Doux comme le silence, Raphaël Guillet

Doux comme le silence

Raphaël Guillet

Editions Favre

Quatrième de couverture

Alice ressentit une once de découragement mais se ressaisit aussitôt. Ce fantôme, ils finiraient par le trouver un jour. Tout le monde commet des erreurs. Sans doute en avait-il déjà fait, mais lesquelles ? Elle fut intriguée par la présence d’un livre de William Faulkner dans la voiture du jeune conducteur dont on venait de découvrir le corps. Par rapport au profil esquissé de la victime, cet écrivain ne semblait pas vraiment correspondre à ses lectures, pensa-t-elle. Le titre du roman résonna soudain de façon étrange au regard de l’affaire : « Le bruit et la fureur ».

Alice Ginier, jeune inspectrice, aurait préféré tomber sur un cas moins compliqué pour ses débuts à la brigade criminelle : l’individu qu’elle recherche tue des inconnus qui ont pour tort, à ses yeux, de parler fort en public au téléphone. Il suit discrètement ces causeurs impudiques lorsqu’ils sortent du bistrot ou des transports en commun. Puis il les réduit au silence, loin de tout témoin.

Dans cette affaire, Alice ne retrouve rien de ce qu’elle avait appris à l’École des sciences criminelles de Lausanne, pourtant réputée dans toute l’Europe. Elle va devoir comprendre les motivations et les failles du tueur pour espérer le débusquer. Elle aussi aime le silence car elle a grandi à la montagne. Elle a les pieds sur terre. Mais cette jeune femme sensible et révoltée ne sortira pas indemne de cette première enquête à la Police judiciaire.

Mon avis

Cela fait un an qu’Alice n’a pas fait de randonnée en montagne, aussi, elle compte bien profiter de ce jour de repos pour s’adonner à sa passion. Elle vient de terminer un master à l’Ecole des sciences criminelles et d’entamer une carrière d’inspectrice à la Police judiciaire de Lausanne. Mais alors que le train, qui l’emmène sur le site de la Dent de Jaman, atteint son terminus, une agitation attire son attention. Sur le quai, une jeune femme est allongée au sol. Alice comprend qu’elle n’a pas été victime d’un malaise : une tache rouge s’étend sur ses vêtements, là où se situe un orifice de balle. L’inspectrice renonce à son congé. C’est sa première enquête et elle est déterminée à faire ses preuves.

Les chapitres alternent entre l’enquête et la voix du tueur. Pour lui aussi, c’est son baptême : son premier meurtre. Il mène un combat : celui de faire cesser les bruits, en particulier ceux des conversations téléphoniques en public. Il veut faire cesser cette menace sonore et irrespectueuse. Il nous confie les erreurs de ceux qu’il assassine, de ceux qui l’ont dérangé. Il prend de l’assurance et est persuadé d’agir au nom d’une cause. Il commet alors des imprudences, mais les indices qu’ils sèment sont minces. Comment l’empêcher d’agir, alors que ses cibles sont partout ? Les discussions impudiques se tiennent dans les transports en commun, dans les rues, etc. De plus, alors que nous connaissons le mobile du mercenaire du bruit, les policiers l’ignorent. En effet, certains crimes ne sont pas liés à la téléphonie.

Alice et son équipe pataugent alors que les corps s’amoncellent. Cependant, la jeune femme est déterminée. Trop, parfois, et elle prend des risques. Elle est pleine de fougue, mais inexpérimentée. J’ai aimé cet aspect, qui contribue au suspense. En effet, nous sentons qu’elle est sur le fil : elle peut entraver l’enquête par des méthodes peu conventionnelles et naïves, mais aussi prendre des risques inutiles. J’ai aimé sa personnalité nuancée : c’est, à la fois, une femme moderne et une nostalgique des temps passés ; elle respecte sa hiérarchie, mais prend des initiatives.

J’ai bien aimé Doux comme le silence. En effet, même si la candeur d’Alice surprend, j’ai apprécié le ton décalé. Comme l’identité du coupable est livrée dès les premiers chapitres, nos méninges ne sont pas torturées et l’intrigue n’est pas oppressante. Ce polar constitue un bon intermède entre deux thrillers angoissants. Le suspense réside dans cette question : « qui aura le malheur de croiser l’intolérant au bruit ? » Après avoir lu ce livre, vous hésiterez avant de répondre à un appel sur votre portable, 😀. 

Je remercie sincèrement l’agence Gilles Paris et les Éditions Favre pour ce service presse.

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