La liberté des oiseaux, Anja Baumheier

La liberté des oiseaux

Anja Baumheier

Editions Les Escales

Traduction de Jean Bertrand

Quatrième de couverture

Deux soeurs enquêtent sur leur enfance passée en RDA et sur les non-dits qui pèsent sur leur famille. Une fresque sublime et captivante.

De nos jours, Theresa reçoit une mystérieuse lettre annonçant le décès de sa sœur aînée Marlene. C’est à n’y rien comprendre. Car Marlene est morte il y a des années. C’est du moins ce que lui ont toujours dit ses parents. Intriguée, Theresa, accompagnée de son autre sœur Charlotte, part en quête de réponses. Se révèle alors l’histoire de leurs parents, l’arrivée à Berlin au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la carrière de leur père dans la Stasi, la suspicion et la paranoïa, l’influence terrible de son chef, Kolia. Mais surtout, la personnalité rebelle de Marlene, qui rêvait de fuir à l’Ouest…
 
Grande saga au formidable souffle romanesque, La Liberté des oiseaux retrace quatre-vingts ans d’histoire allemande et nous plonge au coeur de destinées ballottées par l’Histoire.

Mon avis

Berlin, aujourd’hui. Theresa reçoit une lettre recommandée d’une étude de notaire qui l’informe du décès de sa sœur Marlène. C’est impossible. Marlène ne peut pas être décédée la semaine dernière :  elle s’est noyée, quand elle avait dix-sept ans. C’était en 1971, quelques mois avant la naissance de Theresa. Le courrier indique que la défunte lui lègue sa propriété de Rostock, à parts égales avec un inconnu, Tom Halász, alors que Charlotte, sa soeur aînée, n’apparaît pas sur le testament. Les deux femmes tentent, alors, de percer les secrets de l’histoire familiale. Elles désirent connaître la vérité sur le mystère qui entoure le destin de Marlène.

Le récit alterne entre leurs recherches et le passé. Leurs parents s’étaient rencontrés en 1946 et mariés en 1949. Ils vivaient en RDA où Elisabeth était infirmière et Johannes occupait un poste important au sein de la Stasi. Ils ont eu trois filles : Charlotte, Marlène et Theresa. L’aînée adhérait à l’idéologie paternelle, alors que la seconde ne rêvait que de passer à l’Ouest.

A travers le destin de cette famille et de ses secrets, l’auteure décrit les conditions d’existence en Allemagne de l’Est : la parole muselée, l’espionnage, le contrôle des pensées et de la vie de la population, le quotidien difficile, la perte de liberté qui grossit au fil des années, les tortures, etc. J’ai ressenti la détresse des Allemands de l’Est, qui devaient surveiller leurs actes et leurs mots. Ils rêvaient de fuir la dictature et de partir en RFA. J’ai découvert des faits historiques qui m’ont passionnée. Anja Baumheier montre aussi ce qui animait ceux qui soutenaient le système. Ainsi, Johannes, qui est une figure importante de la Stasi, est un personnage attachant. L’auteure explique le chemin qui l’a mené à ce travail. J’ai été bouleversée par les conséquences de ses choix, pourtant, il m’a énormément touchée. J’ai, aussi, été captivée par la retranscription des évènements qui ont suivi la chute du mur de Berlin. J’avais douze ans, en 1989, et je me souviens des images à la télévision. La liberté des oiseaux a apporté un éclairage à mes souvenirs et leur a apporté une dimension intime.

L’Histoire allemande est mêlée à celle de la famille Groen. Alors que La liberté des oiseaux est un roman, il contient énormément de suspense. Theresa et Charlotte remuent le passé et découvrent de terribles secrets. Cependant, leur enquête est éprouvante et de nombreux éléments leur parviennent sans explication. Chaque rebondissement tire un nouveau fil du passé familial, provoquant de nouvelles interrogations. Aussi, il est impossible de lâcher ce livre, le besoin de savoir et de comprendre devient viscéral. De nombreuses révélations étreignent le cœur, mais nous comprenons que chacun a fait ce qu’il pensait le mieux. Cependant, certaines décisions sont déchirantes et les répercussions perdurent pendant des dizaines d’années. Pourtant, malgré ces drames, le récit est illuminé de moments de bonheur et d’amour fort et indestructible. C’est un mélange de tragédies et de magnifiques moments. Je n’ai pu que m’attacher à la plupart des personnages et à tenter de comprendre leurs choix, même quand mon cœur se révoltait.

J’ai été envoûtée par l’histoire de la famille Groen, qui s’inscrit dans le contexte sombre de la RDA. Je suis passée du sourire aux larmes et inversement. J’ai été ensorcelée par l’amour, terrassée par l’inhumain, émue par l’abnégation, révoltée par la lâcheté, dévastée par certains choix et touchée par d’autres, etc. Mon cœur a été embrasé par une multitude d’émotions et j’ai eu un immense coup de cœur pour cette fresque romanesque poignante.

Je remercie sincèrement Anne des Éditions Les Escales pour ce service presse.

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