La Ferme des Engoulevents – Esther et Maïté, Maurice de Kervénoaël

La Ferme des Engoulevents – Esther et Maïté

Maurice de Kervénoaël

Editions de l’Archipel

Quatrième de couverture

Dans le troisième et dernier volet de cette trilogie, Maurice de Kervénoaël conte les aventures de trois amies alors que la Seconde Guerre mondiale s’achève… avec ses bonheurs et ses incertitudes.

Tandis qu’Esther parvient à gagner Londres pour s’engager auprès des forces alliées, les derniers mois de l’Occupation allemande en Bretagne sont difficiles à vivre pour Lilibeth et Maïté. Les ultimes parachutages anglais et les sabotages de la Résistance rendent l’occupant très agressif.


Du côté français, les règlements de comptes, les exactions des « résistants de la dernière heure » viennent ternir la Libération, amenant les deux femmes à regagner rapidement la capitale.


L’après-guerre se révèle aussi chaotique : tout est à reconstruire.


Lilibeth obtiendra-t-elle enfin des nouvelles de son mari et de ses enfants, restés au Maroc pendant deux longues années de séparation ? Pourront-ils reprendre le cours de leur vie ?

Mon avis

Esther et Maïté est le troisième tome de la trilogie La ferme des Engoulevents. Dans le premier, Lilibeth (mon avis est ICI), nous faisions la connaissance de quatre femmes : Lilibeth, Maïté, Cécile et Esther. Il se déroulait de l’été 1939 à novembre 1942. Le deuxième, Diane (mon avis est ICI), concernait la période de novembre 1942 à mai 1944. Esther et Maïté s’étire de 1944 à 1962. Il commence le 6 juin 1944, le jour du Débarquement.

Esther et Daniel ont rejoint Londres ; Lilibeth et Maïté résident toujours aux Engoulevents. Ces dernières sont inquiètes. Le pays est à feu et à sang : les Allemands, se sentant acculés, multiplient les arrestations et les exécutions ; des Français, Résistants de la dernière heure, mènent des campagnes d’épuration. Lilibeth sait que sa situation est périlleuse : elle continue, clandestinement, d’aider la Résistance, mais son statut social attire l’attention de ceux qui profitent du chaos pour se donner une image de héros. Elle tremble, mais, avec courage, elle perpétue sa mission.

Le début décrit le destin d’Esther ; Maïté est aux côtés de son amie, Lilibeth. C’est, cependant, cette dernière, le personnage principal. Depuis 1942, elle n’a pas vu sa famille, réfugiée au Maroc, et n’a pas eu de nouvelles. Elle était revenue en France pour prendre soin de sa mère et l’invasion, par Hitler, de la zone Sud de la France, l’avait empêchée de retourner à Casablanca. Ses enfants lui manquent, mais elle s’interroge sur sa future vie conjugale. Son époux, Hubert (s’il est toujours vivant), supportera-t-il le changement de sa personnalité ? Ses actions, pour libérer la France, l’ont transformée. Elle est devenue indépendante et son caractère s’est affirmé. Son mari l’aime-t-il toujours ? Et elle, quels sont ses sentiments ? Le lecteur, lui, connaît certaines réponses, puisque le récit alterne entre la France, l’Angleterre et le Maroc.

A travers le vécu de Lilibeth et de ses amies, Maurice de Kervénoaël dépeint la fin de la guerre et la Libération. Il montre l’opportunisme des « Résistants du mois d’août », qui ont profité du recul des nazis pour accomplir des vengeances et régler des comptes. Il raconte les exactions du côté allemand et français, ainsi que la douleur des endeuillés, pour qui la participation à la liesse ne peut être totale. Il rappelle que la Libération s’est effectuée par étapes et qu’elle a, elle aussi, donné naissance à des dérives. Les épreuves de nos héroïnes m’ont, énormément, touchée.

J’ai été émue par les peurs et les inquiétudes de Lilibeth. Elle est très lucide sur les évènements. Elle perçoit que l’après-guerre est dangereuse pour ses proches et pour elle-même, malgré le courage dont elle a fait preuve. Ses actes ne la protègent pas, puisqu’elle a œuvré secrètement. J’ai aimé son évolution : elle analyse, parfaitement, les changements opérés en elle. Elle ne renie pas le passé, mais elle assume le présent et se projette dans l’avenir. De plus, elle ne juge pas sur les apparences. Elle tend la main aux plus fragiles, même quand elle n’approuve pas leurs choix. Elle considère les faits dans leur ensemble. Son empathie, très développée, ne s’oppose pas à sa raison : elle change son regard.

J’ai eu un coup de cœur pour la trilogie de La Ferme des Engoulevents. Elle réunit des femmes aux tempéraments et aux convictions différentes, liées par une même passion : la peinture. Les épreuves ont renforcé leur amitié et elles se sont entraidées. Ce sont des femmes courageuses, loyales, engagées et audacieuses. Elles se révèlent dans les épreuves et elles sont admirables. Leurs destins s’inscrivent dans l’Histoire. L’auteur rend un magnifique hommage au courage des femmes qui ont appuyé la Résistance et dont la bravoure a, souvent, été oubliée.

Je remercie sincèrement Mylène des Éditions de l’Archipel pour ce service presse.

Du même auteur

La Ferme des Engoulevents – Diane

La ferme des Engoulevents – Lilibeth

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