Léonie, Marlène Charine

Léonie
Marlène Charine
Editions Calmann-Lévy
Collection Calmann-Lévy Noir

Quatrième de couverture

UNE JEUNE FILLE SÉQUESTRÉE DANS UNE MAISON, UN FLIC PRISONNIER DE SON PROPRE CORPS, CHACUN EST PEUT-ÊTRE LA CHANCE DE L’AUTRE…

Chaque matin, derrière la lourde porte rouge et sa série de verrous, Léonie attend Raymond. Et ce depuis 5 ans, 11 mois et 30 jours.

Raymond a kidnappé la jeune fille à la sortie d’une soirée, peu avant son bac. Depuis, Léonie vit à l’étage de sa maison, la cheville enserrée dans un bracelet métallique.

Mais ce matin, Raymond s’écroule. Crise cardiaque. Pour Léonie, c’est la panique. Toujours sous l’emprise mentale de Raymond, elle est incapable de sortir. Et si personne ne la croyait ? Et si tout le monde l’avait oubliée ? La voilà dans une maison isolée, seule avec un cadavre. Libre, mais pas libre.

Dans une clinique de la ville voisine, Diane lit à son frère, un excellent flic brisé par un accident de parapente, les dossiers qu’il aurait voulu résoudre, et notamment celui de la disparition de Léonie.

C’est alors qu’un corps est retrouvé dans la forêt…

Mon avis

Sur le canapé, Léonie baille devant la télé allumée et Raymond lit un magazine. Elle annonce qu’elle veut dormir : brossage de dents, pyjama, médicaments, etc. « Ça pourrait être n’importe quel couple. […] Ça pourrait être n’importe quel soir. Seule Léonie sait qu’il s’agit du 2 189e. […] Raymond referme le bracelet métallique autour de sa cheville. » (p. 8) Depuis cinq ans, onze mois et vingt-neuf jours, Léonie est sa prisonnière. Il a enlevé la jeune fille, alors qu’elle quittait une soirée et rentrait seule chez elle.

Le matin du 2190e jour, Raymond dit à sa captive que le lendemain est leur anniversaire : six ans qu’il la retient dans sa maison. Le dernier jour pour lui : il s’écroule, victime d’une crise cardiaque. Cette liberté que Léonie implore depuis soixante-douze mois s’offre à elle. Mais elle est incapable de franchir la porte de la maison : elle panique. Encore sous l’emprise psychologique de son geôlier, elle a peur de l’extérieur. Elle craint de ne pas avoir été attendue et de ne pas être crue. Les chaînes sont incrustées dans son esprit.

Loïc aurait dû enquêter sur la disparition de Léonie. Mais lorsque l’évènement a été signalé, il a eu un accident de parapente. Depuis six ans, il est enfermé dans son corps. Il n’a pas quitté son lit d’hôpital. Sa sœur, Diane, veille sur lui, l’aide à faire des exercices physiques et, pour occuper son esprit, elle lui lit les dossiers des affaires non résolues : celui ouvert au nom de Léonie en fait partie.

Un corps est retrouvé dans la forêt, puis un autre, les morts s’ensuivent. Jonas, en charge de l’enquête et chef de Loïc, découvre un point commun entre les défunts…

Le récit est une alternance de plusieurs voix. Celles-ci nous déplacent d’une scène à l’autre et naviguent d’une temporalité avec l’autre. L’accident de Loïc et la disparition de Léonie se sont produits le même jour, aussi les décomptes ont la même date de départ. Tous deux sont incapables de se libérer de leurs chaînes : pour l’un, elles sont physiques, pour la deuxième, elles sont mentales, mais l’enfermement est insupportable pour les deux. En ce qui concerne Loïc, c’est essentiellement Diane qui décrit les souffrances de son frère ; son dévouement est touchant.

La réaction de Léonie, après la mort de Raymond, m’a surprise. J’imaginais qu’elle fuirait le lieu de son calvaire et s’empresserait de retrouver la vraie vie. J’ai aimé que Marlène Charine montre que l’emprise perdure après la mort du ravisseur et que le retour à la normale est difficile.

Les meurtres en série constituent le suspense de départ. Puis, de nouveaux personnages apparaissent : des vivants et des morts. C’est alors que des révélations troublantes renversent nos déductions. Au départ, ce sont des petits détails, mais leur accumulation est inquiétante.

Léonie est un page-turner difficile à lâcher, même si la fin n’est pas celle que je souhaitais, mais ce n’est pas moi qui choisis.😀

Je remercie sincèrement Doriane des Éditions Calmann-Lévy pour ce service presse.

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