Sous le ciel de Maralinga, Judy Nunn

Sous le ciel de Maralinga

Judy Nunn

Editions MonPoche

Editions Faubourg Marigny

Quatrième de couverture

Une base anglaise, au milieu de nulle part ; des tests sur les armes atomiques ; une armée de jeunes menée par un homme ambitieux : un cocktail désastreux. Nous sommes à Maralinga, au printemps 1956, terre des Aborigènes depuis 40 000 ans. Mais plus pour très longtemps…


Elizabeth Hoffman, une jeune journaliste anglaise, s’intéresse tout particulièrement à ce programme tenu confidentiel, et pour cause : son fiancé, le lieutenant anglais Daniel Gardiner, vient d’accepter un poste d’un an dans le sud de l’Australie, en échange d’une promotion rapide.
Mais dans ce territoire isolé et violent, infecté par la folie et l’excitation provoquées par les essais nucléaires, qui paraissent une grande avancée à l’époque, les tensions sont fortes, et le drame n’est pas loin…


Une histoire inoubliable, en temps de guerre froide, au fond du désert australien, là où le futur d’une nation est en train de se jouer… au détriment de son peuple.

Mon avis

En 1954, Elizabeth rencontre Daniel Gardiner, lors d’une cérémonie militaire, à Aldershot, en Angleterre. Journaliste pour une rédaction locale, elle couvre l’événement. Le lieutenant Gardiner est le seul qui accepte une interview menée par une femme. Après cette journée, ils deviennent amis, puis amoureux. Peu avant la date prévue de leur mariage, Dan est envoyé en mission, en Australie, à Maralinga, où le gouvernement britannique a installé un site d’essais nucléaires. Il doit partir un an et la jeune fille ne peut pas le suivre, puisque les civils ne sont pas acceptés sur le site.

A Maralinga, Dan partage une chambre avec Pete Mitchell. Ce dernier est un agent de liaison : il est chargé de chasser les Aborigènes de leur terre. Il les respecte et comprend leur dialecte : il est le seul à pouvoir effectuer « le sale boulot du gouvernement ». Les deux fiancés s’échangent des lettres. Ils sont prudents dans leurs écrits, conscients que la censure militaire veille.

En Angleterre, les articles d’Elizabeth rencontrent le succès. Elle les publie sous ses initiales (E. J. Hoffmann), car le public n’est pas encore prêt à reconnaître le talent d’une femme. Elle espère changer les mentalités. Pourtant, lorsqu’elle est informée d’un drame, à Maralinga, elle s’envole pour l’Australie. Elle est déterminée à découvrir la vérité sur les essais atomiques.

J’ai été admirative de l’ambition d’Elizabeth. J’ai aimé sa lutte pour permettre aux femmes journalistes d’écrire sur d’autres sujets que le jardinage ou les mondanités. Elle est maligne et j’ai aimé ses stratagèmes pour faire reconnaître ses qualités d’écriture. Elle évolue dans une société machiste et elle combat cette inégalité avec humour et intelligence. J’ai, particulièrement, aimé le soutien que Dan lui apporte, alors qu’il a reçu une éducation rigide. Forte de ce combat féministe, la jeune journaliste utilise les mêmes moyens pour enquêter sur Maralinga et faire émerger la vérité. Elle est émouvante d’humanisme et de témérité.

Elizabeth et Dan forment un couple très touchant. Ils partagent les mêmes valeurs. Le jeune homme respecte l’ambition de son amoureuse et souhaite, autant qu’elle, que son talent soit reconnu. Tous deux recherchent la vérité et placent la vie humaine au centre de leurs décisions. Ils sont courageux et se battent contre l’injustice. Malgré l’éloignement, leurs sentiments ne faiblissent pas. J’ai été émue par leur amour.

Le récit se déroule durant la guerre froide. La course à l’armement nucléaire efface toute humanité. Judy Nunn décrit les essais et les conséquences pour ceux qui étaient chargés de les effectuer et pour le peuple aborigène, sacrifié dans la course à l’armement. L’histoire d’Elizabeth et Dan est entrecoupée par des passages sur la perception des évènements par les Aborigènes. Ils ne peuvent mettre de mots sur le spectacle sinistre auquel ils assistent et dont ils ne mesurent pas les risques. Ils sont décimés par les gouvernements britannique et australien, dans le plus grand secret. Les militaires de la base, eux-mêmes, ne connaissent pas les dangers des tests auxquels ils sont soumis. Les faits sont glaçants et révoltants. De plus, ils ont une résonance particulière avec les évènements actuels, alors que la menace nucléaire est au cœur des peurs.

Sous le ciel de Maralinga est un roman émouvant sur un scandale méconnu : les tests nucléaires, sur une terre appartenant aux Aborigènes depuis 40 000 ans. Ces derniers ont été chassés et victimes des déchets radioactifs, tout comme les militaires ayant participé à ce projet : mort prématurée, cécité, maladies, etc. « Maralinga fut fermé en 1967 et laissé à l’abandon dans le silence éternel du désert. » (p. 543). Ce livre peint, également, une très belle histoire d’amour. Enfin, il contient une part de féminisme que j’ai beaucoup appréciée.

J’ai adoré Sous le ciel de Maralinga.

Je remercie sincèrement Virginie des Éditions MonPoche pour ce service presse.

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