Hors des murs, Laurie Cohen

Hors des murs

Laurie Cohen

Editions Plon

Quatrième de couverture

On pense toujours que ça nʼarrive quʼaux autres. Mais tout peut basculer en une fraction de seconde. Un jour cʼest le bonheur parfait et le lendemain tout sʼécroule. Marianne menait une vie tranquille avec son mari David, loin du bruit de la ville, dans la forêt. Aujourdʼhui, elle se retrouve menottée, dépossédée, enfermée. Elle clame son innocence mais personne ne lʼécoute. Criminelle aux yeux de tous. Dans cette prison, elle attend son jugement, celui qui scellera son destin.

Alors que le procès tarde à arriver, le médecin lui annonce quʼelle est enceinte. Marianne doit décider : interrompre sa grossesse ou mettre au monde en prison le bébé de celui quʼelle aimait et qui nʼest plus. Les âmes tourmentées quʼelle rencontrera entre ces murs et au-delà lʼaideront à tenir… mais jusquʼà quand ?

Laurie Cohen décrit avec force et sensibilité le quotidien dans une prison pour femmes, sans manichéisme aucun. Un premier roman sur le pouvoir de la maternité dans un contexte extrême et sans pitié.

Mon avis

Ce roman débute un matin de mai, avec le placement de Marianne en détention provisoire. Son choc se ressent dans la brièveté des phrases, qui ne contiennent, parfois, pas de verbe. L’univers carcéral lui est étranger. Elle encourt douze ans d’emprisonnement, mais elle clame son innocence. Alors qu’elle raconte son arrivée, des mots s’insèrent dans ce descriptif, des mots qui viennent taper son cœur, ce sont des réminiscences. Elle vivait heureuse avec son époux. David est mort et Marianne est emprisonnée. Pourtant, elle ne pense qu’à lui et elle le pleure.

Peu de temps après son incarcération, elle fait un malaise. Une prise de sang révèle qu’elle est enceinte de sept semaines. Elle n’a que quelques minutes pour répondre à cette question : « veut-elle garder l’enfant ? » Malgré sa peur, elle décide de mener sa grossesse à terme, de devenir maman. Comme l’autorise la loi, son bébé pourra rester avec elle jusqu’à ses dix-huit mois. Ce petit être innocent sera emprisonné, grandira et s’éveillera auprès d’elle, puis sera séparé de son seul repère.

Marianne s’inscrit à un programme de correspondance. En réponse à la lettre qu’elle envoie à un inconnu, elle reçoit un courrier d’un jeune homme : Adrien. Il devient sa fenêtre sur l’extérieur. Elle, elle lui confie les difficultés de la vie en détention.

Alors que Marianne attend son procès, elle ne parle qu’à mots couverts des accusations portées contre elle. Nous ne connaissons ces dernières que dans la dernière partie du roman. Malgré notre impatience, Marianne ne lâche que des bribes. Nous avons envie de croire à son innocence, car nous nous attachons à elle. J’admirais sa force, car je sentais qu’elle n’était pas armée pour le monde carcéral. Au fil du temps, elle livre des éléments sur ses actes et le mystère s’épaissit.

J’ai été bouleversée par la sensibilité avec laquelle Laurie Cohen dépeint la maternité en prison. J’ai été émue aux larmes, par les sentiments de Marianne au sujet de la séparation future d’avec son bébé. J’ai pleuré en lisant ses inquiétudes de maman. J’ai été très touchée par ses mots au sujet de l’amour maternel, qu’il soit en liberté ou en enfermement. L’auteure montre que le lien filial est universel, qu’avant d’être des inculpées, les femmes qui accouchent en prison sont des mères. Les angoisses, quand le petit est malade, le besoin de vérifier qu’il respire, les inquiétudes au sujet de son avenir, etc. tous les parents connaissent. L’auteure interpelle, également, sur le handicap pour un enfant d’être privé de l’extérieur et de vie sociale. J’ai été meurtrie par les passages au sujet des déchirements des mamans, quand leur enfant doit les quitter. Les émotions sont si bien rendues, qu’elles percutent le cœur. J’ai, plusieurs fois, éclaté en sanglots.

L’histoire de Marianne m’a poignardé le cœur, j’ai été émue par la maman et par la femme, j’ai été ébranlée par sa vie passée et par sa nouvelle existence, derrière les barreaux. Enfin, j’ai été troublée par les chefs d’accusation. Hors des murs est un immense coup de cœur.

Je remercie sincèrement les Éditions Plon pour ce service presse.

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