Bella Ciao, Raffaella Romagnolo

Bella Ciao

Raffaella Romagnolo

Editions Albin Michel

Traduction de Françoise Brun

Quatrième de couverture

Mars 1946. Dans une luxueuse voiture avec chauffeur, Mrs. Giulia Masca revient dans son petit village du Piémont. 

Des années plus tôt, seule, enceinte et sans le sou, elle quittait la filature où elle travaillait depuis l’enfance et s’embarquait sur un paquebot à destination de New York. Sans un mot d’explication pour Anita, sa meilleure amie, ni pour Pietro, son fiancé. L’Amérique allait lui donner sa chance et la soulager d’un secret trop lourd à porter.

L’Italie qu’elle retrouve a traversé deux guerres mondiales, vécu le fascisme et la guerre des partisans. Des années de batailles et d’espoir qui ont fait de Giulia une étrangère. Mais peut-on oublier d’où l’on vient ? C’est parmi les siens que Giulia pourra se réconcilier avec son passé.

Raffaella Romagnolo construit la fresque poignante et sincère de l’Italie de la première moitié du XXe siècle à travers le destin de deux amies séparées par un douloureux secret. Un récit choral, qui retrace avec talent « une histoire italienne », entre épopée féminine et saga familiale.

Mon avis

Mars 1946, Borgo di Dentro, Italie. « Le passé n’existe pas, se dit Mrs. Giulia Masca. » (p. 13). Pourtant, c’est bien lui qu’elle remonte, en revenant dans son village natal, qu’elle a quitté quarante-cinq ans plus tôt. Sans avertissement, elle avait pris un bateau pour les Etats-Unis. Ni Anita, sa meilleure amie, ni Pietro, son fiancé, ni Assunta, sa mère, n’avaient été prévenus de son départ. Personne ne savait ce qu’elle avait découvert, ni même qu’elle attendait un enfant. C’est avec ce dernier qu’elle entreprend ce voyage dans le temps, bien que Michael ne sache rien des secrets de sa mère. Ce sont les affaires qui les ont menés en Italie.

Giulia a la sensation que le pays est resté le même, pourtant, il est différent : il a connu deux guerres, il a vécu sous le régime fasciste, avant que la Résistance ne s’organise et conduise à la guerre des partisans. Confrontée à ses racines, elle se sent étrangère. Ses souvenirs d’avant son départ se mêlent à ceux de la nouvelle vie qu’elle a construite de l’autre côté du globe. Sa mémoire fusionne avec celle des personnes qu’elle a laissées. Elle ne souhaite pas affronter son histoire, aussi, elle ne nous est livrée que par éclipses. Les réminiscences concernent sa vie en Italie et celle en Amérique. Giulia paraît une femme différente, selon le lieu.

Dans la première moitié, le temps semble ralenti. L’atmosphère est mystérieuse, moite et le soleil semble absent. J’ai eu la sensation de visualiser un film d’époque en noir et blanc. Le rythme est lent, afin de laisser le temps à Giulia d’accepter de revivre les moments importants de son existence. Elle fait des allers-retours entre le passé et le présent, comme pour se préparer à entendre la vérité et à confier la sienne. Elle requiert notre patience, nous demande de ne pas la brusquer. Même si j’ai aimé cette partie, je ne lisais qu’une quarantaine de pages par jour ; j’avais l’impression que Giulia voulait m’apprivoiser en douceur.

Dans la deuxième moitié, le rythme s’accélère. Le monde est en feu, l’Italie est occupée, le fascisme fait régner la peur et les partisans se sacrifient pour la liberté. Giulia apprend le destin de ceux qu’elle a aimés, le présent et le passé sont reliés. Son cœur est-il prêt à se réconcilier avec le passé ? J’ai adoré cette partie, qui déroule l’histoire italienne de la première moitié du XXe siècle. Les faits historiques sont racontés par ceux qui les ont vécus et modifient la perception d’expatriée de Giulia. Dans cette partie, l’émotion s’amplifie avec la même intensité que le rythme. Chaque bonheur est savouré et chaque drame me serrait le cœur. La plume de Raffaella Romagnolo est un écrin pour les sentiments.

Bella Ciao est une fresque historique émouvante. Même si j’ai eu besoin de temps pour m’imprégner du récit, le roman se termine en apothéose.

Je remercie sincèrement Claire des Éditions Albin Michel pour ce service presse.

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