De la même veine, Agathe Portail

De la même veine

Agathe Portail

Editions Calmann-Lévy

Collection Territoires

Quatrième de couverture

Quand le sang est tiré…

La maison Opras, tonnellerie familiale réputée dans tout le Bordelais, est dirigée en tandem par Philippe et sa soeur Myriam. L’affection qu’ils se vouent prend toujours le dessus sur leurs différends au point de laisser leurs conjoints sur la touche. Pol, leur presque frère, complète le trio d’inséparables et a installé son cabinet de dentiste à proximité. Or voici que, la quarantaine bien tassée, celui-ci annonce son intention de se marier et de partir s’installer au Canada. Un séisme pour les Opras.


Quand le mari de Myriam vient signaler la disparition de sa femme à la gendarmerie, le major Dambérailh se montre dubitatif. Il rechigne à démêler les fils du psychodrame familial qu’il devine alors qu’un meurtre abominable mobilise toute sa brigade : celui d’une jeune femme dévorée par un chien de combat. Tout tend à prouver que l’attaque a été provoquée.


Partagé entre deux enquêtes qui ravivent en lui des plaies secrètes – et toujours encombré de sa fureteuse tante Daphné ! –, l’opiniâtre major n’est pas au bout de ses surprises…

Mon avis

Katia Gault s’occupe d’un chenil. Un matin, une bénévole découvre son corps dans le box d’un chien. Les indices montrent que l’animal a été poussé à la dévorer. Le lendemain, vendredi, un homme vient signaler la disparition de son épouse ; il ne l’a pas vue depuis mercredi soir. Elle s’appelle Myriam Opras. Avec son frère, Philippe, elle dirige une entreprise familiale de tonnellerie, réputée dans la région. C’est une mezzo-soprano reconnue dans l’univers de la musique classique, dont la carrière s’est arrêtée à la suite d’un accident. Avec Philippe et Pol, un garçon recueilli par ses parents, ils forment un trio uni et indestructible. Pour leurs conjoints, il est très difficile de trouver leur place. A ces enquêtes, s’ajoute une affaire de vandalisme. La brigade n’a pas un moment de repos. Heureusement pour le major Dambérailh, qui vit des moments difficiles, car sa fille est hospitalisée, des forces vives sont envoyées en renfort.

Afin de déterminer si la disparition de Myriam Opras est inquiétante ou non, l’équipe explore son environnement et se renseigne sur sa personnalité. Elle étudie le fonctionnement de la fratrie, qui est uni par le cœur, alors que le sang n’est pas le même. Myriam a-t-elle souhaité fuir une emprise qu’elle semble, pourtant, vénérer ? Son caractère impétueux a-t-il dérangé une personne exclue du trio ? Cachait-elle des secrets ? Cette femme de lumière est-elle différente dans l’ombre ? Agathe Portail analyse les liens familiaux, qu’ils soient choisis ou subis. Les gendarmes découvrent, également, le métier de la tonnellerie, ses normes d’exigence de qualité et le savoir-faire des ouvriers ; les descriptions contiennent des effluves de bois, de vin et d’amour de l’artisanat. Les marchés internationaux requièrent des protocoles et le cérémonial facilite les échanges. L’auteure décrypte les règles qui régissent le milieu.

De la même veine s’intègre dans une trilogie. Chaque livre peut se lire indépendamment, mais les personnages sont récurrents. Aussi, je précise aux admirateurs de la tante Daphné qu’elle est présente dans ce nouvel opus. Si vous ne la connaissez pas, le major est son neveu. C’est une vieille dame très curieuse, très observatrice, un peu exaspérante et au caractère très vif. Elle est un peu frustrée, car elle intervient assez tard dans l’enquête. En effet, le retour du passé l’entraîne dans des occupations qui laissent peu de temps libre. Mais le besoin d’indépendance et l’envie de tout savoir sont plus forts que tout. Et, une fois encore, elle prouve sa perspicacité. Je l’adore, car elle exprime ses pensées, sans délicatesse.

Lors du dénouement, toutes les affaires qui mobilisent le major sont résolues. Je me suis moquée de moi-même, car tous les petits détails, auxquels je n’avais pas prêté attention, se sont accumulés dans mon cerveau. J’ai ri en constatant ma naïveté. Avant que les conclusions ne soient livrées, je n’avais pu formuler aucune hypothèse satisfaisante. J’ai adoré De la même veine. Agathe Portail a énormément d’humour, ce qui rend la lecture savoureuse. J’aime aussi le fait que les personnages ne sont pas des criminels et que l’auteure analyse l’élément qui peut faire basculer une personne sans antécédents de délinquance.

Je remercie sincèrement Doriane des Éditions Calmann-Lévy pour ce service presse.

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