Il faut beaucoup aimer les gens, Solène Bakowski

Il faut beaucoup aimer les gens
Solène Bakowski
Editions Plon

Quatrième de couverture

À quoi tient la vie ? À nos liens invisibles.
Nous, inconnus, sommes raccordés sans le savoir.
Nos existences se percutent en silence.

Après un séjour en prison, Eddy Alune, 31 ans, est devenu veilleur de nuit, un métier qui lui permet d’échapper aux gens et aux ennuis. Il vient de perdre son père. En vidant l’appartement de son enfance, il retrouve des effets personnels qu’il a volés, vingt ans plus tôt, à proximité d’une SDF morte dans la rue. Poussé par la culpabilité, il décide de rendre à cette femme l’histoire qui lui a été confisquée.
Une enquête commence, dans laquelle Eddy se lance magnétophone à la main, pour ne rien oublier. De rencontre en rencontre surgissent plus que des souvenirs. Des liens nouveaux se tissent et la mémoire, ravivée par Eddy, va bouleverser bien des vies.

Il faut beaucoup aimer les gens trace le parcours d’un homme ordinaire qui, voulant réparer ses fautes, se trouve réparé par les autres. Ce roman pudique et profondément humain dessine les contours extraordinaires des visages qui font notre quotidien.

Mon avis

Eddy est veilleur de nuit. Son métier correspond à son besoin de solitude et lui permet d’écouter « La nuit de Luciole », une émission qu’il a découverte en prison. Il organise « ses pauses avant 1 heure du matin et pendant les intermèdes musicaux » (p. 20). La voix de l’animatrice l’apaise, il a la sensation qu’elle ne s’adresse qu’à lui. Au printemps 2021, à la fin de son service, il reçoit l’appel qu’il redoutait : son père est mort. De l’appartement de son enfance, il ne conserve qu’un carton de souvenirs. Mais il manque l’essentiel : celui qui se vient hanter ses rêves, celui de la dame morte, en bas de chez lui, il y a vingt ans. Il avait onze ans et elle a été son premier cadavre. C’est lui qui avait appelé la police. Avant son arrivée, il avait subtilisé l’enveloppe que la défunte serrait dans sa main. Deux décennies plus tard, il décide de rendre son passé à celle qui a été enterrée sous X.

Armé du magnétophone de son adolescence, il recherche ceux qui ont rencontré cette inconnue. Au départ, son intention est de soulager sa conscience et de « déporter son chagrin » (p. 27) provoqué par la perte de son père. Il regrette la souffrance qu’il a imposée à ce dernier. Eddy a été un enfant harcelé et les stigmates de sa jeunesse l’ont mené vers la violence. Au début, peu coutumier des interactions sociales, il est maladroit et peu tourné vers ses interlocuteurs. Puis, au fil des échanges, il s’ouvre aux autres et se transforme. Il redonne vie à celle dont l’identité avait été effacée, lors de son décès, mais dont le nom n’avait jamais oublié dans le cœur de ceux qui l’avaient côtoyée. Et il se répare. Des enfants lui redonnent le sourire, un vieil homme lui montre la valeur du grand amour, un autre partage l’importance de la transmission ; auprès d’autres personnes, il découvre le pouvoir de l’abnégation, tous lui apportent la force de devenir lui-même. Quant à lui, à ceux qui ne connaissaient pas les questions, il offre, pourtant, les réponses.

J’ai vécu une expérience surprenante et merveilleuse en lisant Il faut beaucoup aimer les gens. En effet, j’étais tellement plongée dans l’histoire que je me suis surprise à interpeller les personnages, à noter de demander à Solène Bakowski, à l’occasion d’un salon, si l’un avait vraiment dit cela de cette manière ou si l’autre avait agi ainsi. Les personnages me semblaient réels et j’étais éblouie par leur authenticité. Luciole éclaire d’espoir les nuits des solitaires, elle leur apporte l’attention dont ils ont besoin et apaise ceux qui l’écoutent. Son émission m’a rappelé Libre antenne, animée par la douce voix de Caroline Dublanche, que je suivais, il y a de nombreuses années. Eddy, alors qu’il ne l’avait pas envisagé, illumine, de nostalgie et de tendresse, les journées de ceux qui ont aimé Rosa. Ces derniers allument l’étincelle qui manquait dans la vie de leur passeur. Mon cœur s’est embrasé, s’est rempli d’amour et s’est enrobé de magie. Je vivais et je contemplais les sensations qui m’étreignaient, fascinée par la force de mes sentiments.

J’ai eu un immense coup de cœur pour Il faut beaucoup aimer les gens.

Je remercie sincèrement les Éditions Plon pour ce service presse dédicacé.

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