Aux quatre vents, Amélie Antoine

Aux quatre vents

Amélie Antoine

Editions XO

Quatrième de couverture

On dit que chaque famille a ses secrets. C’est encore plus vrai en temps de guerre…


1985, Sabran-sur-la-Lys. Un paisible petit village du nord de la France où tout le monde se connaît, depuis toujours. Un petit village où tout se sait. Et où, surtout, rien ne s’oublie.


Après avoir fait l’acquisition du château, un mystérieux personnage achète maison sur maison. De lui, on ne connaît que le nom : Clément de Clercq. Un matin, les villageois découvrent avec effroi que les portes et les fenêtres de toutes ces demeures ont été retirées. Les habitations sont ouvertes aux quatre vents, abandonnées, défigurées.


Bouleversée, une jeune femme, Léa, décide de tout faire pour sauver le village de son enfance. Il lui faudra alors fouiller dans les mémoires jusqu’à plonger au cœur d’un passé qu’aucun habitant n’a envie de revivre…


Aux quatre vents est l’histoire fascinante d’un homme qui, sans même en avoir conscience, se lance dans une quête éperdue d’identité. Car qui est-on quand on ignore d’où l’on vient ? 

Mon avis

« Il n’y a encore pas si longtemps, Sabran-sur-la-Lys était un vrai petit village de carte postale. » (p. 17) Il comptait quatre-cents habitants, un hôtel deux étoiles, une petite place avec des commerces prospères, un château, etc. Mais en 1985, le lieu a changé et a perdu son âme. Peut-être l’a-t-il perdu, il y a fort longtemps et que cela ne se voit que maintenant : de nombreuses maisons sont abandonnées et leurs portes et fenêtres ont été retirées. Elles sont hébétées. Sabran-sur-la-Lys est devenu un village-fantôme.

Lorsqu’en 1983, Clément de Clercq a acheté le château, les habitants étaient pleins d’espoir : il allait rénover le monument et lui rendre son lustre d’autrefois. Or, aucuns travaux n’ont été entrepris. De plus, il a acheté une quarantaine de maisons, qu’il a ensuite éventrées. Personne ne l’a jamais rencontré. Son assistante s’est occupée de toutes les démarches. Le village meurt…

Léa aime ce village, dans lequel elle est revenue vivre, il y a deux ans. Elle le connaît depuis toute petite. Elle est arrivée en 1942, sous l’Occupation allemande. Elle était trop jeune pour se souvenir des évènements qui ont marqué cette période. Cependant, elle sait que c’est grâce au silence des villageois, qu’elle est vivante. Elle explore alors le passé pour tenter de sauver Sabran-sur-la-Lys. Elle découvre l’histoire de Charlotte, une jeune fille éperdue d’amour, de qui plus personne ne prononce plus le nom.

Le récit alterne entre les deux temporalités. Celle de 1985 est empreinte de mystère et de vengeance ; celle des années 1940, d’amour, de douleurs et de secrets. A travers l’histoire de Charlotte, l’ambivalence humaine est explorée. En temps de guerre, des héros perdent leur humanité, des ennemis se révèlent proches, les repères sont perdus, des familles se déchirent et des portes se ferment. Tous ou presque ont cherché à oublier, à effacer les évènements du passé. Les mémoires ne veulent pas être ravivées ; par fierté, par honte, par chagrin ou par revendication. 

Amélie Antoine nous confronte à une introspection douloureuse. Qu’aurions-nous fait ? Nous ne pouvons pas répondre, si nous n’avons pas vécu l’horreur de l’Occupation, mais nous nous interrogeons. Nous essayons de ne pas juger, mais cela devient impossible quand l’humanité et la compassion sont au cœur de l’intrigue. C’est leur absence qui nous remue et nous brise, mais aussi l’inaction. Cependant, l’auteure nous montre, par la voix de Léa, que rien n’est tout blanc ou tout noir. Des personnes sont aussi admirables que révoltantes ; le bien est réalisé par ceux que l’on n’attend pas ; le mal se cache dans des foyers surprenants ; des barres chocolatées sont le symbole de la dualité humaine. Et la question, teintée de peine et de drame, accompagne des évènements antagonistes et revient de manière lancinante : « qu’aurions-nous fait ? ». Mon cœur me souffle une réponse, mais il n’a pas connu la guerre.

J’ai été très émue par ce roman.

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