Par un fil, Emmanuelle Hébant

Par un fil
Emmanuelle Hébant
Editions La p’tite tartine

Quatrième de couverture

C’était la Belle Époque. Et pourtant…
Joséphine étouffait sous le joug d’un mari cruel et volage.
Louise, brisée par un amour défunt, tentait de se relever à coups de ciseaux.
Et Berthe, sa condition d’ouvrière anéantissait tous ses rêves.
C’était la Belle Époque et, pourtant, la guerre tissait déjà ses déchirures mondiales sur le destin des hommes et de ces trois femmes que rien n’aurait pu réunir ; ces trois femmes fragiles et fortes comme un fil de dentelle.

Mon avis

Louise a grandi en Inde. Quand elle a eu sept ans et son frère cinq ans, ses parents les ont envoyés en Angleterre. « La Grande-Bretagne offrait […] un cadre de vie bien plus riche aux enfants qu’un séjour prolongé en Inde ». (p. 37) Pendant six ans, Louise a vécu dans une pension sinistre. Seul le mois de décembre était heureux : les petits le passaient chez leur tante Georgy. C’est auprès de cette dernière que Louise a vécu son adolescence ; c’était après un événement tragique. Grâce à elle, également, elle est entrée comme apprentie dans l’atelier de couture de Lady Duff. Après la perte terrible d’un amour, elle se fait embaucher dans la succursale parisienne. Deux ans après son arrivée en France, la guerre est déclarée.

Joséphine est issue de la haute noblesse. Toute petite, elle a exprimé son refus de passer de la dépendance d’un père à celui d’un mari. Hélas, à l’âge de quatorze ans, elle a dû faire son entrée dans le monde. La jeune fille ne voulait pas renoncer à ses rêves et elle avait décidé de choisir son époux. Aussi, lorsque Fernand lui fait la cour, elle veut se croire amoureuse. Elle refuse de voir les signes d’alerte. Après son mariage, elle découvre qu’elle a épousé un homme cruel et volage. L’entrée en guerre de la France lui permet de briser ses chaînes.

Berthe est l’aînée d’une fratrie de six enfants. Elle veille sur chacun d’eux. La famille, que la dentelle fait vivre, habite dans le Nord de la France. Le père est tulliste dans l’usine la plus grande de Caudry et la mère est raccommodeuse. Ce métier se transmet de mère en fille. Mais Berthe rêve de voyages. Elle est amoureuse de Marcel, un conducteur de péniche. Elle sait que son père n’approuvera pas cet amour, il veut qu’elle épouse un tulliste, pour perpétuer la tradition. Quelques jours avant la déclaration de guerre, son fiancé l’a demandée en mariage. Elle n’a pas eu le temps d’en parler à son père. Le conflit brise ses projets, mais pas ses espoirs.

Trois femmes, trois destins différents, pourtant reliés par des fils tenus. Toutes trois veulent vivre leurs rêves et sont entravées par la société ou par les traditions. Toutes trois rêvent de s’épanouir, l’une par la création, l’autre par la littérature, la musique et la liberté et la dernière par les voyages. Elles désirent aussi choisir leurs amours, mais la morale ou leur condition s’y opposent. Elles plient, mais ne rompent pas. Même si leur corps est forcé d’obéir, leur tête ne renonce pas. Elles expriment leur douleur, leur chagrin, mais aussi leurs espérances. Alors que les hommes sont au front, chacune à leur manière, elles participent à l’effort de guerre. Elles sont courageuses et, dans les épreuves, elles démontrent leur force. Il faut, hélas, des circonstances dramatiques pour que les femmes soient autorisées à montrer ce qu’elles ont dans le cœur et dans les tripes. Le roman raconte le destin individuel de Louise, Joséphine et Berthe et la dernière partie les réunit.

Le contexte historique est très documenté. Je lis beaucoup de livres sur cette période et je suis habituée à ce que les livres traitent un angle en particulier. J’ai été un peu déstabilisée par le fait que de nombreux évènements soient évoqués de manière chronologique. J’ai pensé que son exigence de justesse historique avait imposé ce choix à l’auteure. Cependant, mon sentiment, à la fin, est que même si le contexte de guerre a permis à ces femmes de se révéler, c’est leur histoire personnelle et intime que l’auteure souhaitait nous confier.

J’ai ressenti que l’auteure avait écrit avec son cœur. En effet, alors que je suis Emmanuelle Hébant sur Instagram, où elle partage ses avis de lectures, j’ai la sensation d’avoir découvert une part d’elle-même à travers son roman. Derrière les mots de Joséphine au sujet de sa passion pour la littérature et la musique, il m’a semblé qu’Emmanuelle livrait sa sensibilité. Il m’a semblé, aussi, lire une admiration pour les luttes de ses héroïnes et pour les femmes qui se sont battues pour nos droits.

Par un fil est un roman très touchant sur des femmes, héroïques dans leur quotidien. J’ai adoré.

Je remercie sincèrement Emmanuelle et les Éditions La p’tite tartine pour leur confiance.

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