Délivre-nous du mal, Chrystel Duchamp

Délivre-nous du mal

Chrystel Duchamp

Editions de l’Archipel

Quatrième de couverture

Le nouveau suspense de Chrystel Duchamp, autrice de L’Art du meurtre et de Le Sang des Belasko.

Février 2018. Anaïs sollicite l’aide de son ami Thomas Missot, commandant à la PJ de Lyon. Pour elle, pas de doute, sa soeur Esther a été enlevée. Pourquoi aurait-elle, sinon, laissé derrière elle ses clés de voiture, ses papiers et son téléphone portable ?
Les mois passent et, tandis que l’enquête s’enlise, d’autres jeunes femmes se volatilisent. Jusqu’à ce qu’un corps soit retrouvé pendu dans une usine désaffectée, le crâne rasé, la langue sectionnée. Puis un deuxième…
Thomas sait désormais qu’un tueur en série sévit dans la région. Mais il ignore encore que ces cadavres ne sont que la partie immergée du plan machiavélique d’un individu avide de vengeance…

Mon avis

Le 26 février 2018, Anaïs est inquiète : cela fait plusieurs jours qu’elle n’a pas de nouvelles de sa sœur. Elle utilise alors son double de clés pour pénétrer dans l’appartement d’Esther. Le logement est en désordre et aucune affaire personnelle ne manque. La jeune femme n’a pas pu partir volontairement : elle n’a emporté ni ses clés, ni ses papiers, ni son téléphone, ni même une brosse à dents. Le plus perturbant est qu’elle a laissé son chat, sans nourriture et sans eau. Anaïs est persuadée qu’elle a été enlevée. Elle demande de l’aide à son ami, Thomas Missot, commandant à la PJ de Lyon. L’enquête ne relève pas de sa juridiction. Par égard pour Anaïs, il accepte d’intervenir, même si Esther est majeure et qu’elle a laissé un mot : « Ne me cherchez pas ».

Alors que l’enquête s’enlise, un témoignage évoque la disparition d’une autre femme. Puis, un corps est retrouvé, pendu dans une usine désaffectée. Sa disposition semble exprimer un message : les cheveux sont rasés, la langue est sectionnée et cautérisée. La scène est insoutenable et elle est suivie d’autres carnages. Un tueur en série sévit dans la région, mais un événement horrible et incroyable parasite les recherches. Le nombre de morts est exponentiel.

Lorsqu’il est entré dans la Police, Thomas Missot ne voulait pas être un personnage de roman ou de film. Il espérait réussir à maintenir une frontière entre son travail et sa vie privée. Il n’y est pas parvenu. Il le regrette et essaie de faire des efforts pour être présent pour sa fille. Hélas, les affaires qui le préoccupent investissent ses soirées et il est tiraillé par sa conscience. Il ne sait pas de quelle manière soutenir sa fille chez qui il perçoit un mal-être. J’ai aimé qu’il ne soit pas qu’un flic compétent, mais aussi un homme sensible ; il est tiraillé entre sa conscience professionnelle et l’immédiateté qu’exige sa fonction et entre ses préoccupations de père, ainsi que son émotivité d’homme.

Le livre commence par trois prologues différents, ce que j’ai trouvé très original. Il faut attendre la fin pour comprendre leur portée. Le premier raconte les faits qui provoquent l’inquiétude d’Anaïs, le deuxième décrit la découverte macabre faite par un photographe qui pratique l’urbex et le dernier concerne un homme, confronté à son épouse décédée. Chaque événement se produit une année différente du précédent. Cependant, lorsqu’ils réapparaissent dans l’histoire, ce n’est pas de manière distincte, ils sont insérés lorsque leurs répercussions deviennent visibles. L’enchaînement d’informations ne permet pas d’anticiper la conclusion, au contraire, l’énigme est multidimensionnelle. Chaque entrée embrume l’intrigue. J’ai été très touchée par la sensibilité avec laquelle Chrystel Duchamp a traité la thématique centrale, autour de laquelle de nombreux tentacules prennent naissance. 

Ce suspense commence comme un thriller, puis bascule dans le roman très noir. Ensuite, des éléments mystérieux et historiques s’ajoutent. Quel est leur fondement ? Criminel, ésotérique, scientifique ? Quel est ce mal dont la délivrance est demandée dans le titre ? La libération légitime-t-elle une réparation à grande échelle ? Par le choix irréversible effectué par certains personnages, l’auteure alerte sur la nécessité d’une réponse adaptée et juste de la part de la société au sujet de crimes banalisés. Enfin, à l’image du reste du livre, la fin est glaçante, elle provoque peur et malaise.

J’ai adoré Délivre-nous du mal !

Je remercie sincèrement Mylène des Éditions de l’Archipel pour ce service presse dédicacé.

De la même auteure

Le Sang des Belasko

L’art du meurtre

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