Passeurs de mots, Michel Giard

Passeurs de mots

Michel Giard

Editions de Borée

Collection Terres de Poche

Quatrième de couverture

Lorsqu’ils acceptent de suivre leur oncle Jean Quesnel, libraire installé depuis de nombreuses années, Antoine, Marie-Françoise et Louis Giard sont loin d’imaginer ce qui les attend de l’autre côté de ces collines qu’ils n’ont jamais franchies. Outre la vie citadine, les trois enfants vont découvrir le monde des livres, à une époque où soif de connaissance rime avec émancipation.

Antoine apprendra le métier en commençant par le colportage. Il va sillonner le pays et lire les nombreux ouvrages qu’il est censé vendre, romans d’aventures, almanachs et autres titres de la Bibliothèque bleue. Quelques années plus tard, en épousant Bernardine, elle-même fille de libraire, il va perpétuer la tradition familiale, qui sera reprise par son propre fils.

Mon avis

Michel Giard est issu d’une lignée de colporteurs, de bouquinistes, de libraires, de marchands d’estampes, d’auteurs, de directeurs de production. Il dédie Passeurs de mots à « tous les artisans du livre qui ont illustré le nom de Giard ».

Cotentin. En février 1756, la maman d’Antoine décède, alors qu’il a treize ans. Six mois plus tard, son papa se remarie. Lorsqu’un colporteur informe son oncle maternel que sa sœur est morte, celui-ci décide de recueillir les enfants. « Il comprenait que les mauvais traitements et le manque de soins qui attendait ses neveux ne pouvait guère favoriser leur éveil. Perdus à Servigny, ils risquaient de s’enliser dans un état végétatif, presque animal. » (p. 29) Libraire à Valenciennes, Jean Quesnel explique aux petits « qu’il divise (divisait) le monde en trois catégories d’individus, ceux qui savent lire, ceux qui lisent régulièrement des livres et les ignares, ceux qui subissent. Une catégorie sociale à laquelle il fallait échapper à tout prix » (p. 35). Antoine, Marie-Françoise et Louis acceptent sa proposition, malgré la répudiation de la part de leur père. Enfants des campagnes, ils découvrent la vie citadine.

Antoine comprend qu’il doit lire et écrire parfaitement, s’il veut devenir colporteur. En effet, la loi impose de connaître le contenu des livres proposés. De nombreux textes de Voltaire, Diderot, etc. sont interdits en raison de leur critique de la religion et des institutions et les vendre condamne à la peine de mort. Devenu colporteur, il constate que la censure est efficace et que les peines sont appliquées.

A travers Antoine et sa descendance, Michel Giard présente le destin de ses ancêtres. Il raconte l’histoire du livre, du colportage à la librairie, en passant par la fabrication, dans un contexte historique tumultueux. Sous la royauté, les interdictions sont nombreuses, mais les dangers perdurent après la Révolution française.

J’ai été passionnée par cette fresque autour du monde littéraire, qui permet de comprendre l’évolution de l’objet-livre et de la littérature. Les titres qui sont, maintenant, étudiés en classe, se transmettaient en cachette, avec le risque de perdre la vie ou d’être condamné au bagne. J’ai aimé l’héritage de génération en génération de l’amour des livres. Aussi, même si le récit, autour de la vie des personnages, m’a semblé un peu lent, par moments, j’ai été emportée par la découverte de ces beaux métiers, qui nous permettent d’assouvir notre passion. Passeurs de mots est un très bel hommage à la liberté offerte par la littérature et à ceux qui ont permis que des livres perdurent dans notre patrimoine.

Je remercie sincèrement Virginie des Éditions de Borée pour ce service presse.

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