Le Banni des Hautes-Terres, Alain Delage

Le Banni des Hautes-Terres

Alain Delage

Editions de Borée

Quatrième de couverture

Mars 1890, Armand Ligourel, tout juste sorti du conseil de révision qui l’a déclaré apte au service militaire, se retrouve injustement accusé d’un assassinat. Il réussit à s’échapper vers l’Aubrac, terre de son père, où il arrive pour la montée aux estives. Il va y découvrir le métier de buronnier, les valeurs de ces montanhièrs et leur sens de l’honneur sous leurs dehors rustres, au milieu d’étendues immenses. Son séjour dans cette petite Sibérie sera l’occasion aussi de percer les secrets de sa famille paternelle, une histoire de vengeance hors du commun qui remonte à plus de deux générations …

Mon avis

Mars 1890, Macassargues, dans le Languedoc. Tous les jeunes hommes des villages du canton sont réunis pour le Conseil de révision. Chacun espère être accepté, car sa réputation est en jeu. Le numéro attribué au sélectionné détermine le corps d’armée dans lequel il sera incorporé. Auparavant, il indiquait la durée du service militaire. Armand Ligourel est fier d’être « bon pour le service ». Alors que les conscrits fêtent l’évènement dans l’auberge du village, Armand ne s’attarde pas. Il veut profiter de la nuit pour relever ses pièges. Le lendemain soir, il est accusé d’un assassinat. Hélas, il ne peut révéler son alibi, puisque le braconnage est interdit. Si le marquis de Macassargues apprend qu’Armand chasse sur ses terres, il expulsera sa famille. Il ne peut prouver son innocence, aussi, aidé par ses proches, il s’enfuit. Son exil le mène en Aubrac, où vit l’oncle de son père. Malheureusement, son arrivée coïncide avec l’enterrement du vieil homme.

Grâce à l’abbé de Marchastel, il trouve un emploi de pastre, pour la montée aux estives. Avant son départ dans les montagnes, l’homme d’Eglise lui recommande de se faire appeler Vigouroux ; « La famille, c’est comme un boulet dont on vous greffe la chaîne à la place du cordon ombilical. Généralement, son nom est facile à porter, mais quelquefois il est difficile à endurer. » (p. 130) Armand a remarqué que son patronyme provoque de l’animosité, mais il n’en connaît pas les raisons. Ce mystère s’ajoute à celui qui entoure les motifs de sa fuite. 

Au sein des montanhièrs, le jeune homme apprend un nouveau métier et prouve qu’il est courageux et travailleur. La méfiance qui l’a accueilli a été remplacée par une camaraderie, teintée de respect. L’étranger a trouvé sa place. Mais, un jour, il apprend qu’il est soupçonné de cacher des secrets. De plus, le passé se rappelle à lui. Il décide alors d’explorer l’histoire paternelle.

Armand est un homme fiable, sur qui le malheur est tombé. Il était au mauvais endroit au mauvais moment. Injustement accusé, il n’a pas pu se défendre, alors qu’il est un homme d’honneur. J’ai été touchée par sa personnalité et par ses valeurs. C’est un homme bien et j’ai regretté que le destin lui ait joué un si mauvais tour. Cependant, malgré sa colère, il ne se laisse pas abattre. Auprès des buronniers, « les hommes chargés de traire les vaches et de faire le fromage pendant que les bêtes sont en estive, en été » (p. 128), il s’épanouit dans le travail et il ne ménage pas ses efforts, même quand la vie lui assène un nouveau coup. Il m’a semblé doux et plein d’humour. Je l’ai beaucoup aimé. J’ai, aussi, adoré, son grand-père maternel : il est sage, aimant, protecteur et a un franc-parler.

J’ai été très intéressée par la vie dans les estives, à la fin du XXe siècle. L’auteur décrit, avec passion, les tâches et les règles de vie en communauté de ces hommes qui, pendant quelques mois, vivent isolés et en autarcie. Les conditions sont difficiles, mais acceptées par tous. La fraternité ne s’exprime pas par les mots, mais se ressent dans les attitudes.

Enfin, j’ai été captivée par les secrets relatifs au crime qui a détruit la vie tranquille d’Armand et par ceux qu’il déterre au sujet de sa famille. Ses découvertes lui révèlent pour quelles raisons son nom réveille l’hostilité. Au fil des générations, l’origine des rancoeurs s’est opacifiée, alors que la haine s’est transmise, sans être énoncée ou expliquée.

C’est le cinquième livre que je lis d’Alain Delage, et cette fois encore, j’ai été séduite par sa plume vive, dynamique et emplie d’humour et de tendresse. J’ai adoré Le Banni des Hautes-Terres.

Je remercie sincèrement Virginie des Éditions de Borée pour ce service presse, accompagné d’un mot de l’auteur.

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Les rubans de la vengeance

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