Le voyageur immobile, Jean-Marc Ségati

Le voyageur immobile

Jean-Marc Ségati

Editions Kiwi

Quatrième de couverture

À la mort de ses parents, Michel, jeune trentenaire belge, décide de tout quitter pour suivre un de ses amis, Tom, qui lui propose une nouvelle vie : devenir son associé et l’aider à reprendre un restaurant à Bangkok. Mais lorsque Tom repart pour le plat pays, Michel se retrouve seul à la manœuvre. Il perd bientôt pied. Le hasard mettra sur sa route des rencontres aussi curieuses qu’inattendues : une apprentie pâtissière baroudeuse, un ancien cuisinier à la retraite en mal d’occupation, un businessman jovial et magouilleur… Avec leur aide, Michel parviendra-t-il à relancer le restaurant et à trouver sa place ?

Le récit doux-amer d’un déracinement raté, qui oscille entre paysages exotiques et vie urbaine, dialectes thaïs et belges, cultures européennes et asiatiques, dans un charmant méli-mélo qui fleure bon le voyage.

Mon avis

Tom, l’associé de Michel, vient de s’envoler pour la Belgique, lui laissant la gestion du restaurant qu’ils possèdent à Bangkok. Il y a deux ans, les deux amis ont tout plaqué et se sont lancés dans cette aventure. Michel venait de perdre ses parents, plus rien ne le retenait en Europe. Thaïlandais, « Tom parlait la langue, connaissait l’administration et avait une vision ; Michel apportait sa contribution financière, ses compétences de gestion et d’informatique. » (p. 29) Pour celui qui reste, c’est la panique. Seul dans un pays dont il ne parle pas la langue et dont il ne connaît ni les coutumes, ni les règles, son établissement décline. C’est alors qu’il reçoit l’aide de compatriotes, qui l’incitent à transformer le Two Elephants, en un lieu de spécialités belges. Michel est un suiveur et il se laisse entraîner. Le succès est au rendez-vous. Les ennuis aussi… en effet, les lois thaïlandaises sont très sévères envers les commerces d’expatriés. Toutes les marchandises ne s’importent pas et la direction doit être majoritairement thaïlandaise.

Dans cette aventure, Michel a été passif. Au départ, en suivant Tom, puis en se laissant guider par ses nouveaux amis. Cependant, alors que le premier est à l’origine de ses ennuis, les seconds tentent de l’aider. En renouant avec ses racines, il apprend à se connaître et il réalise qu’il subit son destin. Il ne sait pas s’il est capable de le prendre en main. Il se soumet jusqu’à ce que les risques deviennent trop grands.

Pendant la première partie, j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire. Les tribulations étaient empreintes de loufoquerie, à laquelle j’avais du mal à adhérer. Ensuite, le roman décrit les difficultés des expatriés et à la nécessité de comprendre le pays qui accueille. J’ai été intéressée par les règles très strictes imposées par le régime thaïlandais. L’auteur explique, également, de quelle manière elles sont détournées pour entretenir une corruption insidieuse. Pour moi, cette partie est plus dynamique et un suspense entoure le destin de Michel. Forcé de s’impliquer, il en devient attachant. J’ai été sensible à sa naïveté, responsable de ses difficultés. Enfin, j’ai aimé découvrir qu’un monde caché et quadrillé se cache sous le rêve de succès en Thaïlande.

Après un début un peu difficile, j’ai passé un moment agréable avec Le voyageur immobile. Je pense qu’il plaira aux lecteurs qui apprécient les romans un peu déjantés, à l’humour décalé, contenant une touche de loufoquerie.

Je remercie sincèrement Elya des Éditions Kiwi pour ce service presse.

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