Vivre ailleurs, Florentine Hennon

Vivre ailleurs

Florentine Hennon

Editions Kiwi

Quatrième de couverture

1988. Marie, adolescente en colère, enrage d’être prisonnière d’une jeunesse banale et ennuyeuse. Fille de boulangers dont elle dénonce le manque d’envergure et de folie, elle rêve de quitter sa ville de province pour vivre de voyages, de rencontres, de frasques et de frissons. Marie voudrait vivre ailleurs, loin, très loin de ses parents qu’elle ne peut plus supporter. Pour elle, ses amis sont sa seule famille.

Anne, sa mère, commerçante affable et rigoureuse de 40 ans, attend de sa fille qu’elle soit discrète et bien rangée. Un jour, elle tombe sur le journal de Marie et réalise que sa fille la déteste. Pleine de doutes, de regrets et de tristesse face à la colère d’une jeune fille brillante qu’elle n’a pas su accompagner, elle remet en question sa propre vie.

Au cours des mois qui suivent ce jour de juin 1988, la mère comme la fille vont bouleverser définitivement leur existence… Dans Vivre ailleurs, Florentine Hennon nous invite à nous glisser dans la peau de deux femmes que tout semble opposer pour aborder les relations mère-fille, les secrets de famille, les conflits générationnels, les liens qui se tissent, la recherche de racines, mais aussi l’acceptation de soi, l’amour et le pardon. Un livre à se passer de mère en fille… et, pourquoi pas, à lire ensemble.

Mon avis

Le samedi 11 juin 1988, Marie, une adolescente de treize ans, écrit, dans son journal, qu’elle pense qu’elle a été adoptée, qu’elle n’aime pas sa vie et qu’elle n’aime pas ses parents. Elle estime qu’ils sont tout le contraire d’elle : alors qu’elle rêve de voyages, ils semblent se complaire dans leur existence sans surprise. Même la couleur de ses cheveux diffère du reste de la famille. Elle reconnaît que ses parents s’occupent bien d’elle, mais elle est persuadée qu’ils ne l’aiment pas.

Neuf jours plus tard, en faisant le ménage, Anne trouve le journal de sa fille. En tombant, il s’ouvre et elle ne résiste pas à l’envie de le feuilleter. Son choc est immense lorsqu’elle lit ces mots terribles. « Marie me déteste » : la peine la foudroie, elle perd pied et conclut que certains des reproches de Marie sont justifiés. Anne a suivi le chemin tracé pour elle, elle a supporté ce qui lui a été imposé. Mais elle aime sa fille et elle veut lui prouver. Sans consulter son époux, car elle sait qu’il refuserait, elle accepte la proposition de la maman de Julie (la meilleure amie de Marie). Cette dernière offre d’emmener la bande de copains dans leur maison secondaire, en Toscane.

Anne commence, elle aussi, à tenir un journal. Les chapitres alternent entre les pages du sien et celles de celui de Marie. C’est doux, c’est tendre, car toutes deux se ressemblent plus qu’elles ne le pensent et l’amour est réel. Les confidences de la jeune fille m’ont touchée, car elles m’ont renvoyée aux questionnements vécus pendant mon adolescence ; j’ai, aussi, pensé à ma puce qui approche de cette période. Celles de la maman m’ont émue, puisque son seul désir est que ses enfants soient heureux. Les phrases de sa fille la font souffrir. Elle oublie que l’adolescence est une période difficile, pendant laquelle les émotions sont exacerbées et oscillent d’un extrême à l’autre. Cette douleur se révèle un électrochoc pour elle : elle se remet en cause et ses réflexions la conduisent à de grands changements dans sa vie.

J’ai adoré cet aspect de ce roman, mais je n’étais pas au bout de mes surprises. En effet, le séjour en Italie de Marie et de ses amis ouvre la voie à des secrets. L’histoire bascule dans une intrigue historique et tragique. L’émotion succède à la tendresse. Grâce à la jeunesse, la parole se libère et des années de silence sont dévoilées. C’est dramatique et magnifique, à la fois. J’ai été bouleversée par certains passages au sujet de la recherche des racines et des sacrifices.

Alors que je m’attendais à un feel-good en lisant Vivre ailleurs, j’ai découvert un condensé de douceur, de sensibilité, de justesse et d’émotion. C’est un coup de cœur pour moi.

Je remercie sincèrement Elya des Éditions Kiwi pour ce service presse.

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