Disparaître, Mathieu Menegaux

Disparaître

Mathieu Menegaux

Éditions Grasset

Quatrième de couverture

Une jeune femme met fin à ses jours à Paris, dans le XVIII° arrondissement.

Un homme est retrouvé noyé sur une plage, à Saint-Jean Cap Ferrat, sans que personne soit en mesure de l’identifier  : le séjour en mer l’a défiguré, et l’extrémité de chacun de ses doigts a été brûlée.

Quel lien unit ces deux affaires  ? Qui a pris tant de soin à préserver l’anonymat du noyé, et pour quelles raisons  ? Qu’est-ce qui peut pousser un homme ou une femme à vouloir disparaître  ?

Avec ce roman impossible à lâcher, Mathieu Menegaux rejoint ceux qui pensent que les histoires d’amour finissent mal, en général.

Mon avis

A Paris, un corps chute d’un immeuble. La Police conclut au suicide.

A Nice, un homme est retrouvé noyé. Il est impossible de l’identifier : ses mains sont brûlées et il est complètement épilé. Il n’a plus un cheveu, plus un poil. Le dossier est vite refermé, là aussi, la thèse du suicide est privilégiée. Le Capitaine Grondin, nouvellement arrivé dans la région, enquête sur ses heures de repos, il veut comprendre ce qui peut pousser un individu à Disparaître ainsi.

En parallèle, Mathieu Menegaux nous plonge dans l’univers de la finance. Esther vient d’intégrer la société Richter & Co, Étienne est le directeur de la filiale France. L’auteur décrit les politiques managériales, qui détruisent la vie entière des salariés. J’ai reconnu ce que j’ai vécu dans une grande entreprise (j’ai, heureusement, aussi connu l’inverse avec des patrons géniaux) : travailler jusqu’à 2 heures du matin et les week-ends, des tableaux chronophages à remplir, les objectifs de chiffres toujours plus hauts, le taux de divorce élevé en raison d’une vie familiale vampirisée par le travail, le besoin de reconnaissance qui pousse à aller au bout de ses forces, le droit à la déconnexion qui n’existe que sur le papier, etc. La pression et le burn-out sont parfaitement décrits, avec beaucoup de réalisme.

Et au milieu de ces drames humains, une histoire d’amour, de celle qui semble pouvoir modifier le cours d’une existence, jusqu’à ce qu’elle se heurte aux murs de la réalité.

Quel est le lien entre tous ces personnages ? Les chapitres alternent entre Paris et Nice et déroulent le fil jusqu’à ce que les connexions s’établissent.

L’image que l’on a d’un auteur influe sur notre ressenti. En effet, si Disparaître avait été écrit par quelqu’un d’autre, je n’aurais eu que des louanges à écrire, car la souffrance de ceux qui se tuent au travail est très bien dépeinte, ainsi que la toxicité de certaines relations. De plus, l’envie de savoir l’issue des différents destins et de comprendre les liens entre eux est source de suspense. Mais comme c’est Mathieu Menegaux, je suis très exigeante et j’attendais encore plus. Je pensais ressentir un malaise, être dérangée et surprise par la conclusion. Aussi, j’ai une sensation de « pas assez », complètement subjective, imputable aux sensations que j’ai eues à la lecture de Je me suis tue et de Un fils parfait. (Cliquez sur les titres pour lire mes critiques.😉) Pourtant, le fait de ne pas être là où je l’attendais montre les qualités de renouvellement de l’auteur.

En conclusion, j’ai envie de citer une phrase que j’ai trouvée géniale, tirée de la chronique de gruznamur.com :

« Pour l’auteur, Disparaître c’est une histoire où je me tue, de peur que les hommes me jugent, après avoir essayé d’être un homme / une femme parfait(e) au sein de cette société qui broie les gens. Une vraie cohérence dans son univers littéraire. » Gruznamur

Son avis complet est ci-dessous :

Je remercie sincèrement Netgalley France et les Éditions Grasset pour ce service presse.

Du même auteur

Je me suis tue

Un fils parfait

8 commentaires

    1. Coucou ma complice.
      Je pense que nous sommes nombreux à avoir lu ce livre avec certaines attentes. L’auteur s’est renouvelé et cela m’a perturbée, alors que c’est une force de sa part.

      Je ne connaissais pas Gruz, j’ai découvert sa phrase par hasard sur Babelio et je l’ai trouvée excellente. C’est pour cela que je me suis permise de la citer.

      Bisous.

      J'aime

  1. J’ai dans ma pal, et depuis un moment d’ailleurs, « un fils parfait ». Celui-ci ne me tente pas trop par contre, car il risque de ressusciter des périodes auxquelles je n’ai plus tellement envie de penser…😏

    Aimé par 1 personne

    1. Oui, Christine, je pense que tu fais bien de choisir de découvrir Mathieu Menegaux avec un livre traitant d’un autre thème.😘

      Un fils parfait est un livre très fort.

      Bon week-end à toi.😘

      J'aime

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