La fille à ma place, Catherine Le Goff

La fille à ma place

Catherine Le Goff

Éditions Favre

Quatrième de couverture

« Me noyer dans la masse, oublier qui je suis, humaine ou animale. Mouvement dans le mouvement, je me fonds dans la transe. Et au milieu du monde, à deux heures du matin, j’oublie que j’ai tué. »

Ainsi commence la cavale de Nin, dont la vie bascule en quelques minutes. L’acte qu’elle commet, faute d’avoir trop aimé, donne à sa vie une trajectoire inattendue. En danger, la voilà propulsée dans une fuite en France, en Italie et en Amérique; elle y déploie des ressources insoupçonnées, brisant les secrets qui hantaient son passé. Dans sa fuite, elle s’adjoindra des alliés indéfectibles qui lui permettront de renaître à elle-même.

Jalousie, peur de l’abandon, dédoublement de la personnalité, manipulation et changements d’identité, tels sont les thèmes de ce roman à suspense et plein d’émotions, qui nous sensibilise à nos possibles passages à l’acte. Identifier nos failles et tomber les masques demande du courage. Mais cela nous rend aussi plus humains et sereins.

L’auteure

Catherine Le Goff est psychologue et a travaillé vingt ans en entreprise avant d’ouvrir son cabinet. Elle connaît extrêmement bien la psychologie humaine et la décrit avec talent, autant les ressorts individuels que les comportements de groupe. Titulaire d’un prix de littérature à dix-sept ans, elle est revenue récemment à l’écriture pour nous offrir, avec La fille à ma place, une première œuvre de fiction, un thriller sensible et riche en rebondissements, qui confirme son don pour explorer les méandres de l’âme.

Mon avis

Nin a tué la femme avec qui son compagnon, Jeff, l’a trompée. Débute alors une cavale. Dans son entourage, elle ne sait pas qui pourrait la protéger et elle se tourne alors vers l’homme qui porte toutes ses espérances : son père qui l’a abandonnée quand elle avait deux ans. Elle s’appuie sur l’espoir qu’il n’ait pas connaissance du meurtre. Celui-ci lui ouvre sa porte.

Alors que Nin commence une nouvelle vie, elle découvre l’histoire de sa naissance et de ses parents. Les surprises et secrets sont immenses. Elle-même se livre au sujet de son enfance. Elle révèle aussi ce qui l’a marquée dans sa chair.

Le passé se rappelle très vite à elle. Elle n’est pas en sécurité. Certains choix difficiles s’imposent à elle…

J’ai beaucoup aimé ce livre aussi, je vais indiquer, en premier, ce qui ne m’a pas plu.

La vie de Nin est remplie de nombreuses souffrances, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle semble avoir des raisons de craquer, comme si l’infidélité de Jeff était la goutte de trop. Cependant, le message délivré m’a gênée. Si Nin avait tué ceux qui l’ont vraiment détruite, je n’aurais pas ressenti ce malaise. Pour moi, les drames vécus dans l’enfance ne justifient pas le passage à l’acte, déclenché par la jalousie. Je ne pense pas que les souffrances transforment les victimes en bourreaux. Je pense que son vécu n’est pas une explication à ce qu’elle a fait. Et heureusement ! J’ai eu la sensation que le passé difficile était une machine à retardement pouvant conduire à tuer. Ce n’était peut-être pas le message de l’auteure, mais je l’ai perçu ainsi.

Ce qu’a fait Nin n’est pas excusable. Elle en a conscience. J’ai beaucoup aimé son évolution. Son crime ne représente pas ce qu’elle est intérieurement. Elle n’a pas prémédité son geste : elle a craqué en un instant. Son comportement antérieur et sa vie après ne permettent pas de soupçonner qu’elle ait pu le faire. Elle a une personnalité attachante.

J’ai aussi aimé les autres personnages. Nin est soutenue et ses alliés sont touchants. Sa vie est en suspens, elle est en danger et elle bénéficie d’appuis très forts. Certains actes le montrent… Il y a de l’émotion dans ce polar. Elle se reconstruit une nouvelle vie. Mais cela suffit-il à la protéger ?

Nin est recherchée et le suspense est fort. Même si je n’approuvais pas ce qu’elle a fait, j’avais envie qu’elle s’en sorte, aussi j’ai ressenti la tension de l’histoire.

A travers la fuite de l’héroïne, l’auteure aborde de nombreux aspects psychologiques (abandon, changement d’identité, maladie mentale, souffrances, etc). Les personnages sont ambivalents et les sujets traités sont très intéressants. Mon regret est qu’ils ne soient pas plus poussés. De nombreux faits se déroulent et le rythme est très vif. Cela rend la lecture dynamique et addictive, mais empêche un traitement en profondeur des thèmes. 

Enfin, j’ai adoré la conclusion de l’histoire. Je ne l’avais pas anticipée et je l’ai trouvée géniale.

Conclusion

Malgré certains messages qui m’ont dérangée et une envie que les thèmes traités le soient plus en profondeur, j’ai dévoré La fille à ma place. J’ai énormément aimé l’intrigue, le suspense fort, les personnages, l’écriture et les personnages. C’est un suspense au rythme vif et dynamique, avec de nombreux rebondissements étonnants.

Je remercie sincèrement l’agence Gilles Paris et les Éditions Favre pour ce service presse.

2 commentaires

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