Les miracles de l’Ourcq, Véronique Pierron

Les miracles de l’Ourcq

Véronique Pierron

Éditions Presses de la Cité

Quatrième de couverture

Sur les bords du canal de l’Ourcq à Paris, toute une population en marge a construit des villages avec des maisons de fortune en carton recouvertes de bâches en plastique. On y rencontre le Vieux, qui, après un naufrage personnel, s’adonne dans sa petite caravane à sa passion du tricot ; Sandra, atteinte du syndrome de Gilles de La Tourette ; Bella, qui est voyante, ou encore Noury le musicien. Il y a aussi Juno, le Brésilien poète illettré, fou amoureux d’une écrivaine infirme au succès grandissant. Cette population de cabossés aurait bien besoin d’un coup de pouce du destin. Jusqu’au jour où surgissent les miracles de l’Ourcq…

Les Miracles de l’Ourcq est un premier roman irrésistible qui va droit au coeur, où il est question, au fil des pages, d’humanité, d’espoir, du droit à la différence.

De nous, de l’autre…

Mon avis

Sur les bords du Canal de l’Ourq, dans un camp, vivent ceux qu’on ne regarde pas. Les maisons sont des plaques de tôle et des planches assemblées, le confort est plus que sommaire, et pourtant des personnes y habitent. Véronique Pierron leur donne la parole. Oh ! Pas pour faire saigner votre cœur ! Au contraire, pour y mettre du baume, de l’espoir et de l’amour.

Chaque personnage nous confie des bribes de son histoire et ses rêves.

Sandra est atteinte du Syndrome de la Tourette et seules ses clés la rattachent au passé. Noury est un virtuose du violon, victime d’un régime totalitaire. Le Vieux a choisi de vivre en marge de la société quand celle-ci lui est devenue insupportable. Il apprend à lire à Juno, le poète brésilien, amoureux d’une écrivaine au succès grandissant. Cosmin veille sur les autres. Etc.

Un événement est à l’origine d’une série de miracles qui changent la vie du camp. Quelqu’un semble tirer les ficelles. Et si tout n’était pas dû au hasard ? Si quelqu’un veillait sur nous ? Mais attention, un bonheur peut avoir son revers. Il peut attirer les jolies rencontres, mais aussi éveiller une attention non souhaitée.

Au fil du livre, les personnages se révèlent et ce roman, qui me paraissait un peu loufoque, au départ, prend une tournure émouvante. Chacun livre son passé, ses aspirations et son cœur. Tous ces êtres sont cabossés et pourtant, ils veulent donner le sourire à ceux qui les entourent. Ils leur montrent la voie pour voir la vie, telle qu’elle est, avec la beauté de ses détails.

Bien sûr, tout n’est pas rose : il y a des guerres de clans, la misère, les règlements de comptes, etc. Mais la poésie de Juno et la lumière dans ses yeux rendent le monde plus beau. Cet homme m’a touchée, il est d’un optimisme à toute épreuve, d’une humanité très grande et un transmetteur d’espérance. Par sa gentillesse, son abnégation et sa foi en l’humain, il est capable de miracles, mais il n’en a pas conscience. Grâce à lui, un personnage a trouvé la force de se battre et a changé de regard sur les habitants du camp. Cette évolution est à l’origine de scènes très touchantes et est un beau message sur l’acceptation de la différence. Et Sandra, quelle femme ! Si on dépasse le stade des injures qu’elle débite fréquemment, en raison de son syndrome, et que l’on plonge dans son histoire et son cœur, les sentiments qui nous emportent sont de la compassion, de l’admiration et de l’amour. D’autres protagonistes ont atteint mon cœur, mais je ne vais pas tout vous dire.😀

Conclusion

Au départ, j’ai pris le temps de connaître ce livre, de comprendre et d’accepter sa différence, je me suis laissée apprivoiser, avant que mes émotions montent. C’est arrivé crescendo, je ne me suis pas laissée approcher tout de suite. J’ai commencé par un sourire, puis un attendrissement et puis j’ai reçu une flèche en plein cœur : la première d’une série.

Véronique Pierron est la première lauréate du prix Jean Anglade du premier roman 2019, qui récompense un primo-romancier dont l’œuvre incarne les valeurs d’humanisme et d’universalité, chères à Jean Anglade. A la fin de ma lecture, ce sont ces valeurs qui m’imprègnent. Dans Les miracles de l’Ourcq, il est question d’humanité, d’universalité, de solidarité et de droit à la différence désirée ou subie (sociale, ethnique, physique, situation de handicap, etc.). C’est cette hétérogénéité qui fait notre richesse.

Je remercie sincèrement Clarisse des Éditions Presses de la Cité pour ce service presse.

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