L’Ivresse du vent, Véronique Chauvy

L’Ivresse du vent
Véronique Chauvy
Editions de Borée
Collection Terres d’écriture

Quatrième de couverture

1905 : la sixième édition de la coupe Gordon Bennett, du nom du célèbre homme de presse américain, se prépare. L’Automobile Club de France a choisi pour cadre Clermont-Ferrand et son «circuit de la mort». Début juillet, dix-huit pilotes, de six nationalités différentes, s’affronteront le long des 549 km du circuit. Alors que se dévoile en filigrane une rivalité franco-allemande à travers coureurs (Léon Théry vs Camille Jenatzy ) et constructeurs (Richard-Brasier vs Mercedes), l’enthousiasme et la curiosité suscités par l’événement prévalent. Ainsi, hommes, femmes et enfants se pressent pour assister à la course et admirer les bolides. Il faut dire qu’à l’époque, rares sont les privilégiés à posséder une automobile. Gabrielle, jeune femme audacieuse et émancipée, a cette chance et compte bien faire sa place parmi les hommes. Autour d’elle, d’autres femmes de tous âges et d’horizons divers, sont bien décidées à s’affirmer elles aussi, en cette période de progrès et d’évolution.

Mon avis

Le 28 décembre 1904, la commission sportive de l’Automobile Club de France se réunit pour préparer la sixième édition de la coupe Gordon Bennett. Parmi les décisions très attendues, figure la localisation géographique du circuit. « La Gordon-Benett 1905, qui assurerait le triomphe d’un sportif, le succès d’un constructeur et le prestige d’une nation sur ses concurrentes, allait se disputer sur le tracé aux courbés rudes de la volcanique Auvergne. » (p. 10) Cette course, qui se déroulera début juillet et opposera des coureurs de six nationalités différentes, a un arrière-goût de revanche pour l’Allemagne et la France.

Edmond Duplantier, représentant de l’Automobile Club de France, est chargé de reconnaître le circuit. Tous les mois, il effectue des repérages : il doit vérifier la signalisation, indiquer les zones dangereuses, recommander des hôtels et des restaurants. Il gère, également, les relations avec les habitants. En effet, si certains se réjouissent d’assister aux festivités et de pouvoir approcher les bolides, d’autres se plaignent des dommages : poules écrasées, routes entravées, etc.

Trois femmes attendent, impatiemment, la course. Hélène, une infirmière, rêve de pouvoir conduire une voiture. A cette époque, rares sont les personnes à en posséder et les femmes ne sont souvent que passagères. Gabrielle est une des rares femmes à posséder la sienne. Elle se bat pour que la course ne soit pas réservée qu’aux hommes. Pour cela, elle entraîne avec elle, Sabine, une mécanicienne qu’elle a rencontrée, par hasard. Ces trois figures féminines sont les véritables héroïnes de l’histoire.

Alors que les courses automobiles ne me passionnent pas, le nom de l’auteure m’a donné envie de lire ce roman. Je pressentais que Véronique Chauvy saurait me captiver. Je ne me suis pas trompée. En effet, L’Ivresse du vent s’intéresse à l’aspect humain des faits et au contexte sociétal. La coupe Gordon-Bennett est décrite, essentiellement, par les voix féminines. Aussi, nous ressentons cette envie d’égalité, qui ne se limite pas à la course. L’enjeu s’étend dans la sphère privée et publique. Les femmes mènent un combat sur les routes et en dehors. J’ai aimé aussi que les ressentis soient variés : les enfants sont fascinés par les bolides, les restaurateurs et les hôteliers se réjouissent de la fréquentation de leurs établissements, des jeunes filles connaissent leurs premiers émois, les éleveurs s’inquiètent pour leurs animaux, les riverains déplorent les modifications de leurs habitudes, etc. Le récit de la course ne se limite pas au circuit, l’auteure s’attache à montrer toutes les conséquences, des plus amusantes aux plus dramatiques. Les idylles amoureuses apportent un souffle romanesque à l’histoire, mais montrent que le respect et l’égalité ne se conquièrent pas que par les lois, mais aussi dans l’intimité. Enfin, j’ai apprécié que les personnages fictifs et réels se mêlent dans ce roman décoiffant.

J’ai adoré L’Ivresse du vent et je remercie sincèrement Virginie des Éditions de Borée pour ce service presse dédicacé.

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