Fuir le bonheur, Francine Burlaud

Fuir le bonheur

Francine Burlaud

Éditions Slatkine & Cie

Présentation de l’éditeur

Dans un mariage, on croise un tas de gens. La fille sublime qui fait de l’ombre à toutes les autres, le père du marié qui trouve le temps long, la cousine engoncée dans sa robe de demoiselle d’honneur, la collègue qui ne sait pas ce qu’elle fait là… Tout ce petit monde partage la scène quelques heures, échange, danse, chante, mange, boit, flirte même et parfois repart ensemble. Mais la plupart du temps, ne se revoit jamais. 
Mais quelle vie mène vraiment la fille sublime ? A quoi ressemble en réalité la cousine mal à l’aise ? Comment est-elle, la collègue, au boulot ? Tous ces gens, côtoyés dans ces heures fugitives, bruyantes, un peu navrantes, faussement hystériques et parfois même vraiment dramatiques, ont-ils une vie ? Ou bien les a-t-on juste sortis pour l’occasion, dépliés, repassés et tout beaux ? Juste pour ce jour-là, ce soir-là ? 
C’est ce qu’a fait Francine Burlaud, elle les a sortis du placard, elle a déplié leurs vies, dénoué les fils qui les relient les uns aux autres, pour un soir ou pour la vie.

Mon avis

Élise, la narratrice, est en route pour assister au mariage de sa sœur, Myriana. Si seulement, elle pouvait se perdre. Elle n’a pas envie d’y aller, tous les prétextes sont bons pour arriver le plus tard possible. Ce qui ne peut qu’énerver Myriana, elle qui a tout prévu, tout minuté et qui a décidé, à l’âge de quinze ans, du lieu de réception. Alors que sa sœur « rêve sa vie, elle la décide. » La pression monte pour Élise, qui n’a même pas préparé de discours, alors qu’elle est témoin. 

Pendant le trajet, ses pensées vagabondent. Elle nous présente les invités et des personnes qui ont croisé sa vie, à travers des évènements de leur histoire. En passant de l’un à l’autre, elle entretient un mystère au sujet de certains d’entre eux. Ce sont des bouts de vie, des faits qui révèlent l’essence de ceux qu’elle évoque, à travers leurs choix. Certains passages sont tendres, d’autres sont tragiques. Il y a aussi de la nostalgie ou des hasards qui font sourire, parce qu’ils sont à l’origine de belles histoires. Élise décrit ces tranches de vie avec beaucoup de dérision : elle semble, parfois, un peu sarcastique, cependant, sa manière de raconter m’a bouleversée. Les mots sont brodés autour de ce qui n’est pas dit clairement et qui est le cœur du sujet. C’est ainsi qu’elle dépeint le destin dramatique de Thomas, celui de Anne et de celui de Bogart : le vide est plus fort que les mots précis. En passant de l’un à l’autre, Élise alterne entre les pensées amusantes, dans lesquelles on peut reconnaître un membre de notre famille, à celles plus douloureuses. Puis, il y a Victor, le futur marié, qui n’a pas tout dit…

Fuir le bonheur peut surprendre par sa narration, qui peut sembler décousue, cependant un fil invisible relie les différents personnages : cette notion de choix qui a déterminé leur existence. Pour moi, ce roman est un petit bijou qui m’a amusée et émue.

Je remercie sincèrement Elya des Éditions Slatkine & Cie pour cet envoi surprise.

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