Et Dieue créa le sexe, Thomas Piet

Et Dieue créa le sexe
Thomas Piet
Editions Kiwi

Quatrième de couverture

À première vue, Rose et Tao forment un couple idéal : une jolie rencontre, beaucoup d’amour et une sexualité passionnée. Pourtant, après quelques années de vie commune, Rose ne se sent plus épanouie et, sous la pression de plus en plus pesante de son petit ami, voit sa vie sexuelle se transformer en fardeau. Après une dispute à ce sujet, le couple découvre une étrange lettre sur le pas de leur porte. L’expéditrice, drôle et militante, se présente comme n’étant autre que Dieue en personne… avec un « e » final car, d’après elle, Dieue est une femme.
Un véritable dialogue se met en place entre le couple et leur correspondante, qui les aide à retrouver une sexualité et une relation plus justes et épanouissantes. Entre apprentissages et remises en question, Rose et Tao se lancent dans un riche voyage intérieur. Mais il n’est pas aisé de déconstruire tout ce que l’on croyait savoir : parviendront-ils à se retrouver et à réinventer leur sexualité en dehors de la pression et des carcans d’une société sexiste ?

Mon avis

Depuis quatre ans, Rose et Tao forment un couple idéal. Ils aiment raconter leur rencontre, un soir de pluie, ils agrémentent leur récit d’une multitude de détails romantiques. Un soir, Tao demande à Rose : « tu as envie ? » Même si la jeune femme n’éprouve pas de désir, elle se laisse convaincre par l’insistance passionnée de son amoureux. Après leurs ébats, une dispute éclate. Le jeune homme dit à sa partenaire que, depuis six mois, elle fait la tête à chaque fois qu’ils font l’amour. Sous la douche, Rose réalise qu’elle n’est pas épanouie, que, pour elle, les relations sexuelles sont devenues une pression. « S’il y a un Dieu sur Terre, même si, sans vouloir vous vexer, j’en doute fort, dites-moi ce qui ne va pas chez moi. » (p. 18)

Le lendemain, un dimanche, sur le pas de leur porte, ils découvrent une lettre ornée de nombreux timbres. L’expéditeur est Dieue, le « e » final est important, car elle précise qu’elle est une femme, contrairement aux croyances de la société patriarcale. Elle désire leur parler d’une de ses plus belles créations, mais aussi la plus incomprise : la sexualité. Elle leur indique qu’ils recevront plusieurs missives, espacées dans le temps, pour leur permettre d’assimiler le contenu. Alors que Tao pense à une blague, Rose lui confie que le message de Dieue semble être une réponse à ses interrogations de la nuit précédente.

Un dialogue se noue entre les amoureux et Dieue et, au sein du couple, la communication s’épanouit. Les changements sont individuels et tournés vers les autres. Tao et Rose découvrent l’écoute de leurs envies et apprennent à les énoncer. Leur empathie et le respect des sentiments de l’autre se déploient. Cette ouverture se développe entre eux, mais aussi envers leur entourage. En effet, même si le point de départ est la sexualité, les prises de conscience s’appliquent dans tous les domaines. Tao et Rose découvrent l’écoute de leurs envies et apprennent à les énoncer.

Rose comprend qu’elle adapte son attitude à ce que la société exige d’elle et Tao réalise que ses demandes ont obligé sa partenaire à des actes non désirés. J’ai été impressionnée par le fait que Thomas Piet connaisse à ce point les femmes, même mieux que nous nous connaissons nous-mêmes. Il exprime ce que nous n’avons pas conscience de ressentir, ce que nous ne nous sommes jamais autorisées à conceptualiser. J’ai été touchée et remuée par ce que les émotions de la jeune femme évoquaient en moi, sans que je ne me sois jamais autorisée à le penser avec des mots. Tao m’a, lui aussi, attendrie. Il montre que les hommes subissent, eux aussi, une pression, qu’elle soit explicite ou non. Grâce à Dieue, mais aussi grâce à l’écoute de Rose, il ose, enfin, livrer ses doutes et ses appréhensions. J’ai été émue par son envie de changer et par ses prises de conscience au sujet des agressions quotidiennes que subissent les femmes et qui sont, trop souvent, minimisées.

Enfin, j’ai adoré le ton de ce roman, qui traite avec humour et tendresse des sujets sérieux et essentiels. En tant que femme, je me suis sentie respectée et entendue. J’ai eu un coup de cœur pour Et Dieue créa le sexe qui, j’en suis certaine, a commencé à produire des changements en moi, tout en m’amusant et en m’émouvant.

Je remercie sincèrement Céline des Éditions Kiwi pour ce service presse.

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2 commentaires

    1. Si on prend le mot « feel-good » dans le sens qu’il fait du bien, on peut le qualifier aussi. Ce roman est touchant, en raison de la réflexion qu’il provoque en nous. Il fait prendre conscience de ce que nous acceptons, sans même oser se dire que cela nous dérange.

      Aimé par 1 personne

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