A quoi tu penses ? Jean-Louis Fournier

A quoi tu penses ?

Jean-Louis Fournier

Editions Philippe Rey

Quatrième de couverture

J’ai toujours eu une envie folle de savoir ce qui se passe dans ces têtes hirsutes, couvertes de plumes, de poils, de cuir, d’écailles…

J’ai organisé un micro-trottoir zoologique.    

Pour la première fois, les animaux disent ce qu’ils pensent des hommes.

Mon avis

« A quoi tu penses ? » Souvent, les humains n’aiment pas répondre à cette question, surtout s’ils sont de sexe masculin. Jean-Louis Fournier a eu envie de donner la parole aux animaux et de leur poser cette question ouverte. « J’ai déjà réussi à faire parler une vache, la Noiraude, et un oiseau qui a le vertige, Antivol, pourquoi pas les autres ? » (p. 8) Il est allé interroger une centaine d’animaux et leur a offert une tribune. De la fourmi au tigre, en passant par le moustique et la biche, il a recueilli leurs pensées. Il a pataugé dans l’eau, grimpé aux arbres, etc. pour entendre leur parole. Il s’est exposé à la colère de certains, car les hommes sont cruels avec eux, que ce soit par méchanceté, par bêtise, par maladresse ou par avidité. Les animaux sont les premières victimes des actions humaines. La déforestation détruit leur habitat, l’industrialisation conduit au réchauffement climatique et détruit leurs banquises, l’élevage industriel les condamne à la souffrance, certains produits de luxe les conduisent à la mort, etc.

Avec poésie, tristesse, regrets ou espoirs, la majorité des animaux ont accepté de répondre, seuls quelques-uns ont refusé. La fourmi orpheline a confié sa peur des pouces humains, puisque c’est l’un d’eux qui a écrasé sa maman. La grenouille sauteuse a indiqué son scepticisme au sujet des exploits des sauts en hauteur des athlètes. La maman biche a exprimé sa peur pour ses « enfaons », alors que la biche taquine a parlé de son admiration envers les photographes animaliers. La carpe assoiffée a signalé son inquiétude à propos du manque d’eau, provoqué par l’inconscience et l’insouciance des hommes. Régulièrement, Artdéco, la chatte noire et blanche de Jean-Louis Fournier, a ajouté son « grain de sel », qu’on pourrait qualifier de coup de griffe, car elle égratigne : les hommes, l’auteur, les animaux ; elle n’est pas tendre. Ses interventions sont savoureuses et terriblement lucides : « Pour de l’argent, certains hommes sont capables de tuer Terre et Mer. Sans remords. » (p. 38)

Au cœur de l’ouvrage, un « zoo sans barreaux » représente les interviewés. Les illustrations sont de Dominique Lange et elles sont superbes.

Ma lecture a été accompagnée du souvenir, empreint d’émotion, de la rencontre avec Jean-Louis Fournier que Vleel (https://vleel.com) avait organisée.

Jean-Louis Fournier a tendu son micro aux animaux et ils sont nombreux à avoir saisi cette liberté d’expression. Leurs réponses sont parfois tendres, parfois poétiques ou encore amusantes, mais elles sont surtout brûlantes de leur désarroi face à ce que l’homme impose à la nature. Et si l’on entendait enfin leur détresse ? J’ai beaucoup aimé À quoi tu penses, cependant, à la fin de la lecture, j’ai eu une sensation de « pas assez » qui s’est estompée, en écrivant ma chronique.

Je remercie sincèrement les Éditions Philippe Rey et l’agence Gilles Paris pour ce service presse.

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