Elle s’appelait Anne Frank, Miep Gies

Elle s’appelait Anne Frank
Miep Gies
Editions Calmann-Lévy
Traduction de Anne Damour

Quatrième de couverture

« Je n’ai rien d’héroïque. Je ne suis que le maillon final de la longue, très longue chaîne de braves Hollandais qui ont fait ce que j’ai fait. »

Pendant deux ans, Miep Gies a aidé Anne Frank et sa famille à se cacher des nazis dans un immeuble d’Amsterdam. C’est également grâce à elle que le journal d’Anne est parvenu jusqu’à nous, puisqu’elle l’a conservé et caché après l’arrestation de la jeune fille, avant de le remettre à son père, Otto Frank.

Dans ce témoignage historique émouvant, elle raconte comment, avec quelques autres, elle a permis à la famille Frank de survivre pendant sa clandestinité. Elle évoque aussi, toujours avec pudeur, le quotidien d’une résistante lors de l’occupation allemande avec ses doutes, ses craintes et ses rêves, et sa participation au devoir de mémoire une fois la guerre terminée. Un document poignant à la valeur inestimable.

Mon avis

« Plus de vingt mille Hollandais ont caché des Juifs et bien d’autres, obligés alors de se terrer. J’ai fait de mon mieux pour les aider. Mon mari aussi. Ce ne fut pas assez. » (p. 11)

Hermine est née à Vienne, en Autriche, en 1909. Affaiblie par les restrictions alimentaires, pendant la Première Guerre, elle a été envoyée aux Pays-Bas, bénéficiant d’un programme destiné à aider les enfants sous-alimentés. C’était en décembre 1920. Sa famille adoptive l’a surnommée Miep. La Hollande est devenue sa patrie.

En 1933, elle a postulé à un emploi dans une société spécialisée dans les produits alimentaires. Son nouveau patron était allemand et s’était réfugié en Hollande pour fuir la politique antisémite d’Hitler. Il s’appelait Otto Frank et sa famille le rejoindrait bientôt : son épouse, Edith et ses deux filles : Anne et Margot.

Le 10 mai 1940, Hitler a envahi la Hollande. Pendant tout l’été 1941, les mesures antijuives se sont multipliées et au printemps 1842, un arrêt imposa le port de l’étoile jaune. Un matin, Otto Frank a annoncé à sa fidèle employée que lui et sa famille allaient entrer dans la clandestinité et s’installer dans les pièces inoccupées de son entreprise.

Pendant deux ans, Miep et son époux, appuyés par d’autres personnes, ont permis aux Frank, aux Van Pelse et au Dr Pfeffer de survivre, jusqu’à ce jour tragique de leur arrestation. C’est, également, Miep qui a empêché le journal d’Anne de se retrouver entre les mains des nazis. Elle l’a remis à Otto, après son retour des camps, quand il a appris la mort de ses filles.

Dans Elle s’appelait Anne Frank, Miep Gies décrit ses liens avec la famille Frank, de 1933 jusqu’à la mort d’Otto Frank. Elle relate, avec pudeur et sensibilité, ses visites dans l’Annexe, que Anne attendait avec impatience. Elle explique les difficultés pour nourrir ses protégés. Elle raconte les journées de ces derniers, dans la clandestinité, attentifs à ne faire aucun bruit la journée, les conditions difficiles de leur enfermement, leur peur lorsque les bureaux ont été cambriolés ou lors des bombardements. Elle transmet l’angoisse qui ne les quittait pas : celle d’être découverts. Elle confie, aussi, le secret dont Anne entourait son journal et que tous respectaient.

Cela fait trente ans que j’ai lu Le journal d’Anne Frank et en lisant le témoignage de Miep Gies, je me suis aperçue que je n’avais rien oublié. Même des faits qui ne sont pas évoqués dans Elle s’appelait Anne Frank sont remontés à ma mémoire. Certains évènements m’étaient inconnus et d’autres ont été éclairés par le récit de cette femme, incroyablement courageuse, dont l’une des grandes peurs était de tomber malade et de ne pouvoir aider ses protégés. La première phrase de son livre est : « Je n’ai rien d’héroïque ». Pourtant, ses actes l’ont été. J’ai été bouleversée par son abnégation, par les risques que son mari et elle, n’ont pas hésité à prendre pour sauver leurs amis et d’autres personnes. Alors que nous connaissons le destin tragique des habitants de l’Annexe, je n’ai pu m’empêcher de pleurer lorsque Miep Gies revient sur les évènements du 4 août 1944 ; ce jour funeste où elle a vu ses huit protégés être emmenés par les nazis. Ce document est d’une valeur historique et humaine inestimable. J’ai été ébranlée par ce témoignage et emplie d’admiration envers son auteure.

Je remercie sincèrement Doriane des Éditions Calmann-Lévy pour ce service presse bouleversant.

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