L’Enfant du Carladès, Serge Camaille

L’Enfant du Carladès

Serge Camaille

Editions de Borée

Collection Terre de Poche

Quatrième de couverture

Tous les jours, René passe devant la boutique de Maxime. Tous les jours, il hésite. Aujourd’hui, il se décide à entrer et à faire appel aux services de l’écrivain public. À quatre-vingt-quinze ans, il souhaite que Maxime l’aide à mettre sur le papier l’histoire de sa vie : son arrière-petite-fille doit savoir d’où elle vient ! Depuis les années 30, la Seconde Guerre mondiale, les années hippies jusqu’à l’époque moderne, la vie n’a pas épargné René et son épouse Irina. Un douloureux récit pour transmettre la sagesse et le bonheur à sa descendance…

Mon avis

Cela fait dix ans que Maxime est écrivain public. Il rédige une dizaine de courriers par jour : missives d’amour, de rupture, courriers administratifs, etc. Cette activité est couplée à son métier de traducteur. Depuis un moment, il songe à l’arrêter. Il a encore cette pensée, ce matin, quand un vieil homme pénètre dans la boutique. René Martin lui demande d’écrire son histoire. Il lui indique, qu’âgé de quatre-vingt-quinze ans, il souhaite « laisser une trace de son passage aux (s)iens avant de partir » (p. 12) et répondre à la question de son arrière-petite-fille au sujet de l’origine de son prénom : Anouchka. Il propose de venir chaque après-midi se raconter. Maxime accepte.

Chaque jour, René se livre ; l’écrivain enregistre et, le lendemain, il lui présente le texte rédigé à partir des confidences de la veille. Par moments, Maxime demande des précisions. Lorsqu’il se projette trop loin, son interlocuteur le prie de patienter : il préfère suivre la chronologie. Aussi, nous aussi, devons attendre la suite du récit. Notre curiosité est aiguisée par ces questions sans réponses. Comme Maxime, nous nous languissons de connaître certaines issues, mais nous apprécions le rythme choisi par René. Celui-ci nous permet de comprendre l’importance de chaque fait et de chaque rencontre, ainsi que leur impact. Nous parcourons sa vie telle qu’il l’a vécue. Les sentiments qu’il exprime correspondent à ceux qu’il a ressentis au moment des évènements. Certains perdurent, d’autres évoluent en fonction de son destin.

René est « né en 1910 à Niervèze, en pays de Carladès » (p. 16). Il a traversé deux guerres : la première lui a pris son père et l’a empêché d’aller à l’école, les évènements qu’il a vécus pendant la deuxième répondent aux interrogations d’Anouchka. Comme il l’a dit, en préambule, son existence contient «des passages exotiques, d’autres dramatiques, et beaucoup emplis d’amour » (p. 14). Le contexte historique est responsable de hasards tragiques, heureux ou surprenants. Il est aussi le fondement des secrets que René n’a jamais racontés à sa famille. Cependant, dans le bonheur ou la peine, René est resté fidèle à ses valeurs et à son cœur. Le jeune homme qu’il a été et le vieillard qu’il est sont attachants.

Lors d’une dédicace, un lecteur a confié certains aspects marquants de sa vie à Serge Camaille. L’écrivain en a tiré quelques pages et a imaginé le reste, donnant naissance à L’Enfant du Carladès, un roman émouvant et poignant, que j’ai adoré.

Je remercie sincèrement Virginie des Éditions de Borée pour ce service presse.

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