Comme une aube fragile, Eric Le Nabour

Comme une aube fragile

Eric Le Nabour

Editions Calmann-Lévy

Collection Territoires

Quatrième de couverture

Dans le Morbihan, jeu de la vérité et de la trahison entre résistants et Gestapo.


Fin 1942. La liaison de Roland Le Mezec, patron pêcheur à Quiberon, et de Soizic Vaillant, la gérante du Goéland, un café restaurant du port, attire sur lui les foudres de l’épicier, Simon Leridan, qui courtise la jeune femme depuis toujours et participe avec elle à un réseau de résistance.

Aux yeux de Leridan, et de beaucoup d’autres, Roland est un collabo, qui fricote avec les Allemands pour pouvoir maintenir son entreprise à flot. Mais en ces temps troublés, les apparences sont trompeuses…


Lors d’un séjour à Paris, Roland s’éprend de Claire Denain, mannequin chez Jean Patou et maîtresse de Hans Scherer, un haut gradé de la Gestapo.


L’arrivée de Scherer dans le Morbihan pour y prendre en main la répression va plonger Roland au coeur d’un imbroglio infernal où la vie de Soizic comme celle de Claire ne tiendront bientôt qu’à un fil…

Mon avis

Fin 1942. Roland Le Mezec possède plusieurs chalutiers de pêche. Son idylle avec Soizic, la tenancière d’un bar, est compromise par son attitude. Il est peu présent et, même lorsque ses bateaux sont à quai, il attend plusieurs jours avant de lui rendre visite. Il justifie ses absences en expliquant qu’il négocie avec les Allemands et avec la préfecture, pour obtenir de l’essence et du gasoil. A Quiberon, il est perçu comme un collabo. Il y a quelques jours, il a même sauvé quatre Allemands, de qui le moteur du canot était en panne. Son rival, Simon Leridan, s’est empressé de le rapporter à Soïzic ; lui aussi est amoureux de la gérante du Goéland et il appartient au même réseau de résistance qu’elle. Cette dernière a perdu tout espoir au sujet de Roland. Alors qu’elle risque sa vie, lui, il lui assène des paroles qui sentent la défaite.

Les activités du marin-pêcheur l’obligent à de nombreux séjours à Paris. Lors d’une soirée, il rencontre Claire Denain, mannequin de Jean Patou. La jeune femme est, également, la maîtresse d’un haut gradé allemand, Hans Scherer, qui se prend d’amitié pour Roland. L’officier inquiète sa hiérarchie qui lui confie une mission de la plus haute importance : démanteler les réseaux résistants du Morbihan. Il n’a pas le droit à l’échec. Sadique et brutal, il est prêt à tout pour conserver son rang.

Éric le Nabour retranscrit l’atmosphère de l’Occupation. Chacun surveille son voisin et exprime son opinion sur lui. Certains œuvrent dans la clandestinité pour sauver des vies, d’autres collaborent avec l’ennemi, quand les derniers affichent une image et agissent différemment dans l’ombre. A qui faire confiance ? De qui se méfier ? L’auteur montre combien il était difficile de répondre à cette question, puisque même le lecteur ne sait pas toujours quel est le véritable costume des personnages. Des mots sibyllins donnent des espérances, des actes héroïques cachent des trahisons, des héros se travestissent en traître. Les rôles ne sont pas établis et la moindre erreur peut être fatale.

Ce roman est un tourbillon d’émotion. La haine et l’amour s’entremêlent. L’admiration remplace le ressentiment, la ferveur est désagrégée par la fureur, la sûreté est, parfois, une illusion, le doute entrave l’espérance, la peur succède à l’apaisement et la confiance, empreinte de soupçon, empêche des éclaircies. Les apparences sont trompeuses. De la Résistance à la Gestapo, en passant par la Préfecture et la Kommandantur, un sinistre tableau se dessine. Les personnages sont écartelés entre leurs sentiments et leurs convictions. Ils évoluent au fil des évènements, en particulier des drames. Ils sont forcés d’effectuer des choix, pas toujours ceux qu’ils souhaitent. Le Grand Soleil triomphera-t-il de la cruauté ?

J’ai eu un coup de cœur pour Comme une aube fragile. C’est un roman dramatique et émouvant, aux multiples intrigues, dans lequel l’amour et l’amitié éclairent le contexte sombre de l’Occupation.

Je remercie sincèrement Doriane des Éditions Calmann-Lévy pour ce service presse.

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