Borgo Sud, Donnatella Di Pietrantonio

Borgo Sud

Donnatella Di Pietrantonio

Editions Albin Michel

Quatrième de couverture

Adriana est comme un torrent, elle surgit toujours dans la vie de sa sœur avec la puissance d’une révélation, attisant la nuit des souvenirs. Elles ont été des enfants rebelles et complices, unies par le manque d’amour d’une mère aujourd’hui sur le déclin. Elles sont désormais des femmes, éloignées l’une de l’autre, lourdes d’un héritage de non-dits. Et pour qui ignore le langage de l’affection, il est difficile d’ouvrir son cœur. 

C’est à Borgo Sud, le quartier des pêcheurs de Pescara, ville des Abruzzes où les hommes forment une seule et même famille autour de la mer, que les deux sœurs parviendront peut-être à réparer le passé.

Après La Revenue, couronné par le prestigieux prix Campiello, la grande romancière italienne Donatella Di Pietrantonio poursuit une œuvre subtile et profonde sur le temps et le mystère des sentiments.

Mon avis

Il y a quelque temps, j’ai lu Celle qui est revenue, dans lequel la narratrice racontait le déchirement qu’elle a subi, à treize ans, et sa difficulté à trouver sa place. Elle a été arrachée, brutalement, à la famille qui l’a élevée, pour être « rendue » à ses parents biologiques. Elle est passée d’un milieu aisé à un univers ouvrier, d’un foyer tendre à une maison sans gestes d’affection, etc. Seule sa sœur Adriana lui a ouvert, spontanément, son cœur. Borgo Sud est une suite indépendante de Celle qui est revenue, cependant, je vous invite fortement à lire le premier opus. Si vous ne le faites pas, votre compréhension ne sera pas entravée, mais il vous manquera des clés au sujet de la fragilité des deux sœurs, ainsi que des éléments importants de leur vécu qui éclairent les fondements de leur relation et son fonctionnement.

La narratrice, pour des raisons qu’elle détaille dans Borgo Sud, a quitté l’Italie et s’est installée à Grenoble, où elle enseigne. Un jour, son cours est interrompu. Son portable étant éteint, elle a reçu un appel téléphonique urgent au secrétariat. « Faut que tu reviennes ici de suite… » (p. 23). Elle répond qu’elle se mettra en route, le lendemain. Nous ne savons pas de qui émanait cette demande, ni quel est cet événement qui l’angoisse. Nous ne le découvrons qu’à son arrivée à Pescara.

Pendant les préparatifs de son voyage et pendant le périple lui-même, elle revient sur les dernières années. Elle repense à son enfance, à ses liens avec sa sœur et à leur relation tumultueuse, mais terriblement complice, à ses études, à ses parents et à son histoire d’amour. Elle confie, également, ses inquiétudes sur le présent, sans en préciser la nature. Nous en ressentons l’intensité et la gravité sans en percevoir la teneur.

De nombreux rappels sont effectués sur le premier tome, mais ils sont simplement effleurés, ils ne sont pas vraiment énoncés. C’est la raison pour laquelle je pense qu’il est préférable de connaître le passé de la narratrice pour saisir la profondeur des sentiments et des blessures.

J’ai beaucoup aimé ce roman nostalgique et poétique, dans lequel les sentiments se débattent, s’opposent, mais perdurent.

Je remercie sincèrement les Éditions Albin Michel pour ce service presse.

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