La liberté des enfants perdus, René Barral

La liberté des enfants perdus

René Barral

Editions de Borée

Collection Terres d’écriture

Quatrième de couverture

Maria, une enfant de l’assistance publique, est placée dans une ferme cévenole où elle subit les violences du propriétaire des lieux à qui personne n’ose tenir tête à l’exception de mémé Léonie. Seul Larion, un pâtre rebouteux, lui offre un peu de réconfort en la prenant sous son aile. Et lorsque Virgile Saltet, lui aussi enfant de l’assistance, arrive chez le frère de mémé Léonie, l’attirance entre eux est immédiate et réciproque. Mais ces enfants là sont malmenés par l’existence et tandis que Virgile est envoyé en maison de redressement, Maria quitte la ferme pour entrer au service d’une riche famille d’industriels nîmois. Pourront-ils espérer vivre un jour libres et heureux ?

Mon avis

Les Cévennes, 1931. Maria est une enfant de l’assistance publique. A ses quinze ans, elle est placée au mas de Cerles. Hélas, le maître de la ferme est violent. Malgré sa peur, la jeune fille ne baisse pas les yeux, quand il la frappe, ce qui attise la haine de Firmin. Rose, l’épouse de ce dernier, n’ose pas intervenir, car elle le craint. Seule mémé Léonie, malgré son invalidité, qui l’oblige à demeurer dans un fauteuil, ose l’affronter et le menacer. Sans Firmin, la vie serait douce. Maria s’entend bien avec les deux femmes et son amitié avec Larion, un vieux pâtre rebouteux, lui apporte beaucoup de réconfort.

Un jour, le frère de mémé Léonie recueille Virgile, un enfant de l’assistance. Il a trois ans de plus que Maria. Dès leur première rencontre, ils sont attirés l’un par l’autre et leur complicité est immédiate. Le jeune homme prend sa nouvelle amie sous son aile. Il la défend lorsque les enfants du village se moquent de ses origines inconnues, il s’oppose à Firmin qui le prend en grippe. Des sentiments forts naissent entre lui et Maria.

René Barral décrit la difficile condition des enfants de l’assistance publique. Ils sont rejetés par les villageois, exploités par les familles d’accueil, accusés de tous les méfaits et déplacés par les institutions. A cela s’ajoute la douleur de ne pas connaître son histoire et les raisons de leur abandon. J’ai été très émue par la peine de Maria et de Virgile. Pourtant, malgré le comportement révoltant de Firmin, le récit est lumineux. Les autres personnages sont attachants. J’ai beaucoup aimé Larion : il adoucit l’existence de Maria et partage avec elle ses connaissances. Mémé Léonie et Rose m’ont, elles aussi touchée. La première par sa force de caractère et la seconde par sa douceur. Maria m’a attendrie, par la pureté de son cœur et par son courage. J’ai été heureuse que les sentiments entre Virgile et elle lui apportent une joie méritée.

Mais, un jour, Virgile empêche Firmin de commettre l’irréparable. Cependant, pour les gendarmes, la parole des enfants de l’assistance publique n’a aucune valeur face à celle d’un propriétaire terrien. Virgile est alors envoyé en maison de redressement et Maria est placée dans une autre famille. Quelques années plus tard, en 1934, Maria entre au service du docteur Bousquet, à Alès. Son employeur est très gentil avec elle. Elle n’appartient plus à l’assistance publique et elle est, enfin, libre. Poussée par une amie, elle commence à sortir, mais elle n’oublie pas Virgile, de qui elle n’a plus de nouvelles depuis trois ans. Trouvera-t-elle, malgré tout, le bonheur ?

Dans cette deuxième partie, Maria s’émancipe, sans oublier le passé. Elle reste fidèle à ses valeurs. Une rencontre bouleverse sa routine, l’embellit et la teinte aussi de risques. Elle mesure que le sentiment d’injustice décuple les forces et conduit au combat. En effet, les ouvriers de France se révoltent, les syndicalistes se battent pour les droits et les conditions de travail de ces derniers, alors que le patronat répond, souvent, par la menace et la force. Grâce au docteur Bousquet, qui lui décrit le climat politique, elle appréhende les évènements. J’étais heureuse que René Barral s’empare du contexte sociétal, car c’était un élément que j’avais adoré dans les deux livres que j’avais lus de lui. Une fois encore, l’auteur m’a emportée dans le tourbillon de l’Histoire. Sa peinture des conflits sociaux est emplie d’humanité et donne une représentation vivante de la société française, dans les années précédant la Deuxième Guerre mondiale. Les sentiments et les luttes fusionnent : le récit est palpitant et émouvant.

J’ai eu un gros coup de cœur pour La liberté des enfants perdus.

Je remercie sincèrement Virginie des Éditions de Borée pour ce service presse.

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