Dans l’enfer du trafic animal, Brigitte Piquet-Pellorce

Dans l’enfer du trafic animal
Brigitte Piquet-Pellorce
Editions Christine Bonneton
Collection Les vérités qui dérangent

Quatrième de couverture

En janvier 1992, Brigitte Piquet-Pellorce accepte la proposition de la présidente de la SPA de rejoindre l’association et d’y créer une cellule anti-trafic afin de lutter, dans un premier temps, contre les vols de chats et de chiens pour les laboratoires, puis pour combattre le trafic des animaux de compagnie.

Des milliers de commerçants animaliers travaillent dans l’illégalité avec la bénédiction, voire la complicité des pouvoirs publics. Des milliers de chiennes sont détenues dans des usines à reproduction, véritables machines à faire des petits, maltraitées et usées par les proxénètes cynophiles. Des milliers de chiots sont arrachés trop jeunes à leur mère, transbahutés sur les routes d’Europe, bourrés d’antibiotiques pour arriver sans trop de casse à destination d’où ils sont vendus, de préférence, à flux tendu. Non socialisés, souvent malades, laissés sans soins, harcelés toute la journée au travers des vitres des animaleries, générant des troubles de comportement de plus en plus fréquents, ils sont perdus dans un monde dont ils n’ont pas les codes. Des milliers de ces animaux engorgent les refuges des associations de protection animale qui sont devenues, malgré elles, le service après-vente de ces marchands de vie.

Brigitte Piquet-Pellorce raconte 23 ans de lutte, de procès, de scandales, et, au-delà, dévoile la face sombre de l’homme.

Mon avis

En juin 1973, Brigitte Piquet-Pellorce a assisté à une scène de maltraitance : un chien attaché hurlait de douleur, alors que sa propriétaire le rouait de coups. Lorsqu’elle a interpellé la femme, celle-ci lui a demandé si elle avait la carte de la SPA. Brigitte Piquet-Pellorce ne l’avait pas, alors elle l’a prise. « Un combat de plus de quarante ans a commencé ce jour-là. » (p. 14) Alors qu’elle était marionnettiste, elle a œuvré, durant cinq ans, pour la protection des animaux en Polynésie française. A partir du 1er janvier 1992, elle a consacré sa vie entière à la cause animale, quand Jacqueline Faucher, alors présidente de la SPA, lui a proposé de travailler à plein temps. Brigitte Piquet-Pellorce a « créé la cellule anti-trafic pour lutter, dans un premier temps, contre les vols de chats et de chiens pour les laboratoires. » (p. 15). Les missions de la cellule se sont étendues, puisque la souffrance animale existe sous de nombreuses formes : élevages, animaleries, trafics de l’étranger, combats de chiens, etc. Pour ne pas se disperser, cette femme dévouée a choisi de combattre le trafic d’animaux de compagnie.

Dans ce récit, chaque chapitre relate un scandale sur lequel elle a enquêté. C’est très dur à lire, c’est la raison pour laquelle j’ai étendu ma lecture sur plusieurs semaines. Cependant, un de mes principes est que celui qui vit l’horreur endure plus que ce que moi je souffre en découvrant les sévices dont il est victime. Brigitte Piquet-Pellorce décrit le parcours du combattant pour défendre les animaux, qui sont si peu reconnus par notre justice laxiste, même si la société commence à évoluer. Nous sommes en période électorale et j’entends peu parler de la maltraitance infantile et animale, ce que je regrette. Ce sont des sujets dont les politiques s’emparent très peu, alors que nous sommes nombreux à y être sensibles. Pourtant, les associations interpellent les candidats. L’auteure explique que de nombreuses procédures sont classées, alors que les faits sont effarants, et celles qui aboutissent se concluent avec des peines invitant à la récidive.

J’ai été choquée par l’attitude des services vétérinaires, qui par leurs rapports scandaleux encouragent la persistance des trafics, absolument effarants : des élevages-usines dans lesquels les chiens n’ont pas d’eau, vivent dehors par toutes les températures ou sont enfermés dans le noir, sans jamais voir le jour, sont battus, etc. apparaissent, dans leurs écrits, comme ne présentant aucun signe de maltraitance. Heureusement que des personnes comme Brigitte Piquet-Pellorce, mais aussi comme les salariés de la cellule, comme les associations et comme les bénévoles et comme des policiers acquis à la cause animale se battent. Hélas, le manque de moyens humains est immense face à la multitude de personnes malfaisantes. Les trafics d’animaux enrichissent… Il peut nous arriver de nous étonner qu’un trafic mette si longtemps à être démantelé. Avec ce livre, nous comprenons que les obstacles sont nombreux lorsqu’il s’agit des animaux.

Le nom de la collection dans laquelle est paru cet ouvrage est : Les vérités qui dérangent. Elles dérangent les institutions et font mal aux amis des animaux. Ces derniers seront meurtris à la lecture et hélas, nous savons que ceux qui les maltraitent, les tuent, les torturent, ne le liront pas. Pourtant, c’est un livre nécessaire pour alerter, mais qui rend, également, un hommage à ceux qui luttent souvent dans l’ombre, pour sauver ces êtres sensibles et pour combattre l’horreur.

Je remercie sincèrement Hélène des Éditions Christine Bonneton pour ce service presse.

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