont-Blanc.

Ce roman est inspiré de faits réels. Les protagonistes sont une transposition du destin de personnalités ayant existé. Les connaisseurs les reconnaîtront. Ceux qui, comme moi, ignorent l’Histoire de l’alpinisme, découvriront les pans cachés de son versant féminin. Le hasard a fait que j’ai enchaîné deux lectures « montagneuses » : les éléments historiques de départ se recoupent, puis chacune explore un aspect différent. Les liaisons périlleuses s’attache aux exploits des femmes.

J’ai adoré Quitterie. Elle est exubérante, attachante et aimerait envoyer valser les conventions, comme le fait George Sand. Elle se plie aux règles, mais quand elle les trouve ridicules et qu’elle ose le faire, elle les défie. Cette ascension du Mont-blanc est une double conquête : la première est physique avec le dépassement d’elle-même, elle aspire à un exploit que les médecins prétendent inaccessible aux femmes ; la deuxième est celle de la liberté féminine. La montée en altitude est accompagnée de son émancipation, Quitterie s’élève dans les chaînes de montagne et par-dessus les chaînes de son milieu. J’ai, aussi, été très touchée par la vie de Pernette Croz. Elle a, elle aussi, conquis son indépendance. Elle est secrète, discrète et elle est très respectée par les habitants de la vallée.

J’ai, énormément, aimé la construction du récit. Chaque chapitre se termine par deux encarts qui relatent des évènements importants de la vie de chacune des deux héroïnes. Ces informations permettent de les connaître, de les comprendre et de percer leurs secrets. Ces passages décrivent des faits se déroulant à des âges-clés et cet effet miroir montre que leur milieu a influencé leur destin et leurs décisions. Dans la dernière partie, ces intermèdes sont remplacés par des articles de journaux. Des personnages historiques sont mêlés à l’intrigue. Le ton virevolte de la gravité à l’humour (j’ai été très amusée par les noms des guides de montagne), en passant par la sensualité, la passion, l’effort, le sérieux, l’extravagant, les émotions, le féminisme, etc. L’auteure étire la temporalité, étend l’espace et explore tous les aspects de son histoire. Chaque chapitre est une surprise.

J’ai adoré ce roman féminin et social, qui réunit la douceur et la force des femmes, l’amour et les trahisons, les secrets émouvants et les mensonges, l’emprisonnement des conventions et la rupture des chaînes, les obligations et la passion, les souffrances physiques et le dépassement de soi, le soutien et le poids de la famille, etc.

Je remercie sincèrement Clarisse et Marie-Jeanne des Éditions Presses de la Cité pour ce service presse dédicacé.

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