Sachez que nous sommes toujours là, Esther Safran Foer

Sachez que nous sommes toujours là

Esther Safran Foer

Editions Les Escales

Quatrième de couverture

Œuvre de mémoire bouleversante, Sachez que nous sommes toujours là donne une vie et une voix à ceux dont on a tenté d’effacer toute trace.

Esther Safran Foer a grandi dans une famille dans laquelle le passé n’existait pas. Ses parents, rescapés de la Shoah, ne parlaient jamais de ce qu’ils avaient vécu. Ce n’est qu’à l’âge adulte qu’elle parvient à combler les silences de son enfance.
 
Esther apprend fortuitement qu’avant la guerre, son père était marié avec une autre femme et qu’ensemble, ils avaient eu une fille. Elle est bouleversée d’apprendre l’existence de cette femme et de cette sœur inconnues, assassinées par les nazis. Esther décide alors de se mettre à la recherche de ce passé familial insoupçonné et de redonner une existence à ces deux personnes rayées de l’histoire.
 
Munie de quelques photos et d’une carte dessinée à la main, elle se met en quête de réponses et se rend en Ukraine. C’est ce voyage, empreint de tristesse et d’illuminations, qui l’aidera à donner une vie et un visage à ces inconnues, à les sortir de l’oubli et faire vivre leur souvenir. Une quête de vérité qui a inspiré à son fils Jonathan Safran Foer l’écriture de son best-seller Tout est illuminé.

Mon avis

L’enfance d’Esther Safran Foer a été remplie de silence et de révélations traumatisantes, énoncées avec parcimonie. Elle a toujours su qu’elle était « la descendante de survivants de la Shoah » (p. 9), « rassembler les fragments de [son] histoire familiale a été la quête de toute une vie. » (p. 9) Vers la quarantaine, elle a souhaité connaître le passé et a découvert que son père avait eu une autre famille, pendant la guerre, et que sa femme et sa fille avaient été assassinées par les nazis.

Son père n’est plus là pour raconter et sa mère, qui ne veut pas évoquer cette période, ne semble pas en avoir parlé avec son époux. Esther savait que son papa devait sa vie à une famille ukrainienne, qui l’avait caché, mais elle ignorait que ses proches avaient été tués dans un ghetto. Dans son livre Tout est illuminé, son fils, l’écrivain Jonathan Safran Foer, a retracé son propre voyage en Ukraine, dont l’objectif était de retrouver ces personnes héroïques. Son récit mêle la fiction et au réel, puisque sa quête n’a pas abouti.

L’auteure décide, à son tour, d’enquêter sur la vie de ceux qui ne sont plus là. Elle désire que l’on se souvienne de celle qui était sa demi-sœur et qu’elle n’a pas connue. Elle ne possède même pas son prénom. « C’était une enfant parmi au moins six millions de juifs, parmi près d’un million et demi d’autres enfants assassinés lors de la Shoah, et il n’y avait aucun moyen de savoir si cette enfant avait seulement existé. Comment se souvenir de quelqu’un qui n’a pas laissé de trace ? » (p. 11) Elle veut rappeler l’existence de cette petite, faire savoir à ses ancêtres qu’elle ne les a pas oubliés et qu’elle et sa famille sont toujours là, que les nazis ne sont pas parvenus à éteindre leur lignée. C’est la raison pour laquelle le début du livre demande beaucoup d’attention : les noms sont nombreux ; j’ai été très émue par cette volonté de faire revivre ceux qui le portaient, de rappeler leur existence.

Appuyée par ses proches, Esther Safran Foer reconstitue l’histoire familiale. Elle consulte des archives, contacte des associations, retrouve des cousins et se rend en Ukraine, munie de quelques photos, de plans dessinés de mémoire par des survivants et de cartes de Nouvel-An. Son périple est, émotionnellement, très chargé. J’ai été bouleversée par le récit de ses investigations. En effet, certains fils se dénouent et elle découvre le destin de Juifs ukrainiens décimés par la barbarie nazie. L’émotion est très forte, lorsque l’auteure apprend les exactions subies par ses ancêtres, mais aussi lorsqu’elle découvre les actes de courage de ceux qui, malgré le danger, ont ouvert leur porte. J’ai, aussi, été très touchée, par les rencontres favorisées par sa quête. Ce récit est une aventure humaine poignante, d’autant plus forte que les faits sont véridiques. Je pressens que certains passages m’ont marquée à jamais. Ce magnifique livre de mémoire m’a étreint le cœur.

Je remercie sincèrement Anne des Éditions Les Escales pour ce service presse.

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