La puissance des ombres, Sylvie Germain

La puissance des ombres
Sylvie Germain
Editions Albin Michel

Quatrième de couverture

Pour fêter les vingt ans de leur rencontre au bas des marches du métro Saint-Paul, Daphné et Hadrien ont organisé une soirée à thème : chacun de leurs amis doit porter un déguisement évoquant une station de métro. Mais la fête tourne au drame. L’un des invités tombe mystérieusement du balcon et se tue. Et quelques mois plus tard, c’est au tour d’un autre convive de se rompre le cou en dégringolant des escaliers. Qui sera le suivant ? Quel est le lien entre la fête, les convives, les serveurs qui officiaient, et notre intense désir de réparation ?

Dans ce très beau livre, rythmé comme une partition, Sylvie Germain nous fait peu à peu pénétrer dans le cœur des ténèbres de l’homme. Elle nous rappelle ici plus intensément que jamais que le désespoir n’exclut ni l’espérance ni la consolation.

Mon avis

Il y a vingt ans, Daphné et Hadrien se sont rencontrés « au bas des marches du métro Saint-Paul fermé pour cause de grève » (p. 29. Pour célébrer les deux décennies de leur amour, ils organisent une soirée à thème : chaque invité doit porter un costume évoquant une station de métro. Pendant la première partie de la fête, ils s’amusent à deviner ce que représentent les déguisements. Zazie (de Raymond Queneau) est la maîtresse de cérémonie et multiplie les impertinences, Sade enflamme les débats, Louise Michel prend les armes : l’ambiance est déroutante. Puis, le jeu cède la place à la danse et chacun se débarrasse de ses accessoires. Hélas, les festivités sont interrompues par la mort d’un des leurs, après une chute du balcon. Quelques mois après cet accident, les amis sont à nouveau endeuillés : un autre convive s’est tué dans un escalier. Quelle est cette malédiction qui pèse sur cette réunion amicale ?

L’initiateur des drames décrit l’enchaînement des évènements. La naissance du mal est très ancienne. Les ombres dansent un tango, un regard détourné hante la vie entière, l’ombre de la culpabilité s’alourdit du poids du désespoir, la souffrance recherche la lumière de l’espoir sans la rencontrer. Dans la première partie du livre, l’atmosphère est joyeuse et extravagante. Au fil des pages, elle s’assombrit et s’étoffe d’un voile noir oppressant. Par moments, le passé tente de percer et, par petites touches, il livre sa vérité. Il entend révéler l’origine des faits : j’ai écouté sans pouvoir entendre cette justification. J’ai été meurtrie par les racines du mal, même si je n’ai pas accepté les actes de celui qu’elles hantent.

La puissance des ombres est un roman original et déconcertant sur le désespoir d’un homme prisonnier d’un passé tragique.

Je remercie sincèrement Claire des Éditions Albin Michel pour ce service presse.

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