Le portrait disparu, Guillemette de la Borie

Le portrait disparu

Guillemette de la Borie

Editions Calmann-Lévy

Collection Territoires

Quatrième de couverture

Quête de la mémoire entre Paris et Montauban.

En mars 1938, l’arrivée dans son immeuble des beaux quartiers parisiens d’une famille originaire de Hongrie vient faire souffler sur l’existence bien rangée d’Apolline Chamassy, douze ans, un vent de fantaisie et de gaieté. Elle est subjuguée par Dorothée, l’aînée des enfants, qui a le même âge qu’elle.

Marchand d’art, le père de Dorothée a pris sous son aile un jeune peintre, Anton Drovic, exilé lui aussi, auquel l’harmonie entre les deux fillettes inspire un tableau, Les Deux jeunes filles.

La toile est destinée au père d’Apolline mais la guerre éclate, dispersant les uns et les autres, et M. Chamassy, qui met les deux adolescentes à l’abri – pense-t-il – dans sa famille à Montauban, n’a pas le temps d’en prendre possession.

Bien des années après, Alyssia, la petite-fille d’Apolline, repère le tableau à l’occasion d’une vente aux enchères comprenant des oeuvres sauvées du pillage pendant l’Occupation. Toute son histoire familiale resurgit alors, lourde et tourmentée, qui la ramène à un indicible secret…

Mon avis

1999. Une jeune fille recherche un tableau disparu. Depuis qu’elle a découvert que, pendant la guerre, des œuvres d’art ont été cachées, elle écume les ventes aux enchères. Organisée par les conservateurs du musée, avant l’Occupation, l’évacuation de nombreuses pièces du Louvre, auxquelles ont été ajoutées des possessions de particuliers, a permis de les sauver du pillage des nazis. La toile que convoite Alyssia Chamassy est une part de l’histoire de sa grand-mère, Apolline.

Paris, 1937. Apolline est orpheline de mère. Elle a une vie minutée : école, cours de piano, de danse et de dessin, essayages avec la couturière, etc. Elle habite dans un grand appartement, boulevard Saint-Germain, à Paris, avec sa gouvernante et son père. Ce dernier est très souvent absent et c’est Mlle Cabanac qui est chargée de son éducation.

En mars 1938, peu de temps après son douzième anniversaire, Dorothée Fogarscy entre dans sa vie. Les deux fillettes se croisent dans l’escalier. « Ce fut un éblouissement réciproque, un coup de foudre d’amitié. » (p. 34) La nouvelle arrivée est l’aînée de quatre enfants. La famille a quitté l’Autriche avant l’Anschlusss. D’origine hongroise, M. Fogarscy y possédait une galerie d’art moderne. Il a anticipé son départ et a emporté les tableaux qu’il exposait. De nombreux artistes l’ont suivi et il a ouvert un nouvel établissement, en France.

L’amitié entre les fillettes grandit. Elles vont ensemble à l’école, elles partagent goûters, jeux et confidences. « Jamais Apolline n’avait ressenti ce tourbillon intérieur qu’elle reconnaissait comme le bonheur. » (p. 41). Au mois de février 1939, M. Chamassy est invité à un vernissage, avec sa fille. Une surprise les y attend. Il s’agit d’une toile peinte signée Anton Drovic. Son titre est : Les deux jeunes filles. « La blonde vaporeuse et la brune aux grosses nattes sombres, c’étaient Dorothée et Apolline. » (p. 50) Apolline est éblouie : la peinture sublime la connivence et la complicité qui unissent les deux amies. La toile est un cadeau pour elle et pour son père. Ils acceptent de la confier à M. Fogarscy, jusqu’à la fin de l’exposition, mais ils n’auront pas la possibilité de le récupérer.

En effet, au printemps 1939, M. Chamassy pressent que Paris est menacé. Il confie alors Apolline et Dorothée, à sa mère qui vit à Montauban. Elles intègrent le pensionnat catholique de la ville. Sur les étiquettes de vêtements, le nom Fogarscy est changé. Apolline rit, elle ne sait pas ce que cela implique. Alors que l’époque est grave, les adolescentes conservent leur caractère effervescent. Alors que l’une a conscience des évènements, l’autre a été protégée des horreurs du monde et reste insouciante. Pourtant, la plus informée a la personnalité la plus solaire, elle parvient à ne voir que le beau et à cacher ce qui pourrait le gâcher. Accompagner ces deux petites donne une sensation de tourbillon, de joie, d’innocence et de pureté. Pourtant, l’ombre s’étend.

Je me suis, énormément, attachée à Dotha et à Apolline. L’une m’a touchée par sa générosité, par le don d’elle-même, par la transmission de son amour de la vie, sa dignité, sans jamais montrer ses émotions négatives, sa tristesse profonde ou ses inquiétudes. La deuxième m’a émue par son envie de partage, sa conscience de la valeur de l’amitié et la reconnaissance qu’elle éprouve pour ce bonheur. J’ai, également, été émue par le courage et le silence de personnes qui prennent soin des deux petites.

Puis, mon cœur s’est brisé. Envahie par les émotions que je ne pouvais plus retenir, j’ai été forcée de poser le livre, car les larmes embuaient mon regard. A partir de ce moment, ma lecture a été marquée par ce basculement. Celui-ci a imprégné le reste de l’histoire. La profondeur des sentiments est passée de l’état de suggestion à celui de la réalité. J’ai été bouleversée par Le portrait disparu.

Je remercie sincèrement Doriane des Éditions Calmann-Lévy pour ce service presse.

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