La Fiancée anglaise, Gilles Laporte

La Fiancée anglaise

Gilles Laporte

Éditions Presses de la Cité

Terres de France

Quatrième de couverture

En mémoire à un héros méconnu de la Seconde Guerre, l’Anglais Robert Forester part accomplir une promesse : retrouver la famille du soldat en Lorraine et remonter le cours de sa vie, frère et fils chéri,  volontaire des Forces navales françaises libres et amant de l’ombre… La nécessité d’une quête et la force du souvenir.

 « S’il m’arrive quelque chose, tu iras leur dire combien je les aimais. »

A tous, Adolphe Lamesch a laissé un vide immense. C’est sur ses traces que cinquante ans plus tard Robert Forester part à Châtel-sur-Moselle pour rencontrer les membres de sa famille et leur porter les mots de celui qui accompagna son enfance en Angleterre. Telle une promesse, à la mémoire du jeune Lorrain engagé parmi les premiers dans le sillage du général de Gaulle, disparu en mer à bord du torpilleur des Forces navales françaises libres La Combattante en 1945. 

Pour sa mère Berthe, l’espoir de revoir son fils vivant n’avait jamais vacillé. Elle laissait toujours sa porte ouverte, au cas où…

Parce qu’elle détenait dans ses lettres le secret d’Adolphe. Un secret troublant, plein de vie et de résilience.

Qu’elles étaient deux à partager…

Un roman bouleversant qui rend hommage à un héros discret de la Seconde Guerre mondiale, et dans lequel s’impriment la force du souvenir et le courage des femmes.

Résonance personnelle

Il y a trois ans, un Américain a rendu visite à ma grand-mère, qui a maintenant quatre-vingt-dix-huit ans. Il souhaitait lui offrir un livre que son père, décédé, avait écrit. L’auteur était un pilote de l’escadron Les Faucons de l’enfer, pendant la guerre. Un jour, en combattant les avions allemands, le moteur de son engin a lâché. Il a sauté en parachute. Après quelques jours de cache, il est arrivé dans la famille de mon grand-père. Grâce à elle et à d’autres habitants du village, il a été mis à l’abri, puis emmené par-delà les Pyrénées. « Nous passâmes un agréable moment à discuter tous ensemble. Je n’avais pas idée du but de cette visite et de la contribution importante que Daniel apporterait dans mon évasion. »(Born to fly). Daniel était mon grand-père et je n’ai eu connaissance de ses actes de Résistance, qu’à son enterrement, lorsque le prêtre en a parlé. L’aviateur n’avait jamais oublié ses sauveurs.

Lorsque j’ai lu la présentation du roman La Fiancée anglaise, même si l’histoire n’est pas la même, j’ai pensé à mon histoire familiale.

Born to fly, Gene Wink

De plus, mon ancien métier de commerciale m’a amenée à visiter les villages lorrains décrits dans La Fiancée anglaise.

Mon avis

Lorsqu’il avait quatre ans, Robert Forester, un Anglais, a fait une promesse à Adolphe Lamesch. L’ami de sa mère lui avait dit :  « S’il m’arrive quelque chose, tu iras leur dire combien je les aimais. ». Cinquante ans plus tard, Robert va à l’encontre de ce que sa mère lui a imposé. Il se rend en France, dans les Vosges, pour rencontrer la famille de l’homme dont il n’a jamais oublié le souvenir et qui a disparu en mer, lors du naufrage du torpilleur français, La Combattante, en 1945. La mère du marin a toujours espéré son retour.

De suivre les traces d’Adolphe réveille en Robert le besoin de connaître ses propres racines et son histoire familiale. Sa mère, Allyson, ne lui parle jamais de son père, Edwin, mort au combat.

La démarche de Robert est courageuse : sa mère refuse catégoriquement qu’il l’entreprenne et certains membres de la famille Lamesh ne l’accueillent pas chaleureusement, au contraire, l’entrevue est remplie de réserve et de méfiance. Robert est déchiré entre les différentes promesses qu’il a faites : celle à Adolphe qui nécessite la rencontre des Lorrains et celle à sa mère, qui l’interdit. L’attitude d’Allyson est assez incompréhensible et agaçante. Mais lorsque ses secrets sont révélés, sa démarche est bouleversante. Cette femme a énormément souffert des non-dits qui ont guidé sa vie.

Dans La Fiancée anglaise, Gilles Laporte rend hommage aux combattants qui ont été les premiers à rejoindre le général de Gaulle. Adolphe a participé à tous les combats et à travers son histoire, j’ai découvert des passages de l’Histoire méconnus, au sujet de certaines batailles. Adolphe n’est pas le personnage le plus présent dans le livre, en nombre de chapitres, mais c’est lui qui en est l’essence. J’ai été très émue par son parcours et son héroïsme. Il est aussi celui qui relie les protagonistes.

En effet, Gilles Laporte relate aussi les événements que la population a vécu, sous l’Occupation, il décrit le courage dans les campagnes, la rudesse de la vie, mais aussi la sensation de douceur du foyer de la famille Lamesch, autour de Berthe, la mère si attentive au bonheur de ses proches, prête à tout pour leur sécurité. Il y a aussi Clément, son gendre, qui a vécu l’humiliation de déposer les armes lorsque Pétain a signé l’armistice de 1940, et qui gardera de graves séquelles physiques, après s’être évadé d’un camp. Louise, la femme de Clément, a pris tous les risques pour le rejoindre. J’ai été très émue par une femme, qui a eu une place importante dans leur vie : Madame Nourrisson. Elle avait des valeurs très belles et a beaucoup fait pour le jeune couple.

Conclusion

La Fiancée anglaise est un roman qui contient énormément d’émotion et d’authenticité. Les vies des membres des familles Lamesh et Forrester sont remplies de secrets poignants. La quête de vérité de Robert est bouleversante. L’auteur décrit les situations épouvantables, pendant l’Occupation, les actes héroïques des soldats, mais aussi du quotidien. Il montre de quelle manière un secret peut devenir une intrigue familiale sur plusieurs générations et que, quand on connaît toute l’histoire, les événements prennent une autre dimension.

Enfin, les notes de l’auteur, à la fin du livre, sont une déflagration émotionnelle.

J’avais beaucoup aimé Les roses du Montfort de Gilles Laporte et j’ai eu un méga coup de cœur pour La Fiancée anglaise.

Je remercie sincèrement Clarisse des Éditions Presses de la Cité pour ce service presse.

Du même auteur

Les roses du Montfort

2 commentaires

  1. Quelle surprise ! Quelle émotion ! Quel cadeau ! Merci à vous, du fond du cœur, chère K., Merci à VALMYVOYOULIT.COM, pour cette analyse très fouillée de mon roman « La Fiancée anglaise » et vos touchantes impressions de lecture. Bouleversé ! Paisible et lumineuse année 2020 à vous et à tous vos proches. Très cordialement.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci à vous, cher Gilles.
      Votre roman m’a beaucoup touchée. Le plus dur était de ne pas dire tout ce qui m’avait bouleversée pour ne pas dévoiler l’intrigue, j’ai ressenti tellement d’émotions.
      Je vous souhaite de très belles fêtes de fin d’année, que 2020 vous apporte ce que vous souhaitez, à vous et à vos proches.
      Bien à vous.

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