Un rhinocéros à Versailles, Alexandra de Broca

Un rhinocéros à Versailles

Alexandra de Broca

Editions Robert Laffont

Quatrième de couverture

Mademoiselle l’effrontée, qui êtes-vous vraiment ? demande Louis XVI.
– Je vis pour les animaux. Le sort de votre rhinocéros m’importe plus que celui de vos sujets.
– Ce sont pourtant des cadeaux diplomatiques qui coûtent fort cher.
– Alors confiez-les aux hommes de sciences pour qu’ils étudient leur comportement ! Et offrez à votre peuple le premier zoo de France !

Née à la Ménagerie de Versailles où son père est soigneur, Claire, passionnée par les animaux, affirme qu’ils souffrent comme les hommes.
Malgré les critiques des nobles comme des savants, elle se bat pour améliorer les conditions de vie de ces espèces exotiques.
Lorsque la Révolution éclate, Claire se retrouve à la tête d’un domaine sans personnel et sans argent, abandonné par la Cour.
Comment protéger un lion, une gazelle ou un rhinocéros que les sans-culottes vouent à la mort ?
Alors que la France bascule dans la violence, la jeune fille va tenter de sauver ceux qui lui sont les plus chers : les habitants de la Ménagerie.

Mon avis

Depuis plusieurs années, le duc de Noailles tente de convaincre le roi Louis XVI de maintenir la gloire de la France. Pour lui, il est inconcevable que le souverain préfère une vie simple en famille, plutôt qu’un règne prestigieux comme celui de Louis XIV. Il pense que la renommée du pays commence par les jardins et la ménagerie qu’il souhaite repeupler. Un concours de circonstances lui donne satisfaction et, le 13 octobre 1784, de nouveaux animaux sauvages débarquent au Havre. Certains n’ont pas supporté le voyage : un félin devient orphelin. 

Claire a quatorze ans. Elle est la fille de Martin, un soigneur de la ménagerie, et de Manon, une employée de la volière. C’est de son père que l’adolescente a hérité son amour des animaux. Elle prend soin du bébé tacheté et découvre que c’est un serval. Hélas, au printemps 1788, « la jeunesse de Claire se termine (…), une jeunesse insouciante dans le cadre idyllique du parc du château de Versailles. » (p. 27) Un drame mettant en cause le rhinocéros a brisé la vie de sa famille, pourtant la jeune fille est déterminée à sauver le mammifère et à améliorer la condition de tous les animaux. De nouveaux pensionnaires sont attendus, ce sont des cadeaux diplomatiques que le roi est forcé d’accepter, malgré son désintérêt pour la ménagerie. Un jour, la famille royale visite le domaine où vit Claire. Le dauphin, Louis-Joseph, âgé de sept ans et gravement malade, est admiratif devant son courage et sa connaissance des animaux. Il devient son allié.

Le récit se déroule de 1788 à 1794. Deux thèmes essentiels constituent son intrigue.

Le premier est le bien-être animal. Claire est déterminée à adoucir la vie des animaux retenus en captivité. Elle s’interroge sur le ressenti de ses protégés, persuadée que ceux-ci éprouvent des émotions. En cela, elle se heurte aux croyances de l’époque et se bat pour faire entendre leurs voix. Elle essaie d’améliorer leur existence, de reproduire leur environnement naturel. Mais pour cela, il faut des fonds. Or, la ménagerie n’est pas la priorité du royaume.

En effet, le Dauphin est condamné par la maladie et la Révolution éclate. Le deuxième thème est historique. Claire est proche du fils du roi, aussi Louis XVI et Marie-Antoinette se sont attachés à elle. Elle est le lien entre la monarchie et le peuple duquel elle est issue. Elle subit les évènements qu’elle ne comprend pas toujours, endure les répercussions de la révolte et décrypte les faits par le prisme de son cœur.

J’ai été très émue par Claire et par ceux qui appuient son désir de réformer la condition animale. Certains de ses soutiens sont inattendus. La description des connaissances, ainsi que celle de la perception de la faune et de ses besoins, au XVIIIe siècle, m’ont passionnée. Tous ne pensaient pas comme l’héroïne. Il n’y a pas si longtemps que l’animal n’est plus considéré comme un meuble par le Code Civil. En raison de ma sensibilité à la cause animale, j’ai été touchée par le dévouement de la jeune soigneuse et par son envie d’apporter du bonheur et du réconfort à ceux sur qui elle veille (humains et animaux). Elle est emplie d’empathie. Quand elle aime, que ce soit en amitié ou en amour, elle est sincère. Elle est bienveillante, ouverte et courageuse.

J’ai été captivée par les faits historiques. Ils sont vécus par des personnes du peuple et par des proches de la royauté. J’ai constaté, avec surprise, que mon jugement sur Marie-Antoinette et sur Louis XVI était tronqué. Je leur ai découvert des qualités humaines et des sentiments que je ne soupçonnais pas. Alexandra de Broca a enrichi mes connaissances au sujet de cette époque, en la traitant sous un angle, qu’à travers les livres scolaires, je n’avais pas envisagé. La Révolution et la Terreur sont décrites par des voix discordantes, afin de visualiser les évènements dans leur ensemble.

J’ai eu un coup de cœur pour Un rhinocéros à Versailles. Le soin et l’écoute que Claire apporte aux animaux ont fait battre mon cœur et les faits réels ont enchanté mon esprit.

Je remercie sincèrement les Editions Robert Laffont et l’agence Gilles Paris pour ce service presse.

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