Rue Blondel, Valéry Sauvage

Rue Blondel

Valéry Sauvage

Éditions Ateliers Henry Dougier

Quatrième de couverture

Près de la porte Saint-Martin, à Strasbourg-Saint-Denis, il y a la rue Blondel. Or, dans la rue Blondel, y avait une demoiselle. Elle avait l’uniforme que porte la profession : une jupette ultra-courte et puis un boléro ayant peine à cacher un soutif en dentelle deux tailles trop étroit. Elle se postait toujours en haut de ses trois marches, dans le creux d’une porte. On aurait dit un peu comme une pauvre madone dessus son piédestal.


Elle s’appelait Lucienne, mais on disait Lulu. Et puis y avait aussi Momo, le serrurier, et ses mauvaises fréquentations et puis aussi Edmond, qui n’aimait pas son prénom, qui n’aimait pas ses parents, qui ne s’aimait pas trop non plus lui-même et qui partit en Grèce sans vraiment savoir pourquoi.


Tout commença dans les années 1950, rue Blondel, à Strasbourg-Saint-Denis…

Mon avis

Avril 1972, rue Blondel à Paris. Sur la vitrine du bar-tabac Le Sélect, une affiche annonce le changement de propriétaire. Cela fait plus de vingt ans que cet établissement est le refuge de Lucienne : depuis qu’elle travaille dans la rue Blondel, en haut de ses trois marches. C’est sur ce piédestal qu’elle attend les clients.

Tout commence en 1947, lorsque Lucienne a quinze ans. Elle vit avec sa mère et le mac de cette dernière, qui estime qu’il est temps qu’elle suive les traces maternelles. Alors que Lulu refuse ce destin, la situation lui échappe et elle est incarcérée. A sa sortie, personne ne veut employer une fille qui sort de prison. C’est ainsi que commence sa vie de prostituée.

Momo fréquente aussi le bar de la rue Blondel. Il est serrurier. Le problème, c’est qu’il est toujours au mauvais endroit, au mauvais moment. Il se laisse entraîner par des mauvaises fréquentations qui profitent de ses talents dans la serrurerie et atterrit, lui aussi, en cellule. Il y reste de nombreuses années.

Edmond, lui, n’a jamais été emprisonné au sens premier du terme. Cependant, il est enfermé dans ses souvenirs qui l’empêchent d’avancer. Lui aussi trouve du réconfort, rue Blondel.

Momo et Edmond ne se connaissent pas, mais Lulu fait partie de leur vie. Elle est celle qui apaise, qui écoute, qui offre du bonheur, pendant quelques heures. Elle ne sourit pas beaucoup, elle n’est pas à la place qu’elle souhaiterait, mais les deux hommes sont attachés à elle, chacun à sa façon, sans en avoir réellement conscience.

Rue Blondel raconte le destin de ces personnages de 1947 à 1972. Lulu croise Momo et Edmond, qui disparaissent, puis, reviennent. Chacun poursuit sa route, en emportant un morceau de l’autre. Lulu m’a particulièrement touchée. Je suis révoltée par les drames qui ont jalonné sa route, je suis choquée par les actes de celui qui est responsable du manque de choix qu’elle a eu et en colère après la société qui ne lui a pas laissé de chance. Cette femme m’a énormément émue, je me suis attachée à elle et j’ai admiré sa force de caractère et de survie.

J’ai complètement succombé à la fin de l’histoire. Quelle belle conclusion qui donne foi en l’humain et qui est porteuse d’espoir. Elle met des papillons, dans le cœur et elle est, véritablement, celle qui correspond à l’histoire.

Avec une écriture directe, Valéry Sauvage partage des tranches de vie de trois personnes, qui ne sont pas nées à la bonne place. J’ai adoré Rue Blondel.

Je remercie sincèrement Anna des Ateliers Henry Dougier pour ce service presse.

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