L’ombre, Franck Ollivier

L’ombre

Franck Ollivier

Editions Albin Michel

Quatrième de couverture

« Un thriller majeur. Glacé. Implacable. Magistral. » J.C. Grangé

« Il ressentait avec une égale puissance la présence de Dieu et le besoin de tuer. »

Prêtre aux États-Unis, exfiltré à Rome, exilé en Indonésie, Patrick Hollmann a commis une série de meurtres barbares avant d’être arrêté et exécuté. Vingt ans après sa mort, un corps mutilé dans les montagnes de Californie ranime son souvenir. Est-ce une émule ou plutôt un disciple qui a commis cet acte atroce ?

L’Agent Spécial Michelle Ventura se tourne vers Nicholas Foster, célèbre écrivain et profiler devenu consultant du FBI. Fasciné par Hollmann, il s’est nourri de la pensée du prêtre pour disséquer la mécanique du crime. 

Mais jusqu’à quel point ?

Entre horreur et sublime, Franck Ollivier, scénariste français rompu aux méthodes américaines, explore la fascination pour le mal dans un thriller remarquable.

Mon avis

L’agent spéciale Michelle Ventura se rend à San Bernardino, en Californie, où un corps a été retrouvé. Elle est accompagnée de Nicholas Foster, un célèbre écrivain, devenu consultant pour le FBI, après avoir malmené l’institution dans ses écrits. Pour certains policiers, il est un ennemi. Son deuxième livre, Victime Numéro un, critiquait avec véhémence, les méthodes du FBI. Il reprochait aux agents de se réjouir d’arrêter un criminel au palmarès effarant, plutôt que d’« identifier un potentiel tueur en série dès sa Victime Numéro 1 et prévenir ses futurs crimes » (p. 22). Cet ouvrage a créé la polémique et a éveillé l’intérêt pour son livre précédent, plus personnel, qui révélait son statut de victime. Les suivants ont été des succès.

Michelle et Nicholas s’approchent du corps dont la position évoque la torture. « Ce corps avait été une femme. Il n’était plus qu’un cri. » (p. 11) L’autopsie confirme leurs soupçons : le crime porte la signature de Patrick Hollmann, un prêtre qui a tué de nombreuses femmes, dans plusieurs pays, avant d’être arrêté. Il est l’un des derniers détenus de l’Illinois à avoir été exécuté. C’était il y a quinze ans. Les deux livres que Nicholas Foster lui a consacrés ont contribué à sa notoriété. Il a disséqué la pensée du tueur et a construit ses techniques d’investigation en étudiant son profil et son parcours ; il s’est approché au plus près du mal, en le rencontrant, régulièrement, dans le couloir de la mort, il était même présent lors de l’injection létale. Il devine que le meurtre de San Bernardino est un message à son intention.

Le récit alterne entre l’enquête contemporaine et l’itinéraire meurtrier de Patrick Hollmann. Il oscille entre la personnalité du tueur et celle de celui qui l’étudie. « Laisse entrer le monstre dans ma tête ». (p. 31) Foster explore sa propre part maudite, il entre en résonance avec le crime, il explore la partie de son cerveau qui pourrait interférer avec celle de l’assassin. Ses échanges avec le prêtre lui ont révélé que le bien et le mal se mélangeaient. Son analyse montre la perméabilité de la frontière entre les deux notions. C’est fascinant et effrayant. Nous nous retrouvons à étudier chaque mot, chaque acte, à douter de notre compassion et de nos perceptions. Nous comprenons pour quelles raisons, les proies du tueur lui ont fait confiance. Deux hommes existaient en lui, mais ils n’étaient pas distincts. « La lumière était dans les ténèbres et inversement. » (p. 85)

La personnalité fascinante et ambiguë de l’homme d’église a-t-elle donné naissance à des émulations ? Quel est le message de ce crime imité et des évènements qui s’ensuivent ? L’ombre est émaillé de nombreux rebondissements, qui concernent le passé et le présent. Des phrases glissées, subrepticement, renversent le sens des chapitres précédents. Notre confiance est mise à mal, notre empathie est malmenée et notre cerveau est en fusion. Des informations surprenantes nous sidèrent, en raison de leur fulgurance, et, pourtant, s’insèrent, parfaitement, dans l’intrigue. Les twists sont multiples et bluffants. Je les ai savourés avec délectation. J’ai été amusée de constater que mes sentiments passaient d’un extrême à l’autre. J’ai, aussi, été hypnotisée par le dénouement, qui contient plusieurs éléments imprévisibles et stupéfiants. J’ai adoré L’ombre.

Je remercie sincèrement les Éditions Albin Michel pour ce service presse.

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