Le Brouillard de l’aube, Christian Laborie

Le Brouillard de l’aube

Christian Laborie

Editions de Borée

Quatrième de couverture

Célia a toujours su que le pasteur Henri Muller et sa femme Marie étaient ses parents adoptifs. Mais, à la faveur d’une dispute entre les deux époux, elle découvre un jour ses origines juives. Dès lors, sa vie prend un nouveau sens et sa quête d’identité la pousse à retrouver la trace de ses parents naturels. Aidée en cela par Vincent, un jeune pasteur stagiaire aux idées généreuses, elle dissipera petit à petit le brouillard qui recouvrait jusque-là son existence…

Mon avis

15 juillet 1942, à Paris. Un mystérieux policier conseille à François d’emmener sa femme et ses enfants, loin de Paris. « Fuir serait un aveu de défaite, d’abdication, une forme d’abandon, pire ! de lâcheté », pense François qui a déjà quitté l’Allemagne, en raison de ses origines juives. Son épouse, Lisa, confie leurs aînés à la concierge de l’immeuble. Celle-ci lui recommande une personne de confiance pour leur bébé qu’elle ne peut pas garder.

Lorsqu’elle est en seconde, Célia surprend une conversation entre le pasteur et son épouse. « Tu sais très bien qu’elle n’a pas été abandonnée. Célia est une victime de la guerre. » (p. 90) L’adolescente a toujours su qu’elle avait été adoptée, mais elle en ignorait les raisons. Elle se déclare prête à entendre la vérité. Élevée dans la foi protestante, elle apprend ses origines juives. Au départ, son père adoptif hésite à lui raconter son histoire, il a peur qu’elle renie la religion qu’il lui a inculquée. Mais Célia le convainc qu’elle a besoin de connaître son passé.

La première partie, extrêmement douloureuse, relate la rafle du Vel d’Hiv. J’ai été bouleversée par les sentiments des personnes arrêtées, par leur peur, leurs inquiétudes, mais aussi par leur instinct de survie qui s’amenuise au fil des évènements. L’émotion est très forte au fur et à mesure que l’espoir s’éteint et que le train approche de sa destination. Dans la deuxième partie, Célia découvre l’héroïsme dont ont fait preuve Henri et Marie Muller, pendant la guerre, et de tous ceux qui ont permis qu’elle échappe à une mort certaine. Ces passages, au sujet de l’Occupation, sont bouleversants. En effet, le couple a pris d’énormes risques et en a payé le prix. Les deux dernières parties sont consacrées à Célia, à l’impact des révélations sur son destin et sur sa personnalité ; elles décrivent sa quête d’identité. La jeune fille ne renie pas l’éducation qu’elle a reçue, ni son environnement de naissance. Les deux composent son histoire, elle n’est pas tiraillée : elle est riche des deux. Elle m’a beaucoup touchée, car elle est déterminée à creuser le passé, mais elle préserve le présent et ceux qu’elle aime.

J’ai été très émue par cette vibrante histoire. C’est un hommage à ceux qui ont sauvé des vies au péril de la leur, pendant la guerre, et un très beau roman de mémoire pour les victimes de la barbarie nazie. Au sein de l’horreur, l’humanité de l’auteur s’exprime à travers ses personnages. Célia, rescapée de l’Holocauste, est un exemple de tolérance et d’universalité. Elle ne se définit ni par ses origines, ni par son environnement, mais par son cœur. 

J’ai adoré Le brouillard de l’aube.

Je remercie sincèrement Virginie des Editions de Borée pour ce service presse.

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