Appelez-moi César, Boris Marme

Appelez-moi César
Boris Marme
Editions Plon

Quatrième de couverture

Appelez-moi César est un roman initiatique. L’histoire d’une bande de garçons partis marcher en montagne au cours de l’été 1994 et qui, de conneries en jeux de pouvoir, vont glisser peu à peu dans une spirale tragique. Pour comprendre leur groupe, il faut s’y immerger, sentir son souffle de liberté, partager sa bêtise joyeuse, se laisser happer par sa mécanique cruelle.

Vingt-cinq ans après les faits, Étienne, le narrateur, exprime le besoin absolu de dire la vérité, au-delà de la version officielle, sur ce qu’il s’est passé durant cette nuit terrible au cours de laquelle l’un des gars a disparu dans un ravin. Écrire devient alors pour lui un moyen d’exister à nouveau en dehors du mensonge et du secret. Il entend ainsi redonner à chacun la place qui lui revient, pour mieux reprendre la sienne. Il lui faut pour cela reconstituer chacune des journées qui ont précédé l’accident, car la vérité n’est pas si évidente, elle a plusieurs visages. Pour comprendre, il faut plonger dans le groupe, sentir son souffle de liberté, partager sa bêtise joyeuse, se laisser happer par sa mécanique cruelle.

Étienne raconte son histoire, celle de ce gamin de quinze ans, venu de sa banlieue aisée, et qui, jeté dans l’arène de l’adolescence débridée, fasciné par la figure insaisissable et dangereusement solaire du leader Jessy, a brisé les carcans de son éducation pour devenir un autre, et tenté, au gré des épreuves et des expériences émancipatrices de rivaliser avec les autres pour s’emparer du titre de César.

Mon avis

Pendant vingt-cinq ans, la mère d’Etienne n’a rien dit, elle n’a pas posé de question. Mais peu de temps avant de mourir, elle a prononcé ces mots surprenants : « Qui es-tu devenu, Étienne ? ». Elle avait compris que pendant plus de deux décennies, son fils ne lui avait pas tout dit. Il n’a pas menti, mais il a omis des détails. A quarante ans, il perçoit que les mots qu’il a gardés en lui, le silence dont il s’est entouré, l’ont empêché d’exister. S’il avait crié que César, c’était lui, il aurait été quelqu’un, mais il l’a juste murmuré. Il sent que le moment est venu de raconter cette aventure « magnifique et terrible à la fois ». Pour se libérer, pour exister, pour reprendre sa place et pour posséder le titre de César.

Juillet 1994. Toute la famille conduit Étienne à la Gare de Lyon. Il a quinze ans et sa mère l’a inscrit à une colo, organisée par la paroisse du Grandin. Si l’adolescent se réjouit de quitter, pendant trois semaines, le cocon familial et de faire du camping sauvage, dans les montagnes, il appréhende la rencontre avec les autres garçons. En effet, ils viennent tous d’une banlieue parisienne, alors que lui habite un quartier aisé : le Quersigny. Sa mère est parvenue à lui transmettre ses angoisses. Les premiers moments sont importants, il ne doit pas montrer qu’il n’appartient pas au groupe. Au départ, il calque ses attitudes sur celles des autres. Dès le premier jour, il est fasciné par le fameux Jessy, que tout le groupe attendait ; en retard, évidemment. Étienne admire sa confiance en lui, sa nonchalance, son regard ténébreux et charmeur, son tatouage et sa présence charismatique qui l’impose comme leader.

Auprès de cette jeunesse cabossée, Étienne vit des moments merveilleux de cohésion masculine et de défis en défis, il expérimente la vie : premières cigarettes, larcins, premières amours, bagarres, discussions pour refaire le monde, règles enfreintes, rébellion envers l’autorité, etc. Il s’affirme, entraîné par l’effet de groupe. Un camp banal, au premier abord, mais hélas, les ados vont toujours plus loin, pour devenir le César du groupe, pour être celui qui aura relevé le défi le plus indécent ou le plus incroyable. Le prologue nous l’annonce : l’issue est tragique.

Pourtant, avant le drame, je me sentais bien auprès de ces adolescents en recherche d’identité. Leurs musiques me renvoyaient à des souvenirs, leurs interrogations sur le monde résonnaient avec mon adolescence, leurs paris idiots me rappelaient mes camarades masculins de l’époque. Je plaignais les boucs émissaires, je tremblais lorsque les bêtises étaient grandes, ma raison adulte se disputait à ma fascination adolescente. J’étais envoûtée par l’amitié virile, subjuguée par le souffle de liberté, inquiète du franchissement des limites. Ces semaines qui auraient dû être, pour Étienne, un souvenir nostalgique, celui de l’émancipation, se sont transformées en carcan.

En lisant la quatrième de couverture, je ne savais pas à quoi m’attendre avec cette lecture. La superbe chronique de La Bibliothèque de Reb a attisé ma curiosité et m’a donné envie de lire très vite ce magnifique roman. Je la remercie.

J’ai eu un coup de cœur pour ce roman initiatique à l’atmosphère ensorcelante. J’ai partagé les troubles d’Etienne, j’ai compris ses atermoiements d’ado qui se cherche, j’ai compati à ses gênes, j’ai été emportée par ses rires de gamin, puis j’ai été foudroyée par ce qui n’aurait jamais dû arriver sans un enchaînement tragique de circonstances.

Je remercie sincèrement Constance des Éditions Plon pour ce service presse.

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